En Israël, crainte et douleur après l’attentat de Bnei Brak
En périphérie de Tel Aviv, le feuilleton funèbre de mardi soir rappelle les jours sombres de la seconde Intifada de 2001-2005, faisant craindre une nouvelle vague de violence

« Je devais aller à la synagogue, mais je vais aller à des funérailles », se lamente Shlomo Alperin, 23 ans, témoin toujours sous le choc de la plus violente attaque armée depuis des années dans la métropole israélienne de Tel-Aviv.
De son appartement du quartier de Bnei Brak, ce jeune orthodoxe a entendu mardi soir les rafales de coup de feu dans la rue. Puis il est sorti et a vu le corps inerte de son voisin dans la voiture où il a été abattu et deux hommes morts dans un café où ont l’habitude de se réunir des ouvriers du bâtiment ukrainiens. La police ainsi que l’ambassade d’Ukraine en Israël ont confirmé mercredi la mort de deux ressortissants ukrainiens.
« C’est douloureux, ce sont mes voisins et ils ont perdu la vie pour rien », souffle le jeune homme, choqué par l’attaque perpétrée par un jeune Palestinien de Yaabad, en Cisjordanie, qui a ouvert le feu sur la population en se déplaçant dans plusieurs rue de la ville ultra-orthodoxe, en périphérie de Tel Aviv.
Et dès mercredi matin, le corps d’une des victimes, Avishai Yehezkel, était porté dans un cercueil sur le toit d’une voiture à Bnei Brak, ville ultra-orthodoxe aux immeubles de crépis, pour son dernier repos.
Les ouvriers ukrainiens avaient « l’habitude de s’asseoir ici pendant des heures après leur journée de travail. Ils étaient vraiment de bonnes personnes », témoigne Lior Rahimi, 38 ans, qui dit avoir été à la place Idan, près du café, quelques minutes seulement avant l’attaque. « J’ai vu une personne tuée gisant sur le sol et dont le corps n’avait pas encore été recouvert », dit-il.
« Une vraie crainte »
L’attaque a fait cinq morts, quatre civils et un policier arabe israélien qui a participé à l’opération pour abattre le terroriste. Et dans les rues de Bnei Brak, Ramat Gan et du grand Tel-Aviv, le feuilleton funèbre de mardi soir rappelle les jours sombres de la seconde Intifada de 2001-2005, faisant craindre une nouvelle vague de violence.
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« Il y a une vraie crainte! », lance Neta Levi, mère de deux enfants, sous le choc de la plus violente attaque armée depuis des années dans la métropole de Tel-Aviv, désormais plus connue pour son bord de mer, ses start-ups, ses artistes et ses bars que les attentats.
« Ca fait peur d’être dans la rue, je vais réduire mes sorties à l’extérieur. Je vais éviter les lieux où il y a beaucoup de monde », ajoute-t-elle, affirmant ne rien avoir dit à ses deux garçons de sept et onze ans pour « qu’ils n’aient pas peur ».
« Je ne pense pas qu’il soit vraiment possible d’empêcher les attaques même si on augmente la sécurité dans les rues », confie l’artiste de 37 ans, rencontrée dans les rues de Ramat Gan où les cafés et les boulangeries étaient ouvertes comme à l’accoutumée, certains promenant leur chien aux premiers jours de printemps.
« Tout ça fait peur, ma femme ne veut pas amener les enfants à l’école (…). Elle est choquée, c’est la première fois que ça arrive ici ou alors c’était il y a vraiment longtemps », souligne Shlomi Roth, 27 ans, un habitant de Bnei Brak.
Et Yossi Raichman, un autre habitant de la ville d’ajouter : « Jusqu’à maintenant c’était loin de nous, et maintenant c’est près de nous, le sentiment est qu’on est pas protégé comme il faut ».
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