Rechercher
Analyse

Face à l’Iran, Israël renforce ses liens avec le Caucase et l’Asie centrale

L'Azerbaïdjan, riche en sources d'énergie, et irrité par les menaces de l'Iran, ouvre une ambassade à Tel-Aviv ; Israël tente de tisser des liens avec d'autres pays de la région

Lazar Berman

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Un homme assis sur la rive de la mer Caspienne à Bakou, en Azerbaïdjan, le lundi 7 juin 2021. (Crédit : Darko Vojinovic/AP)
Un homme assis sur la rive de la mer Caspienne à Bakou, en Azerbaïdjan, le lundi 7 juin 2021. (Crédit : Darko Vojinovic/AP)

Le Parlement azerbaïdjanais a approuvé en novembre le projet d’ouverture d’une ambassade en Israël, une étape importante dans les relations bilatérales florissantes.

Quelques semaines plus tard, Bakou a nommé son vice-ministre de l’Éducation comme premier ambassadeur du pays en Israël. « Le ciel est la limite » en ce qui concerne les liens entre les deux pays, s’est réjoui le vice-ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Fariz Rzayev, à son atterrissage à l’aéroport international Ben Gurion fin décembre.

La semaine dernière, le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Jeyhun Bayramov, a accueilli une délégation diplomatique dirigée par la directrice politique du ministère des Affaires étrangères et ancienne envoyée d’Israël en France, Aliza Bin Noun, composée des ambassadeurs d’Israël dans la région.

Ce rapprochement diplomatique est l’un des nombreux fruits d’une nouvelle initiative de Jérusalem visant à renforcer et à développer ses relations avec les pays d’Asie centrale et du Caucase, selon des responsables israéliens. Prises en sandwich entre l’Iran, la Turquie, la Russie, la Chine et le sous-continent indien, ces régions riches en énergie sont situées à des carrefours géographiques clés reliant l’Europe et le Moyen-Orient à l’Extrême-Orient.

« Nous avons identifié une opportunité l’année dernière », a déclaré Yuval Fuchs, chef de la division Eurasie et Balkans occidentaux au ministère des Affaires étrangères. « Il y a une convergence d’intérêts. »

Ces intérêts tournent autour de l’Iran, des ventes d’armes, du terrorisme et de l’énergie.

Bien qu’Israël ne soit pas un des principaux protagonistes en Asie centrale ou dans le Caucase, Jérusalem estime que le pays peut apporter à ses alliés des avantages uniques bien adaptés à leurs nouveaux intérêts.

De la vente d’armes à l’ambassade

Le signe le plus évident de cet effort est peut-être le développement des relations avec l’Azerbaïdjan, un pays laïc à majorité musulmane chiite qui a des frontières avec la Russie, la Géorgie, l’Arménie et – point crucial pour Israël – l’Iran.

Dans une conversation avec le Times of Israel dimanche, le parlementaire Ramin Mammadov a insinué que Bakou s’était abstenu d’ouvrir une ambassade par le passé en raison des menaces proférées par l’Iran, au moment où les tensions liées à sa guerre avec l’Arménie étaient élevées.

Dans cette image tirée d’une vidéo publiée par le ministère arménien de la Défense le mercredi 30 septembre 2020, des soldats arméniens gardent leur position dans la République autoproclamée du Haut-Karabakh, en Azerbaïdjan. (Crédit : ministère de la Défense arménien/AP)

« Nous avons été contraints, pendant cette période, de prendre en compte les risques émanant des puissances régionales et d’autres pays », a déclaré Mammadov, membre du groupe d’amitié interparlementaire de l’Azerbaïdjan avec Israël. « Nous espérons aujourd’hui que les menaces les plus sérieuses visant la souveraineté de l’Azerbaïdjan appartiennent au passé. »

L’Azerbaïdjan est sorti vainqueur d’une guerre de six semaines avec l’Arménie en 2020, qui a coûté la vie à plus de 6 000 soldats et a permis à Bakou de reprendre le contrôle de territoires contestés.

Les tensions avec l’Iran sont montées en flèche à la suite de la guerre, avec l’Iran effectuant d’importants exercices militaires à la frontière de l’Azerbaïdjan et intensifiant sa rhétorique contre Bakou.

L’Iran, où vivent des millions d’Azéris de souche, accuse depuis longtemps son petit voisin du nord d’alimenter les sentiments séparatistes sur son territoire.

