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Enquête fédérale sur l’antisémitisme présumé d’une université publique de New York

2 étudiantes juives de la SUNY New Paltz affirment avoir été exclues du groupe de soutien aux victimes d'agressions sexuelles en raison de leur identité

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Illustration : Des activistes pro-palestiniens et anti-Israël, à New York, le 30 mars 2022. (Crédit : Luke Tress/Flash90)
Illustration : Des activistes pro-palestiniens et anti-Israël, à New York, le 30 mars 2022. (Crédit : Luke Tress/Flash90)

NEW YORK – Les autorités fédérales américaines ont ouvert une enquête sur des allégations d’antisémitisme dans une université publique de l’État de New York, ont déclaré jeudi les avocats des plaignantes, alors que les batailles sur l’identité juive et la discrimination font rage dans les universités américaines.

Le bureau des droits civils du ministère américain de l’Éducation a déclaré avoir ouvert une enquête formelle sur des allégations concernant l’université d’État de New York à New Paltz, mieux connue sous le nom de SUNY New Paltz.

Les allégations portent sur le fait que deux étudiantes juives, dont l’une est israélienne, ont été expulsées d’un groupe de sensibilisation aux agressions sexuelles et ont fait l’objet de harcèlement et de menaces antisémites en raison de leur identité.

La plainte contre l’université, déposée en août, alléguait que l’administration de l’université était au courant de la discrimination, mais qu’elle avait laissé l’environnement antisémite s’envenimer.

Selon la plainte, la discrimination et la négligence présumée de l’établissement ont fait que les deux étudiantes – juives et israélienne – toute deux victimes d’agressions sexuelles, se sont senties en danger sur le campus et mises à l’écart.

La plainte déposée auprès du bureau des droits civils du ministère américain de l’Éducation affirme que l’université a violé le Titre VI de la Civil Rights Act de 1964.

La loi interdit les discriminations sur la base de la race, de la couleur ou des origines dans les programmes bénéficiant d’un financement fédéral. Les discriminations antisémites ont été reconnues comme une violation du Titre VI, en 2019, par le biais d’une ordonnance de l’ancien président américain Donald Trump, ouvrant un nouveau champ de bataille juridique à tous ceux qui déplorent une recrudescence de l’antisémitisme sur les campus.

Selon la plainte, le sionisme et le lien avec Israël font partie intégrante de la foi et de l’identité de nombreux étudiants juifs, de sorte que le harcèlement et la diabolisation du sionisme constituent une discrimination. Une grande partie du débat sur les campus porte sur les limites de la liberté d’expression et sur la question de savoir quand l’anti-sionisme se transforme en antisémitisme.

Des militants anti-Israël et pro-palestiniens à New York, le 15 mai 2021. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Le Bureau des droits civils du ministère de l’Éducation ne mène des enquêtes que sur les plaintes qu’il juge dignes d’un examen approfondi. Il a ouvert plusieurs enquêtes en réponse à des plaintes similaires.

« Nous condamnons sans équivoque toute attaque contre les étudiants juifs de la SUNY et nous ne tolérerons pas le harcèlement et l’intimidation antisémites sur le campus. Nous ne commentons pas les enquêtes en cours », a répondu la SUNY New Paltz.

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Deux groupes de défense, le Louis D. Brandeis Center for Human Rights Under Law et Jewish on Campus, ont déposé plainte au nom des étudiantes. Le bureau fédéral a informé le Brandeis Center de l’ouverture de l’enquête en début de semaine.

Le Brandeis Center a établi un lien entre l’enquête fédérale et la nouvelle initiative de l’administration Biden pour lutter contre l’antisémitisme.

« L’ouverture de cette enquête par le ministère de l’Éducation, la toute première depuis que le président Biden a annoncé sa stratégie nationale de lutte contre l’antisémitisme, envoie un signal clair et sans équivoque à la SUNY New Paltz ainsi qu’aux universités de tout le pays : ils prennent au sérieux la discrimination et le harcèlement anti-sionistes et attendent des universités qu’elles les prennent tout autant au sérieux », a déclaré Denise Katz-Prober, directrice des initiatives juridiques du Brandeis Center.

La SUNY New Paltz est un établissement d’enseignement supérieur public très réputé situé au nord de la ville de New York, qui compte environ 7 500 étudiants.

Le Brandeis Center a déposé plusieurs autres plaintes similaires contre des universités américaines, qui ont donné lieu à des enquêtes fédérales, notamment au Brooklyn College de New York, qui fait partie du système universitaire public de la City University of New York (CUNY) et qui a été mêlé à des allégations d’antisémitisme de la part d’étudiants et de professeurs, ainsi qu’à des allégations d’inaction de la part de son administration.

La SUNY New Paltz est également un établissement public new-yorkais, mais il fait partie du système de l’université d’État de New York (SUNY), qui dépend d’un autre organisme que le système CUNY de la ville de New York.

Des allégations d’antisémitisme ont été formulées à plusieurs reprises dans les universités CUNY, mais beaucoup moins dans les universités SUNY, le plus grand réseau d’universités publiques des États-Unis.

Des manifestants pro-Israël, à New York, le 30 mars 2022. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

La question de l’antisémitisme dans le système CUNY a été mise en lumière le mois dernier après qu’une diplômée de la faculté de droit de la ville a prononcé un discours de remise des diplômes qui diabolisait l’État juif.

Ce discours a suscité un tollé national, et les législateurs américains ont notamment appelé à priver les universités CUNY de tout financement public.

Les défenseurs de la cause juive ont également appelé à une réaction au niveau national.

Le rabbin Abraham Cooper, directeur du Centre Simon Wiesenthal, a déclaré jeudi que « l’administration doit agir », ainsi que le ministère de l’Éducation.

Il a déclaré que l’administration et le ministère de l’Éducation devraient soutenir pleinement la définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), qui couvre certaines formes de rhétorique anti-Israël. Cette définition est contestée par les groupes progressistes, qui estiment qu’elle étouffe les critiques légitimes à l’encontre de l’État juif.

« La première tâche de la CUNY est d’adopter [la définition de] l’IHRA », a déclaré Cooper.

Le plan de lutte contre l’antisémitisme de la Maison Blanche, publié le mois dernier, et le système universitaire CUNY ont tous deux hésité à adopter la définition de l’IHRA.

« Le problème plus général est, et il ne s’agit pas seulement du système CUNY, qu’il y a des efforts partout pour purger les étudiants juifs des postes à responsabilité », a déclaré Cooper, qui a été nommé cette semaine pour présider la commission de l’Administration sur la liberté religieuse internationale et qui a discuté de la controverse CUNY avec les législateurs de la ville.

« Pour pouvoir rendre des comptes, il faut pouvoir définir l’antisémitisme », a-t-il déclaré au Times of Israel. « C’est la première étape pour pouvoir comprendre le problème et demander des comptes aux gens. »

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