Facebook brise la manipulation iranienne d’Internet contre Israël et d’autres
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Facebook brise la manipulation iranienne d’Internet contre Israël et d’autres

Les titulaires de comptes se présentaient comme des locaux, se faisant souvent passer pour de vrais groupes politiques et organisations médiatiques

Ce post, d'un site appelé amadnews_official, montre une bulle disant, "Ni Gaza, ni le Liban, mon [âme] est pour l'Iran," et une légende un peu obscure qui dit, "Amed News, pleure du sang, nous ne vous oublierons jamais, Téhéran, Machad, Shahin Nadjafi, recommencez, mercredi sans restriction, le mercredi blanc, Écho humain, Glorification". (Facebook)
Ce post, d'un site appelé amadnews_official, montre une bulle disant, "Ni Gaza, ni le Liban, mon [âme] est pour l'Iran," et une légende un peu obscure qui dit, "Amed News, pleure du sang, nous ne vous oublierons jamais, Téhéran, Machad, Shahin Nadjafi, recommencez, mercredi sans restriction, le mercredi blanc, Écho humain, Glorification". (Facebook)

L’Iran a pilonné Israël et d’autres pays avec du faux contenu en ligne, a révélé mercredi Facebook, dans un communiqué disant qu’il a effacé 513 pages, groupes et comptes remontant à la République islamique.

Ces contenus faisaient partie des 2 632 pages, groupes et comptes illégitimes supprimés par le réseau social qui étaient liés à Téhéran ainsi qu’à la Russie, la Macédoine et le Kosovo.

Aucun lien n’a été trouvé entre ces ensembles de réseaux nationaux.

Le communiqué faisait suite à une annonce similaire faite par la société à la fin du mois de janvier, selon laquelle elle avait supprimé 783 pages, groupes et comptes « pour s’être livrés à des activités coordonnées mensongères en lien avec l’Iran » qui étaient en cours dans plus de 20 pays, dont Israël.

« Nous travaillons constamment pour détecter et arrêter ce type d’activité parce que nous ne voulons pas que nos services soient utilisés pour manipuler les gens », a déclaré Facebook dans un communiqué en ligne.

« Nous supprimons ces pages et ces comptes en nous basant sur leur comportement, pas sur le contenu qu’ils ont posté. Dans chaque cas, les personnes à l’origine de cette activité se sont coordonnées et ont utilisé de faux comptes pour se présenter sous un faux jour, et c’est ce qui a motivé notre action ».

Jusqu’au mois dernier, de multiples réseaux liés à Téhéran opéraient en Israël ainsi qu’en Égypte, en Inde, en Indonésie, en Italie, au Cachemire et au Kazakhstan, ou plus largement au Moyen Orient et en Afrique du Nord.

« Les administrateurs de pages et les propriétaires de comptes se sont présentés comme des locaux et des entités médiatiques inventées, utilisant souvent de faux comptes, et ils se sont fait passer pour de vrais groupes politiques et organisations médiatiques », a expliqué Facebook.

Un post lié à l’Iran du faux site « We are Humanity » porte la légende « Palestine’s flag was fluttered at annual British Trade Union conference » [Le drapeau de la Palestine a été brandit à la conférence annuelle des syndicats britanniques]. (Facebook)

Ils ont dépensé environ 15 000 dollars pour des publicités sur Facebook – qui ont été diffusées de décembre 2013 au mois dernier – et ont payé en dollars américains, en rupiah indonésienne, en roupies indiennes, en roupie du Pakistan, en francs suisses et en dollars canadiens.

Selon Facebook, ils ont publié des articles sur des événements d’actualité et ont fréquemment réorienté et amplifié le contenu des médias d’État iraniens sur des sujets tels que les sanctions contre l’Iran, le conflit israélo-arabe, les conflits en Syrie et au Yémen, le terrorisme et les questions religieuses islamiques.

« Bien que les personnes à l’origine de cette activité aient cherché à dissimuler leur identité, notre examen a établi un lien entre ces comptes et l’Iran », précise Facebook.

Quelque 1,4 million de comptes ont suivi une ou plusieurs de ces pages, avec environ 108 000 comptes qui ont rejoint au moins un de ces groupes et environ 38 000 qui ont suivi un ou plusieurs de ces comptes sur Instagram.

Facebook a déclaré qu’il avait identifié certaines de ces activités dans le cadre d’une enquête de suivi sur le comportement lié à l’Iran trouvé et supprimé plus tôt cette année.

Il a ajouté qu’il avait partagé des informations avec les forces de l’ordre américaines.

Facebook a également supprimé 212 pages, groupes et comptes Facebook pour s’être livrés à un comportement inauthentique coordonné provenant de Macédoine et du Kosovo.

Un petit nombre de ces pages prétendaient représenter les communautés politiques du Royaume-Uni, de l’Australie et des États-Unis, et portaient sur des questions religieuses et politiques comme le nationalisme, l’islam et les personnalités politiques.

Un faux post affirmait que les parlementaires du Parti conservateur britannique réclamaient la démission de tous les députés de leur parti qui étaient en faveur du maintien au sein de l’Union européenne.

Un post de fausse nouvelle lié à l’Iran concernant la crise actuelle au Royaume-Uni à propos du Brexit. (Facebook)

« Bien que nous fassions des progrès dans l’éradication de ces pratiques abusives, comme nous l’avons déjà dit, c’est un défi permanent parce que les personnes responsables sont déterminées et bien financées », a déclaré Facebook.

« Nous devons constamment nous améliorer pour rester en avance. Cela signifie mettre au point une meilleure technologie, embaucher plus de personnel et collaborer plus étroitement avec les forces de l’ordre, les experts en sécurité et d’autres entreprises. Leur collaboration a été essentielle à ces enquêtes. »

En janvier, Vocativ – une entreprise de technologie fondée par l’entrepreneur israélien Matti Kochavi – a révélé que des centaines de robots informatiques iraniens travaillaient à accroître les divisions sociales et politiques entre Israéliens et à radicaliser le discours politique en ligne avant les élections du 9 avril dans le pays.

Les robots sont des morceaux de code informatique qui ressemblent aux comptes de personnes réelles et qui apparaissent soudainement en grand nombre pour soutenir ou délégitimer des cibles, ou pour répandre la désinformation dans une tentative visant à semer la discorde générale ou la méfiance envers les gouvernements, les organismes de presse ou autres institutions.

En septembre, la société israélienne de cybersécurité ClearSky a annoncé qu’elle avait découvert trois faux sites d’informations en hébreu et en arabe dirigés par l’Iran ciblant des Israéliens, ainsi qu’une vingtaine de faux comptes de réseaux sociaux.

L’un des sites était le « Tel Aviv Times », en hébreu, qui publiait des « informations déformées ». Les deux autres étaient des organes d’information de langue arabe qui faisaient la promotion de la République islamique.

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