Quelques jours avant le vote sur l’ambassade, l’Azerbaïdjan a déclaré avoir arrêté cinq de ses ressortissants pour espionnage au profit de l’Iran, une semaine après un échange de déclarations hostiles entre Bakou et Téhéran.

Cette photo non datée publiée par le site officiel de l’armée iranienne le vendredi 1er octobre 2021 montre des troupes des forces terrestres assistant à une manœuvre près de la frontière iranienne avec l’Azerbaïdjan. (Crédit : Armée iranienne/AP)

Mammadov a déclaré que Bakou ne tenait déjà plus compte de la position de l’Iran lorsque le pays a pris la décision de renforcer ses liens avec Israël.

« Cela nous montre qu’il n’y a pas d’obstacles pour nos deux pays, et que les autres pays… ne sauraient constituer une barrière pour nos pays », a-t-il déclaré.

Les liens de plus en plus tendus entre l’Azerbaïdjan et l’Iran sont une opportunité pour Israël, notamment en matière de sécurité.

Une missive envoyée récemment par le groupe d’amitié interparlementaire de l’Azerbaïdjan à la Knesset soulignait le soutien d’Israël à Bakou lors de la deuxième guerre du Haut-Karabakh en 2020, tout en saluant « l’affinité et la confiance profondes entre les peuples ».

« Le peuple azerbaïdjanais apprécie grandement et n’oubliera jamais le soutien durable et constant d’Israël à la position juste de l’Azerbaïdjan pendant la guerre patriotique de 44 jours », ont écrit les législateurs.

L’ambassadeur d’Israël en Azerbaïdjan, George Deek, déposant des fleurs près de bâtiments détruits dans la ville de Ganja après qu’elle a été frappée par des missiles arméniens, en octobre 2020. (Crédit : Ambassade d’Israël à Bakou)

L’ambassadeur d’Israël en Azerbaïdjan, George Deek, a visité le site d’une attaque de missiles meurtrière pendant le conflit. Il a déclaré au Times of Israel que ce geste était « un tournant » dans la relation. Une photo de lui déposant des roses rouges sur le site est devenue une image iconique utilisée dans les vidéos accompagnant les chansons sur la guerre, a déclaré Deek.

A LIRE : Rencontre avec George Deek, un envoyé d’Israël en Azerbaïdjan pas comme les autres

« Israël a prouvé qu’il se tenait aux côtés de l’Azerbaïdjan à un moment où ce dernier en avait besoin », a-t-il déclaré. « Pour eux, c’était la preuve d’une véritable amitié. C’était un moment marquant de ma carrière diplomatique. »

Mais le soutien le plus tangible d’Israël est venu des armes qu’il a fournies.

Israël est l’un des principaux fournisseurs d’armes de l’Azerbaïdjan. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), Israël aurait fourni 69 % des armes les plus importantes importées par Bakou entre 2016 et 2020. Ce qui représente 17 % des exportations d’armes de Jérusalem pour cette période.

De par sa position à la frontière de l’Iran, l’Azerbaïdjan est un allié particulièrement intéressant pour Israël. Selon des informations glanées dans la presse internationale, Bakou aurait vraisemblablement donné l’autorisation à Israël d’utiliser des bases sur son sol pour effectuer des vols de reconnaissance au-dessus de l’Iran et envoyer des agents de renseignement dans le pays afin de contrer son programme nucléaire. Et si Israël décidait d’effectuer des frappes aériennes sur les réacteurs et les usines iraniens, l’accès aux bases azéries rendrait cette tâche beaucoup plus réalisable.

En octobre, le ministre de la Défense de l’époque, Benny Gantz, a effectué une visite officielle en Azerbaïdjan, durant laquelle il a rencontré son homologue azéri, Zakir Hasanov, et le président du pays, Ilham Aliyev.

Les drapeaux d’Israël et de l’Azerbaïdjan, juste avant la rencontre du Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président azéri Ilham Aliyev, au palais présidentiel Zagulba de Bakou, le 13 décembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

En 2016, Aliyev a déclaré que son pays avait acheté pour 4,85 milliards de dollars de matériel de défense à l’État juif, mais Israël n’a jamais confirmé ce chiffre.

Dans la lettre, les parlementaires azerbaïdjanais ont également fustigé la « jalousie » de l’Iran à l’égard des performances de l’Azerbaïdjan dans la guerre, pointant du doigt la rhétorique hostile accrue de Téhéran, et les manœuvres militaires iraniennes à sa frontière.

« L’Azerbaïdjan n’a jamais eu peur des menaces qui pèsent sur lui, et est en mesure d’y répondre de manière appropriée », ont-ils assuré à leurs homologues israéliens.

