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Espoir en Israël après que des souris paralysées ont remarché

Un laboratoire a restauré la mobilité de 12 souris sur 15. L'essai sur les humains est attendu dans moins de 3 ans

Photo d'illustration : La moelle épinière en 3D. (Crédit :  iStock via Getty Images)
Photo d'illustration : La moelle épinière en 3D. (Crédit : iStock via Getty Images)

Des scientifiques israéliens ont fait marcher à nouveau des souris paralysées, en leur greffant des implants de moelle épinière humaine, et estiment que dans les trois années à venir ils pourrait en être de même, avec des essais cliniques qui seront cette fois réalisés sur des humains.

L’expérience qui est une première mondiale, a eu lieu à l’Université de Tel Aviv, où une équipe, composée de nombreux scientifiques, a conçu du tissu de moelle épinière à partir de cellules humaines, et l’a ensuite implanté chez 15 souris paralysées depuis longtemps.

Douze des souris ont ensuite marché normalement, ont révélé lundi les chercheurs dans un article examiné par des scientifiques et publié dans la revue Advanced Science.

« Si cela fonctionne chez l’homme, et nous pensons que cela fonctionnera, cela peut offrir à toutes les personnes paralysées l’espoir qu’elles puissent marcher à nouveau », a déclaré au Times of Israel l’équipe de recherche du professeur Tal Dvir au Sagol Center for Regenerative Biotechnology.

Le professeur Tal Dvir (Autorisation : Université de Tel Aviv)

Il a précisé que la Food and Drug Administration (FDA) américaine a été contactée au sujet de la réalisation d’essais cliniques sur des personnes humaines.

Il a déclaré que bien que toutes ses souris aient reçu des implants de moelle épinière provenant de cellules de trois personnes, si l’innovation est déployée chez l’homme, l’objectif est de développer une moelle épinière propre à chaque patient, en utilisant des cellules de son propre corps.

Dvir prédit que cela « permettra la régénération des tissus endommagés sans risque de rejet » et éliminera la nécessité de supprimer le système immunitaire des receveurs, comme c’est le cas lors de nombreuses greffes.

« Il y a des millions de personnes dans le monde qui sont paralysées en raison d’une lésion de la moelle épinière, et il n’existe toujours pas de traitement », a déclaré Dvir. « Les personnes blessées à un très jeune âge sont destinées à rester assises dans un fauteuil roulant pour le reste de leur vie, avec tous les coûts sociaux, financiers et sanitaires qui en résultent. Nous espérons résoudre ce problème et les aider à marcher. »

Photo d’illustration : Une jeune femme dans un lit d’hôpital après un grave accident. (Crédit : iStock via Getty Images)

À ce jour, certaines équipes scientifiques ont mené des expériences afin de produire des cellules souches d’origine humaine, et les ont injectées dans la moelle épinière d’animaux. Mais Dvir a déclaré que son laboratoire est le premier à réussir la culture d’éléments de moelle épinière conçus à partir de cellules humaines, et à réussir leur transplantation.

Un autre facteur unique dans sa recherche est son traitement d’animaux paralysés depuis longtemps, car les études sur les cellules souches ont tendance à se limiter à des animaux paralysés depuis peu de temps.

« La plupart des humains ayant besoin d’un traitement sont des paralysés de longue date, c’est donc un facteur important », a déclaré Dvir. « Dans notre expérience, nous avons utilisé à la fois des souris paralysées depuis peu de temps, et des souris paralysées depuis longtemps. Nous avons eu du succès avec les deux groupes, et nous nous attendons à ce que le résultat soit identique avec des personnes humaines, quelle que soit l’ancienneté de leur paralysie.

Il a ajouté que si le taux de réussite avec sa moelle épinière était de 80 % pour les souris atteintes de paralysie chronique, il était de 100 % pour celles atteintes de paralysie récente.

Illustration par les chercheurs de l’université de Tel Aviv de la manière dont pourraient se faire les implants de moëlle épinière chez les êtres humains. (Crédit : iStock via Getty Images)

Dvir a déclaré que le processus commence par une petite biopsie du ventre. « Nous séparons les cellules graisseuses d’autres matériaux tels que le collagène et les sucres, et reprogrammons les cellules par des méthodes de génie génétique, afin qu’elles puissent » devenir « n’importe quelle cellule du corps », a-t-il expliqué.

« Nous mettons les cellules dans une substance que nous fabriquons à partir du matériel non cellulaire en provenance du tissu adipeux recueilli lors de la biopsie, nous y mettons les cellules pendant 30 jours et nous imitons la façon dont une moelle épinière se développe chez un embryon. Cela produit du tissu formé de micro-neurones de la moelle épinière, que nous transplantons ensuite chez des animaux paralysés depuis longtemps. »

Dvir a déclaré qu’une société, Matricelf, a été créée pour parvenir aux essais cliniques, et il s’attend à ce qu’ils soient pratiqués d’ici deux ans et demi. Il a souligné que bien que l’expérience ait jusqu’à présent impliqué des souris, les implants ont été cultivés à partir de cellules humaines, ce qui signifie que la recherche est déjà à un stade bien avancé.

« Nous avons utilisé des implants humains sur les souris, pas des implants de souris, ce qui signifie que nous ne retournons pas au début de la recherche pour passer aux humains. Au contraire, nous savons comment préparer les implants pour les humains, ce qui nous rend optimistes, nous passerons rapidement aux essais cliniques », a-t-il déclaré.

Son équipe, qui comprend Lior Wertheim, le Dr Reuven Edri et la Dr Yona Goldshmit, estime que la nouvelle méthode est pertinente au-delà des lésions de la moelle épinière, et explore maintenant son utilisation pour une gamme d’autres maladies et blessures, telles que la maladie de Parkinson, les traumatismes cérébraux, l’infarctus du myocarde et la dégénérescence maculaire liée à l’âge.

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