Englman : Pas d’enquête sur la dissimulation de la mort du Bédouin par la police
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Englman : Pas d’enquête sur la dissimulation de la mort du Bédouin par la police

Reconnaissant des "lacunes", le contrôleur de l'Etat Matanyahu Englman examinera les accusations de manquements de la police dans son rapport, mais n'ouvrira pas d'enquête séparée

Le contrôleur de l'Etat Matanyahu Englman lors d'une réunion de la commission des Finances à la Knesset, le 9 décembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)
Le contrôleur de l'Etat Matanyahu Englman lors d'une réunion de la commission des Finances à la Knesset, le 9 décembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Le contrôleur de l’Etat, Matanyahu Englman, a déclaré mardi qu’il n’ouvrirait pas d’enquête spécifique sur la conduite du bureau du procureur dans l’affaire d’un Bédouin abattu par la police en 2017, quelques jours après qu’un reportage télévisé a déclaré que le bureau avait dissimulé le fait qu’il n’était pas un terroriste dans une tentative de protéger l’image des forces de l’ordre.

Dans le même temps, Englman – écrivant dans une lettre au ministre de la Justice Avi Nissenkorn, au ministre de la Sécurité publique Amir Ohana, au procureur général Avichai Mandeblit et au chef de la police par intérim Motti Gilad – a déclaré qu’il se pencherait sur la question et sur d’autres allégations de dissimulation de la police dans son prochain rapport annuel.

« Après avoir examiné les choses en profondeur et étudié divers aspects de la question, notamment les défis auxquels est confronté le système d’application de la loi, j’ai décidé de ne pas mener d’enquête individuelle », a écrit M. Engelman.

Englman est entré en fonction l’année dernière avec pour objectif de réformer le bureau et de s’éloigner des enquêtes sur la corruption, y compris des poursuites contre les personnalités publiques.

« Je crois, et je suis sûr que vous serez d’accord avec moi, que dans tout système public, il est constamment nécessaire de vérifier, d’identifier les lacunes et de les corriger », a-t-il déclaré.

Yaqoub Abou al-Qia’an a été abattu par des policiers en janvier 2017, lorsque des agents sont arrivés pour superviser la démolition de maisons, dont la sienne, à Umm al-Hiran, un village bédouin non reconnu que l’État rasait pour permettre la création d’une nouvelle ville juive.

Alors que les forces de l’ordre convergeaient vers le village, Abou al-Qia’an, un enseignant de 47 ans et père de 12 enfants, a rassemblé quelques affaires dans son 4×4 et a quitté sa maison en disant qu’il ne pouvait pas supporter de la voir être rasée.

La voiture de Yaqoub Abou al-Qia’an, suite à un incident initialement qualifié d’attaque terroriste par la police, dans le village bédouin d’Umm al-Hiran dans le désert du Néguev, au sud d’Israël, le 18 janvier 2017. Des preuves ont ensuite été apportées qui ont montré que l’incident n’était pas un attentat. (Hadas Parush/Flash90)

Peu après, Abou al-Qia’an a été touché par la police. Il a perdu le contrôle de sa voiture, qui a accéléré en descente et a percuté un groupe de policiers, tuant l’un d’entre eux. Il a ensuite été blessé à nouveau par la police, qui a supposé qu’il avait percuté les policiers intentionnellement, et il est mort.

Netanyahu s’est publiquement excusé mardi soir pour l’affirmation du gouvernement israélien selon laquelle Abou al-Qia’an était un terroriste.

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