Mammadov a déclaré que l’ambassade devrait être inaugurée « d’ici quelques jours ».

« La relation Israël-Azerbaïdjan peut servir de modèle en matière de relations régionales, voire mondiales », a-t-il déclaré. « Cette relation démontre que les conflits d’aujourd’hui ne sont pas entre groupes religieux ou ethniques, mais entre modérés et radicaux. »

Avec les géants

De l’autre côté de la mer Caspienne, en Asie centrale, Israël entrevoit également d’autres possibilités d’ouverture, mais progresser dans cette région n’est pas une évidence pour Jérusalem. Les cinq pays d’Asie centrale – le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan – ont des liens historiques et culturels avec la Russie, la Chine et la Turquie, et redoublent d’efforts pour renforcer ces liens.

Toutefois, la guerre en cours en Ukraine et les menaces sécuritaires locales ont créé des ouvertures pour Israël dans une région qui se trouve aussi à la frontière de l’Iran.

Cela fait des siècles que la Russie est le protagoniste principal en Asie centrale, depuis la conquête par l’Empire russe de ce qu’il appelait le Turkestan aux XVIIIe et XIXe siècles. En 1918, la région a été divisée en cinq républiques soviétiques qui faisaient partie de l’URSS jusqu’à son effondrement en 1991. Moscou a néanmoins continué à exercer une influence significative et à être fortement impliqué dans la région. Les élites russophones restent des partenaires naturels du Kremlin en Asie centrale.

De gauche à droite : Le président kirghize Sadyr Japarov, le président russe Vladimir Poutine, le président kazakh Kassym-Jomart Tokayev, le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev, le président tadjik Emomali Rakhmon et le président turkmène Serdar Berdymukhamedov assistent à une cérémonie conjointe de photographie avant le sommet Russie-Asie centrale à Astana, au Kazakhstan, le 14 octobre 2022. (Crédit : Bureau de presse du président du Kazakhstan/AP)

Trois de ces pays font partie de l’Organisation du traité de la sécurité collective, une alliance militaire dirigée par la Russie qui s’apparente à l’OTAN.

Il y aurait toutefois des signes indiquant que l’emprise de Moscou a diminué depuis l’année dernière. Aucun de ces cinq pays ne soutient l’invasion de l’Ukraine par la Russie ni ne reconnaît les républiques séparatistes soutenues par la Russie dans ce pays, et tous participent aux sanctions contre Moscou.

« Le soft power russe en Asie centrale se dissipe sous nos yeux », a écrit Temmur Umarov, membre de Carnegie, dans un essai publié le mois dernier.

La Turquie est un autre poids lourd de la région. Elle partage des liens linguistiques et culturels avec tous les pays, à l’exception du Tadjikistan, et utilise l’Organisation des États turcs, composée de cinq membres, comme organe officiel de coordination dans la région. Alors que la réputation des armes russes décline à mesure que ses forces subissent des revers en Ukraine, la Turquie – en particulier ses drones – comble le vide.

Sur cette photo fournie par la présidence turque, le président turc Recep Tayyip Erdogan, au centre gauche, s’entretient avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev, le président russe Vladimir Poutine, le président biélorusse Alexandre Lukashenko et le président iranien Ebrahim Raissi, lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Samarkand, en Ouzbékistan, le jeudi 15 septembre 2022. (Crédit : Présidence turque/AP)

La Turquie représente aussi une route intéressante vers l’Europe. L’Asie centrale est une source d’énergie importante pour la Turquie, qui s’efforce également de se positionner comme plaque tournante de distribution de gaz naturel entre l’Asie et l’Europe.

La Chine se profile à la frontière orientale de la région. Depuis 2010, Pékin est le premier partenaire commercial de l’Asie centrale, et les liaisons ferroviaires et routières de l’énorme projet d’infrastructure « Une ceinture, une route » traversent les cinq pays. Pour protéger ces investissements – et pour profiter de la faiblesse de la Russie et du retrait américain d’Afghanistan – la Chine s’implique de plus en plus dans le domaine de la sécurité et de l’armement.

La Chine est également le plus gros acheteur de gaz naturel d’Asie centrale.

