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Enquête sur le suicide d’une soldate qui avait rapporté avoir été violée

Selon Haaretz, plusieurs officiers ont été interrogés par la police militaire pour avoir ignoré le signalement du viol par la victime ainsi qu'une première tentative de suicide

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une soldate de l'armée israélienne place son béret sur son épaule dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 11 janvier 2022. (Crédit : Esther Rubyan/Flash90)
Une soldate de l'armée israélienne place son béret sur son épaule dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 11 janvier 2022. (Crédit : Esther Rubyan/Flash90)

La police militaire a confirmé, mardi, avoir ouvert une enquête sur le suicide d’une soldate, vingt-quatre heures après sa tentative manquée de se donner la mort et plusieurs jours après avoir signalé qu’elle avait été victime d’un viol, a fait savoir le quotidien Haaretz.

Dix jours avant la mort de la soldate, au mois d’avril 2022, cette dernière avait raconté à un officier de sa base qu’elle avait été victime d’un viol lors d’une fête organisée pour Pourim et elle avait confié être en proie à des souffrances psychiques, note l’article.

Malgré cette plainte, elle n’avait pas été emmenée pour être examinée à l’hôpital et aucun représentant de l’unité de conseil chargée des affaires relatives aux relations entre les deux sexes au sein de Tsahal – qui avait été avertie des faits – ne s’était déplacé pour la rencontrer.

De la même manière, la plainte pour viol n’avait été transmise initialement ni à la police militaire, ni à la police israélienne. L’armée a déclaré à Haaretz que la soldate avait décidé de ne pas porter plainte auprès de la police.

A la veille de son décès, la soldate avait été hospitalisée pour une tentative de suicide. La manière dont elle avait tenté de se donner la mort reste indéterminée.

Elle avait quitté l’hôpital seule, sans présence de militaires ou de membres de sa famille, selon Haaretz qui a ajouté que ses parents étaient à l’étranger à ce moment-là.

Elle avait été autorisée à retourner dans sa base. Là-bas, elle est entrée dans le bureau de son commandant, elle a pris son arme et elle s’est tirée une balle dans la poitrine après avoir laissé une lettre d’adieu, lit-on dans l’article.

Son corps sans vie a été retrouvé sur les lieux.

Un examen initial de la dépouille n’a pas permis de déceler des signes de viol mais les responsables n’excluent pas d’autres types d’agression sexuelle qui auraient pu avoir lieu dix jours avant sa mort.

L’armée israélienne a confirmé à Haaretz que la soldate avait fait part de ce viol plusieurs jours avant son geste fatal, et elle a confirmé que les officiels militaires ne l’auraient pas rencontrée quand elle était hospitalisée – se contentant d’un bref entretien téléphonique avec un psychologue de Tsahal.

Plusieurs officiers ont été interrogés, soupçonnés de négligence pour avoir largement ignoré l’information du viol et pour ne pas avoir transmis les informations relatives à l’état psychique de la victime aux responsables militaires concernés.

Dans un communiqué, l’armée a expliqué enquêter sur la mort d’une soldate sans donner davantage de détail, citant « la confidentialité de l’individu et le caractère sensible des informations… et au vu également des investigations en cours sur les circonstances de cette mort ».

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