Erdan : les habitants d’Amona ne s’opposeront pas violemment à sa démolition
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Erdan : les habitants d’Amona ne s’opposeront pas violemment à sa démolition

Pour le ministre de la Sécurité intérieure, qui espère toujours que l’évacuation pourra être évitée, les habitants “ne lèveront pas la main contre un policier”

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan assiste à une réunion du comité à la Knesset, le 14 novembre 2017. (Flash90)
Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan assiste à une réunion du comité à la Knesset, le 14 novembre 2017. (Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a déclaré lundi qu’il ne pensait pas que l’évacuation de l’avant-poste d’Amona, ordonnée par la Cour suprême et qui doit avoir lieu avant la fin de l’année, serait l’occasion de violences de la part de ses habitants.

Le ministre a souligné qu’il espérait toujours que le projet de loi dit de régulation, qui cherche à légaliser rétroactivement les avant-postes illégaux de Cisjordanie, empêcherait la démolition.

Pendant une session d’une heure de réponse aux élus en plénière de la Knesset, Erdan, important ministre du Likud, s’est éloigné à plusieurs reprises de la ligne de la coalition, indiquant qu’il s’opposerait aux tentatives de fermer le nouveau radiodiffuseur public, et qu’un projet de loi soutenu par le Premier ministre Benjamin Netanyahu était inutile pour diminuer le volume des appels à la prière des mosquées.

Pendant la session, devant une plénière plutôt vide, Erdan a été interrogé par le député de l’Union sioniste Eitan Broshi, qui a demandé comment la police israélienne, supervisée par Erdan, se préparait à l’évacuation d’Amona.

Vue d'une rue et des caravanes dans l'avant-poste juif d'Amona en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Vue d’une rue et des caravanes dans l’avant-poste juif d’Amona en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La Haute cour de justice a estimé en 2014 que l’avant-poste, fondé en 1996 et où vivent une quarantaine de familles, avait été construit sur des terrains palestiniens privés, et devait être démantelé avant le 25 décembre 2016.

Ces derniers mois, la coalition de droite a frénétiquement cherché un moyen juridique d’empêcher la démolition, notamment en proposant plusieurs versions du projet de loi dit de régulation, qui a été approuvé la semaine dernière en lecture préliminaire, mais que le procureur général, Avichai Mandelblit, a jugé inconstitutionnel.

Le gouvernement a évalué d’autres options, comme la réplication de l’avant-poste sur des terrains adjacents dont l’identité des propriétaires est inconnue.

Certains députés, dont le ministre de la Défense Avigdor Liberman, ont déclaré que le projet de loi de régulation n’empêcherait pas la démolition. Erdan a cependant déclaré lundi qu’il espérait « toujours que le projet de loi de régulation soit voté, s’applique à Amona et empêche l’évacuation. »

Erdan a ensuite reconnu que la législation seule pourrait ne pas empêcher le démantèlement, mais a déclaré que dans un tel cas, il n’avait « aucun doute » sur le fait que la police fera son travail et que le gouvernement se conformera à l’ordre de la cour.

Le ministre a déclaré qu’il connaissait les habitants d’Amona, et que « la majorité d’entre eux, voire la totalité, respectent la loi et ne lèveront pas la main contre un policier. »

Des policiers israéliens affrontent des habitants juifs sur une barricade en feu dans l'avant-poste non autorisé d'Amona, en Cisjordanie, le 1er janvier 2006. (Crédit : Pierre Terdjman/Flash90)
Des policiers israéliens affrontent des habitants juifs sur une barricade en feu dans l’avant-poste non autorisé d’Amona, en Cisjordanie, le 1er janvier 2006. (Crédit : Pierre Terdjman/Flash90)

« Je ne pense pas que nous devrions nous attendre à des images similaires à ce qu’il s’est passé à Amona il y a dix ans », a-t-il déclaré, faisant référence aux violents affrontements qui ont opposé habitants des implantations et policiers à Amona en 2006, et qui avaient blessé plus de 200 personnes.

Erdan, ancien ministre des Communications, a souligné qu’il voterait contre toute proposition de démantèlement du nouveau radiodiffuseur public.

« Il est important d’avoir un radiodiffuseur public en Israël », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’avait « jamais caché [s]a position » sur le sujet.

Le ministre, qui a été le fer de lance de la législation gouvernementale qui a démantelé l’Autorité de radiodiffusion israélienne (IBA) pour la remplacer par un nouveau radiodiffuseur, a déclaré qu’il attendait les recommandations d’une commission chargée de décider si le gouvernement devait à présent revenir sur ces efforts, en fermant le nouveau radiodiffuseur et en « réhabilitant » l’IBA.

Si la coalition décide de fermer le nouveau radiodiffuseur, « je voterais contre », a-t-il déclaré.

Le ministre n’a cependant pas critiqué les membres de son parti, et le Premier ministre, qui détient à présent le portefeuille des Communications, qui souhaitent fermer le nouveau radiodiffuseur.

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