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Environnement : L’indice d’impact des firmes à haut-risque en Israël publié

Les raffineries de Haïfa sont encore une fois en tête de cette liste dressée par le ministère de la Protection environnementale , cinq firmes appartiennent à Israel Corporation

Vue des raffineries de pétrole dans la baie de Haïfa, le 5 mai 2017. (Yaniv Nadav/Flash90)
Vue des raffineries de pétrole dans la baie de Haïfa, le 5 mai 2017. (Yaniv Nadav/Flash90)

Le ministère de la Protection environnementale a publié mercredi son neuvième rapport faisant la liste des entreprises ayant le pire impact en termes d’environnement ou échouant à respecter les régulations dans ce domaine. A la première place se trouve encore Oil Refineries, Ltd., à Haïfa – firme également connue sous le nom de Bazan Group. La compagnie exploite la plus importante raffinerie pétrolière de l’État juif dans la baie de Haïfa.

L’Indice d’Impact environnemental a examiné plus de 120 usines, dont 49 sont cotées en Bourse ou sont des entreprises d’État dotées de filiales industrielles, et 700 stations-services sur la base de leur respect des régulations environnementales, de leurs performances et des risques qu’elles présentent. Leur impact sur l’environnement a aussi été pris en compte.

Ce rapport comprend la dite « Liste rouge » du ministère – les dix entreprises qui engrangent le plus grand nombre de mauvais points en raison de leur comportement pendant les inspections menées en 2019. Les données sont recueillies, chaque année, par le ministère, « en raison de son rôle de régulateur environnemental chargé de superviser l’industrie ».

Dans son nouveau rapport, le ministère a indiqué avoir intégré les données de 20 usines qui n’étaient pas comprises dans les Indices précédents.

Les points sont attribués sur la base de trois facteurs : l’impact sur l’environnement d’une entreprise, l’absence de conformité aux lois et autres régulations environnementales, la prise en charge de la question environnementale et la remontée d’information sur ce sujet.

Selon le rapport, Oil Refineries, Ltd. remporte 586 points en 2019, ce qui représente une augmentation de 18 % par rapport à 2018, et se classe ainsi en tête de la « liste rouge ». A la deuxième place, avec 516 mauvais points, se trouve ICL Rotem (qui s’appelait dans le passé Rotem Amfert Negev), qui extrait du phosphate dans le Negev et qui est une filiale de l’ICL Group (Israel Chemicals). Ensuite arrive Shafdan, une usine de purification des eaux usées exploitée le groupe Igudan-Dan Region Wastewater Treatment Plant à Rishon Lezion, nouvel-arrivant dans ce classement avec 461 points. A la quatrième place, Paz Ashdod Oil Refinery, avec 368 points, qui enregistre une baisse de 28 % par rapport à 2018. Viennent ensuite Carmel Olefins (347 points), Sewage Treatment Plant Shokat à Mey Sheva (338 points), Dead Sea Works (308 points), Shemen Industries, Ltd. (296 points), Gadiv Petrochemical Industries (294 points), et Dead Sea Magnesium (242 points).

Le ministère fait remarquer dans l’Indice qu’au cours de toute l’année 2019, il a noté un certain nombre de violations commises par Oil Refineries, Ltd., « en particulier des anomalies dans les émissions aériennes de polluants variés, ainsi que des violations survenues dans le traitement des eaux usées et dans la gestion des substances dangereuses ».

Le mur écroulé dans un bassin d’évaporation de la firme ICL Rotem (ex-Rotem Amfert Negev Ltd), le 27 janvier 2020. (Autorisation : Rael Horwitz, HaMaarag)

De plus, le gouvernement est actuellement engagé dans un recours collectif massif contre ICL Rotem concernant l’une des pires catastrophes environnementales survenues au sein de l’État juif, il y a trois ans. Lors d’une fuite massive, entre 100 000 et 250 000 mètres-cubes d’eaux usées industrielles hautement toxiques s’étaient déversées dans la rivière Ashalim. Cette dernière ne s’est pas encore pleinement régénérée.

