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Floride : Projet de loi pour interdire les tracts haineux et freiner les néonazis

Serait prohibée dans le "Sunshine State", où prolifèrent les suprémacistes blancs, la distribution d'écrits haineux, contre les personnes ostensiblement religieuses

Tracts antisémites distribués dans le sud de la Floride, le 24 janvier 2022. (Via Twitter; utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)
Tracts antisémites distribués dans le sud de la Floride, le 24 janvier 2022. (Via Twitter; utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)

JTA – Face au récent regain du néo-nazisme, un député juif de Floride souhaite faire interdire les manifestations d’ « animosité religieuse ou ethnique » sur des propriétés privées de son État.

Le projet de loi, connu sous la référence H.B. 269, vise une variété d’activités que les organisations néo-nazies de Floride utilisent, allant de la distribution de tracts haineux à la diffusion de messages intimidants dans les lieux publics.

Selon un rapport de 2022 de l’Anti-Defamation League (ADL) intitulé « Hate in the Sunshine State », l’activité de ces organisations a sensiblement augmenté en Floride depuis quelques années.

Ce rapport a été publié avant que le fondateur de la Ligue de défense Goyim, qui distribue des messages antisémites dans les lieux publics et dans les foyers américains, ne s’installe en Floride.

« De véritables nazis ont, en toute impunité, élu domicile en Floride », a récemment déclaré au journal Algemeiner le co-auteur du projet de loi, le Représentant Randy Fine.

« Ce qu’ils font est proprement répugnant, en plus d’être répréhensible, et nous allons faire en sorte que cela devienne des crimes. »

Unique député Républicain juif de Floride, Fine n’a pas souhaité répondre aux questions de la Jewish Telegraphic Agency.

Ces deux dernières années, des organisations antisémites ont manifesté devant Walt Disney World et une maison Habad à Orlando, affiché des messages haineux envers les Juifs dans un stade de Jacksonville, lors d’un match de football universitaire très suivi et se sont rendues dans des universités de Floride pour provoquer des étudiants au moyen de slogans tels que « Ye Is Right » – référence au rappeur, plus connu sous le nom de Kanye West, qui s’est illustré en tenant de nombreux propos antisémites l’an dernier.

Nombre de ces activités sont le fait de membres de la Ligue de défense Goyim, dont le fondateur a déclaré, en transférant ses activités de Californie en Floride, qu’il espérait que la Floride verrait d’un meilleur oeil son projet pour le monde.

Avec une loi telle que celle qui est en projet, les activités de la Ligue de défense Goyim tomberaient sous le coup d’une loi criminelle.

Ce projet, qui bénéficie d’un soutien bipartite, a été présenté cette semaine au Comité judiciaire de la législature, ce qui constitue une étape déterminante dans l’adoption de la loi.

Il aurait pour effet d’interdire aux Floridiens « de distribuer sur une propriété privée tout matériel témoignant d’une animosité religieuse ou ethnique, dans le but d’intimider ou de menacer [le] propriétaire ou résident ».

Il interdirait également de harceler ou d’intimider les personnes « porteuses de signes distinctifs attestant d’une origine religieuse ou ethnique », tels que les kippas et autres vêtements religieux juifs.

D’autres parties du projet de loi décrivent les activités que les groupes néonazis de Floride ont menées, ces derniers mois, comme le placardage de messages d’intimidation ethnique dans les stades ou autres bâtiments ou l’entrée sur des campus universitaires afin d’intimider leurs cibles.

Le projet de loi ferait de ces activités des crimes au troisième degré, passibles de peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Certaines organisations dans la ligne de mire de ce projet de loi se sont d’ores et déjà mobilisées contre lui.

Une pétition en ligne datant du mois dernier, opposée à l’adoption du projet H.B. 269, a recueilli plus de 2 500 signatures et les commentaires qui l’accompagnent regorgent de propos antisémites.

Un commentateur dénonce par exemple « les atteintes des Juif contre la liberté d’expression » ; un autre, sous le pseudo de Charles Lindbergh, pilote américain et sympathisant nazi, écrit : « Aucun groupe, même celui dont les couvre-chefs sont tout petits, n’a le droit de nous dire ce que nous pouvons ou ne pouvons pas dire », allusion, semble-t-il, aux kippas.

Fine lui-même a, par le passé, appelé l’attention en raison de propos qui, pour certains, tendaient vers l’incitation à la haine.

En 2021, la section de Floride du Conseil des relations américano-islamiques a demandé l’ouverture d’une enquête éthique sur Fine après des propos sur les réseaux sociaux qualifiant les militants du Hamas d’« animaux » et se réjouissant du bombardement de la bande de Gaza par Israël avec le hashtag « #BombsAway ».

Avoir des opinions nazies n’est pas illégal, a indiqué Fine par communiqué de presse, le mois dernier, ajoutant que son projet de loi s’appuyait sur les codes pénaux en vigueur.

« Il est illégal de pénétrer sans autorisation sur une propriété privée. Il est illégal de jeter des déchets. Il est illégal d’agresser des gens », a-t-il ajouté.

« C’est notre responsabilité de dire que, lorsque votre stupide nazisme passera des paroles aux actes, nous vous tiendrons responsable des conséquences. »

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