Facebook: transparence des publicités politiques à moins d’un mois des élections
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Facebook: transparence des publicités politiques à moins d’un mois des élections

Pour limiter les fake news et l'intervention étrangère, les publicités politiques seront accessibles au public indiquant qui a payé et combien, et d'où viennent les commanditaires

Sean Evins, de Facebook, explique le fonctionnement des publicités politiques transparentes dans les bureaux de Facebook Israel, à Tel Aviv, le 26 février 2019. (Crédit : Facebook)
Sean Evins, de Facebook, explique le fonctionnement des publicités politiques transparentes dans les bureaux de Facebook Israel, à Tel Aviv, le 26 février 2019. (Crédit : Facebook)

Afin d’endiguer les fausses nouvelles et l’intervention étrangère lors des prochaines élections israéliennes, Facebook a annoncé qu’il lancera son outil de transparence de la publicité politique vendredi.

L’outil obligera les commanditaires d’annonces à s’identifier publiquement et vise à s’assurer que tous ces annonceurs sont israéliens.

Il vise à éviter une répétition du scénario de 2016, lorsque le géant de la technologie a été accusé de ne pas avoir réussi à mettre fin à l’ingérence de la Russie dans les élections présidentielles américaines.

La nouvelle – un peu moins de trois semaines et demie avant qu’Israël ne se rende aux urnes le 9 avril – a été communiquée aux directeurs de campagne des partis mercredi, puis annoncée par la société le lendemain.

Il leur a été dit qu’ils devraient se soumettre à une vérification d’identité avant de publier toute annonce concernant des personnalités politiques, des partis politiques et des élections (y compris les campagnes à la sortie du scrutin).

Avec ce processus qui devrait prendre de 48 à 72 heures, les premières publicités politiques sur Facebook conformes à la nouvelle réglementation n’apparaîtront pas avant dimanche.

L’outil de transparence publicitaire, déjà en place aux États-Unis, au Brésil, en Inde et au Royaume-Uni, permettra aux utilisateurs de Facebook de savoir qui a payé pour une publicité sponsorisée.

Les annonces politiques seront archivées pendant sept ans dans une bibliothèque d’annonces accessible au public contenant des données sur l’activité de l’annonce, le moment où elle a été diffusée, les sommes dépensées et d’où elle a été commandée.

Les publicités politiques en Israël portent en effet le nom de leurs sponsors depuis plusieurs jours, grâce à l’intervention, il y a deux semaines, du président de la commission centrale électorale, dont les appels pour que Facebook fasse avancer la mise en œuvre de son outil de transparence n’avaient pas été entendus.

Le juge de la Cour suprême Hanan Melcer. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le président de la Cour suprême, le juge Hanan Melcer, a interdit la publicité électorale anonyme sur toutes les plateformes en ligne à partir du 1er mars, tant en Israël qu’à l’étranger, avertissant qu’elle pourrait être utilisée pour saboter les prochaines élections.

Sa décision est intervenue après que le Likud a bloqué les efforts visant à élargir les lois actuelles sur la publicité électorale aux contenus en ligne et a déclaré qu’il refuserait de signer un accord entre tous les partis s’engageant à revendiquer clairement la paternité de leur matériel électoral sur Internet.

Melcer a déclaré qu’il avait été contraint d’agir, mettant en garde contre « la propagande manipulatrice et les tentatives d’implanter une fausse conscience dans l’esprit des électeurs et de nuire à la démocratie ». Il a ajouté que les publicités électorales non signées rendaient difficile la lutte contre l’ingérence étrangère comme on l’a vu lors des récentes élections dans d’autres pays.

Lors d’une conférence de presse à Tel Aviv le mois dernier, les responsables de Facebook ont déclaré que l’outil de transparence des publicités politiques serait également lancé en Ukraine, qui doit se rendre aux urnes le 31 mars, et avant les élections au Parlement européen, prévues du 23 au 26 mai. D’ici la fin du mois de juin, les règles seraient appliquées à l’échelle mondiale, selon l’entreprise.

Sean Evins de Facebook. (Capture d’écran YouTube)

Sean Evins, qui dirige l’action politique et gouvernementale de Facebook pour l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique, a déclaré à la conférence que « toute publicité parlant d’un candidat, d’un parti politique ou de l’élection en elle-même en utilisant un slogan ou un logo » constitue une publicité politique.

Il a ajouté que toute publicité visible non identifiée insérée par de « mauvais éléments » serait captée par les systèmes automatisés de Facebook.

Les règles d’identification ne s’appliqueront pas aux publicités traitant de questions nationales autres que celles liées aux élections, a-t-il confirmé. Et si une célébrité, par exemple, devait afficher un article (plutôt que de payer pour une annonce) encourageant le public à voter pour un candidat en particulier, les règles de transparence de la publicité commanditée ne s’appliqueraient pas.

Evins a déclaré que l’entreprise avait recours à l’intelligence artificielle et employait 30 000 personnes pour identifier et démasquer les faux profils.

Reconnaissant que l’entreprise avait été prise au dépourvu en 2016, M. Evins a déclaré que des mesures importantes avaient été prises depuis lors pour maintenir l’intégrité des élections dans le monde entier – pour sévir contre les faux comptes, réduire la diffusion de fausses nouvelles, rendre les annonces plus transparentes, contrer les mauvais intervenants et informer les organes gouvernementaux et le public.

Plus tôt ce mois-ci, Facebook a annoncé qu’il s’associait à une organisation israélienne de vérification des faits pour aider à réduire la désinformation et à améliorer la qualité des informations qui figurent sur sa plateforme.

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