Lapid et Yaalon quittent Kakhol lavan – Gantz, président de la Knesset
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Lapid et Yaalon quittent Kakhol lavan – Gantz, président de la Knesset

L'alliance fondée par Gantz, réunissant Gabi Ashkenazi, Hossen Leyisrael de Gantz, Telem de Moshe Yaalon et Yesh Atid de Yair Lapid s'est dissoute

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche) à la Knesset, à côté de Yuli Edelstein, le 23 mars 2020 (Crédit :  Shmulik Grossman/Knesset)
Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche) à la Knesset, à côté de Yuli Edelstein, le 23 mars 2020 (Crédit : Shmulik Grossman/Knesset)

Dans un retournement inattendu, l’ancien chef de l’armée a été élu jeudi président de la Knesset avec 74 voix contre 18, obtenant notamment les voix des députés du Likud de M. Netanyahu, mais perdant des appuis dans son propre camp, des ténors de son parti Kkhol lavan ayant refusé de cautionner ce rapprochement avec le Premier ministre.

Gantz a été chargé le 16 mars de former un nouveau gouvernement après les élections du début du mois.

Semblant balayer les longs mois d’animosité entre leurs partis respectifs, le chef du parti Yamina, le rabbin Rafi Peretz, également ministre de l’Education, avait tweeté une photo de lui et de Gantz, de l’époque où ils servaient ensemble dans l’armée.

« Bonne chance, mon ami », avait-il tweeté.

L’alliance fondée par Gantz, réunissant Gabi Ashkenazi, Hossen Leyisrael de Gantz, Telem de Moshe Yaalon et Yesh Atid de Yair Lapid s’est dissoute.

Les factions Yesh Atid de Yair Lapid et Telem de Moshe Yaalon ont formellement demandé à se séparer du parti Hossen LeYisrael de Benny Gantz, rompant officiellement l’alliance Kakhol lavan qui avait présenté au Premier ministre Benjamin Netanyahu le seul défi sérieux à son leadership depuis des années.

Selon le dossier de Yesh Atid et Telem déposé à la Knesset, les deux factions cherchent à rester ensemble et à conserver le nom de Kakhol lavan. Les factions ont fait valoir qu’elles avaient le droit de le faire, car ensemble elles ont plus de députés que le parti Hossen LeYisrael de Benny Gantz.

Des médias israéliens ont indiqué que Gantz ne sera que brièvement le président de la Knesset. Une fois qu’un gouvernement d’unité sera formé, il serait nommé ministre des Affaires étrangères, tandis que le poste de président reviendra au Likud. Puis, en septembre 2021, selon l’accord d’unité qui serait imminent, Gantz prendrait la relève de Netanyahu comme Premier ministre.

Dans un discours passionné à la Knesset, la députée Tamar Zandberg du parti Meretz a dénoncé la potentielle alliance de Gantz avec Netanyahu.

« Vous finirez comme une carpette sous les pieds d’un présumé escroc, incitateur et raciste », a-t-elle averti. « Nous sommes ici en état de choc, essayant d’intérioriser la profondeur de la tromperie… le désastre que vous infligez à des millions d’électeurs [qui ont soutenu] le bloc démocratique de gauche… qui ont cherché une alternative [à Netanyahu].

Elle s’est mise à pleurer : « Qu’avez-vous fait, Benny Gantz ? Comment pouvez-vous faire cela aux millions d’électeurs qui vous ont soutenu ?

Le Meretz, a-t-elle souligné, « n’y participera pas ».

Tamar Zandberg, lors d’une séance plénière à la Knesset, le 17 septembre 2018. (Crédit : Flash90)

Le chef du parti Meretz, Nitzan Horowitz, a déclaré que Gantz « est devenu un collaborateur de l’accusé [Premier ministre] ». Il a déclaré que Gantz « s’est construit sur une seule promesse : un leadership alternatif. Entrer dans le gouvernement de Netanyahu, c’est cracher au visage et trahir les électeurs de Kakhol lavan et de tout le bloc de centre-gauche ».

Le parti Likud a affirmé que toute information faisant état d’un gouvernement d’unité naissant avec le parti Hossen leYisrael de Gantz ne sont que des rumeurs pour le moment.

« Je félicite Benny Gantz pour le geste courageux d’entrer dans un gouvernement d’unité dirigé par Netanyahu. C’était la bonne chose à faire pour Israël en cette période d’urgence, » a tout de mêmedéclaré l’actuel ministre intérimaire de la Défense, Naftali Bennett.

Kakhol lavan voulait initialement soumettre la candidature de son député Meir Cohen, de la faction Yesh Atid de Lapid, avec le soutien de 61 des 120 députés. Kakhol lavan aurait ainsi pris le contrôle de l’agenda parlementaire.

Mais la candidature surprise de Gantz fait voler ce plan en éclats, laissant l’option d’un gouvernement d’unité avec Netanyahu ouverte.

Cohen avait retiré sa candidature, mais les membres de la faction Yesh Atid n’ont pas voté pour Gantz, a déclaré un responsable de Yesh Atid au Times of Israel.

Après la conversation téléphonique de mercredi soir entre Netanyahu et Gantz, les deux ont déclaré dans un communiqué commun qu’ils avaient convenu que les négociateurs de leurs deux partis reprendraient les pourparlers de coalition jeudi.

« Dans le contexte de l’escalade de la crise du coronavirus et de l’appel du président [Reuven Rivlin] à l’unité, les deux partis ont demandé à leurs équipes de retourner à la table des négociations demain afin d’examiner la formation éventuelle d’un gouvernement d’urgence national », ont déclaré les deux partis.

Le parti centriste s’était publiquement engagé – à maintes reprises – à ne pas rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu, bien qu’il ait déclaré qu’il pourrait servir aux côtés d’un autre président du Likud si Netanyahu, qui fait l’objet de poursuites pénales, se retirait. Mais les dirigeants du Likud se sont mobilisés derrière Netanyahu en dépit des graves accusations portées contre lui.

A LIRE : Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Kakhol lavan avait également exprimé son opposition à l’idée de rejoindre un « gouvernement d’urgence » avec le Likud juste pour lutter contre la pandémie, estimant qu’il serait mis sur la touche dans une telle coalition et préférant laisser Netanyahu gérer seul la crise, pour le meilleur ou pour le pire.

Mais les deux camps ont aussi, semble-t-il, signalé la possibilité de s’unir.

Mercredi, la Treizième chaîne d’information a annoncé que le Likud avait accepté de renoncer à son emprise sur le ministère de la Justice, permettant à Kakhol lavan de nommer le député Chili Tropper en cas d’accord d’unité.

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