Le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général Mohammad Hossein Bagheri, à droite, visite le site d’une chaîne de production d’un nouveau drone militaire baptisé Ababil-2 au Tadjikistan. (Crédit : Capture d’écran/Twitter)

L’Iran est lui aussi un acteur majeur en Asie centrale, notamment comme partenaire commercial. C’est l’un des États – avec le Turkménistan, le Kazakhstan, la Russie et l’Azerbaïdjan – qui bordent la mer Caspienne, un point de transit et une source de combustibles fossiles essentiels.

N’ayant pas de débouché sur la mer, les pays d’Asie centrale utilisent Bandar Abbas, en Iran, comme port principal.

Téhéran a également des liens religieux et ethniques avec la région, notamment avec les Tadjiks qui parlent farsi.

Malgré les liens mutuellement bénéfiques qu’ils entretiennent depuis longtemps, les cinq pays semblent se méfier des desseins de la République islamique dans la région, ce qui pourrait favoriser une ouverture diplomatique avec Israël.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, au centre, et le président russe Vladimir Poutine, à gauche, se saluent en présence du président iranien Ebrahim Raissi à droite, lors de leur rencontre à Téhéran, en Iran, le 19 juillet 2022. (Crédit : Bureau du Guide suprême iranien via AP)

« Il y a une sorte d’intensification de l’activité iranienne dans la région », a déclaré un responsable israélien au Times of Israel. « Les Iraniens sont eux aussi à la recherche d’opportunités dans la région. Je dirais que les pays sont conscients des préoccupations d’Israël. »

Le fonctionnaire a déclaré que les États d’Asie centrale ont leurs propres inquiétudes en ce qui concerne la République islamique. « Ils ne sont pas aveugles ou naïfs », a déclaré le fonctionnaire.

En 2016, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a visité le Kazakhstan, neuvième plus grand pays du monde et puissance économique incontestée de l’Asie centrale, devenant ainsi le premier Premier ministre israélien à visiter ce pays riche en minéraux.

Le Premier ministre Netanyahu et le président du Kazakhstan Nursultan Nazarbayev à Astana, le 14 décembre 2016 (Crédit : Haim Zach/GPO)

Israël a trois ambassades dans la région, au Kazakhstan, en Ouzbékistan et au Turkménistan, mais seuls le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ont des ambassades en Israël.

Malgré les démonstrations musclées des poids lourds de la région, Israël essaie de développer des liens plus profonds basés sur des menaces communes.

« Nous avons bien entendu tout intérêt à renforcer la coopération et la visibilité – la coopération pratique – avec les pays limitrophes de l’Iran », a déclaré le responsable israélien.

L’une des menaces auxquelles sont confrontés tant Israël que les cinq pays est la propagation de l’islam radical. En effet, depuis les années 2000, des groupes terroristes nationaux commettent des attentats et forment des milliers de combattants étrangers pour aller combattre en Syrie et en Irak, l’État islamique figurent parmi ces groupes.

Le retrait de l’OTAN d’Afghanistan en 2021 et le retour des talibans au pouvoir à Kaboul ont renforcé les craintes de voir des combattants djihadistes passer dans les pays d’Asie centrale et se lier à des groupes locaux.

En décembre, le ministère des Affaires étrangères a accueilli 24 responsables gouvernementaux des cinq pays pour un voyage d’étude axé sur la sécurité des frontières et la cyber-espace.

Des responsables des cinq pays d’Asie centrale en visite en Israël, décembre 2022. (Crédit : Ministère des Affaires étrangères)

Le voyage a été organisé par le bureau régional de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, basé en Ouzbékistan.

Le groupe a visité l’aéroport Ben Gurion pour y discuter de ses pratiques en matière de contrôle des frontières. Il a également examiné les systèmes de contrôle des frontières d’Israel Aerospace Industries et visité le centre de surveillance des douanes du port d’Ashdod.

Les représentants ont ensuite visité le National Cyber Directorate et ont été briefés sur le centre de contrôle de la police à Jérusalem.

Les liens en matière de sécurité sont facilités dans une certaine mesure par la longue histoire des Juifs dans la région et par le fait que dizaines de milliers de Juifs qui fuyaient la Shoah y ont trouvé refuge.

« Le défi est d’approfondir ces relations afin qu’elles ne soient pas uniquement basées sur le passé », a déclaré M. Fuchs.

Les délégations, telles que celle qui s’est rendue sur place le mois dernier, jouent un rôle important dans cet effort.

« L’idée est qu’ils rentrent chez eux, qu’ils digèrent tout ce qu’ils ont vu, qu’ils fassent un rapport à leurs patrons et qu’ils nous disent ce qui les intéresse », a expliqué Fuchs, « et nous poursuivrons à partir de là ».

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.