Un certain nombre de firmes du Top 10, avec à leur tête Oil Refineries Ltd, appartiennent au conglomérat Israel Corporation, la plus importante compagnie holding cotée sur le marché de Tel Aviv. L’un de ses actionnaires majoritaires est Idan Ofer, l’un des deux fils de feu le magnat du transport maritime et philanthrope Sammy Ofer. Idan a pris en charge les activités pétrolières, minières et chimiques de la famille. Sa fortune est estimée à 6,5 milliards de dollars.

Israel Corporation a des participations à la fois dans ICL (Israel Chemicals) et dans Oil Refineries Ltd/Bazan Group, qui compte parmi ses filiales Gadiv Petrochemical Industries et Carmel Olefins. Dead Sea Works est une firme qui appartient à ICL.

Cette semaine, la Treizième chaîne a fait savoir que l’État avait accepté d’effacer une ardoise de 654 millions de shekels de dette de l’ICL d’Ofer, concernant les opérations de la firme Dead Sea Works. Selon le quotidien économique Calcalist, la dette totale due à l’Autorité de l’eau par Dead Sea Works s’élevait à 83 millions de shekels au début de l’année – mais la plus grande partie de cet endettement va être annulée.

Un portrait de feu Sammy Ofer avec son fils, Idan Ofer. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

La ministre de la Protection environnementale, Tamar Zandberg, a déclaré mercredi que l’indice environnemental « révèle au public en général et aux investisseurs des compagnies industrielles les risques environnementaux inhérents à ces sociétés ».

« L’Indice fait le lien entre les risques environnementaux et les entités qui en sont responsables et il permet aux investisseurs – qu’ils proviennent des fonds de retraite, des banques, qu’ils soient des investisseurs particuliers – de réclamer davantage d’investissements dans une gestion environnementale appropriée de la part des dirigeants de ces entreprises », a-t-elle ajouté.

Galit Cohen, directrice-général de l’agence de Protection environnementale, a dit que ces dernières années, « nous avons vu des régulateurs financiers demander que les firmes publiques et les instances institutionnelles réduisent les risques environnementaux et qu’elles fassent preuve de transparence à l’égard des citoyens. Cet Indice permet le contrôle simple de ces risques ».

Oil Refineries Ltd/Bazan Group a fait savoir en réponse que l’Indice n’était « pas fiable » et qu’il présentait « des informations trompeuses aux investisseurs ».

Tamar Zandberg, nouvellement nommée ministre de la Protection de l’environnement, lors d’une cérémonie de passation de pouvoirs au ministère de la Protection de l’environnement à Jérusalem, le 15 juin 2021.(Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le groupe estime que « les investissements dans la protection environnementale sont d’importance stratégique » et qu’il « programme actuellement des projets à long-terme qui auront un impact environnemental significativement positif ».

La compagnie a déclaré qu’en 2018 et 2019, elle avait « réduit ses émissions de gaz à effet de serre de dizaines de point de pourcentage, avec notamment une réduction de 75 % de ses émissions de benzène en seulement un an ». Elle a ajouté avoir fait baisser ses émissions de polluants majeurs – des diminutions qui vont de 65 % à 95 % – entre 2009 et 2019.

Fin août, le ministère de la Protection environnementale avait indiqué que les 570 plus grandes usines, dans le pays, avaient coûté à l’État 12,9 milliards de shekels en dégâts commis à la santé publique et à l’environnement, l’année dernière – des informations contenues dans son rapport annuel sur les émission de gaz à effet de serre et polluantes.

Ces chiffres comprenaient 7,7 milliards de shekels en émission responsables du réchauffement climatique – une diminution de 3 % en 2019. Le rapport avait justifié cette utilisation revue à la baisse et le déclin de la demande en électricité par la pandémie de COVID-19 qui a eu des effets sur la production.

Ce rapport était le deuxième à évaluer les coûts extérieurs ou indirects induits par ces émissions selon les critères déterminés par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Ces coûts incluent, par exemple, le traitement et la prise en charge hospitalière des personnes atteintes par des maladies liées à la pollution ou le coût du nettoyage d’une rivière polluée par des déchets industriels.

Les conclusions de ce rapport se basent sur les données transmises par les grandes entreprises elles-mêmes dans les secteurs de l’énergie, des produits chimiques, de l’agro-alimentaire, des déchets, du traitement des eaux usées et de l’élevage intensif.

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