France : Garches veut débaptiser des rues aux noms de personnalités antisémites
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France : Garches veut débaptiser des rues aux noms de personnalités antisémites

Le marquis de Morès et Charles Devos ont notamment participé au journal antisémite "La Libre parole" d'Edouard Drumont

La rue du marquis de Morès, à Garches. (Crédit : capture d’écran Google Maps)
La rue du marquis de Morès, à Garches. (Crédit : capture d’écran Google Maps)

La municipalité de Garches (Hauts-de-Seine) a annoncé lancer à la rentrée une consultation afin de faire débaptiser les noms des rue et allée du Marquis-de-Morès et de la place Charles-Devos, deux antisémites de la fin du XIXe siècle, a rapporté Le Parisien ce lundi.

Le marquis de Morès, aventurier et militant politique français décédé en 1896, a fondé la « Ligue antisémitique de France » avec Édouard Drumont, journaliste français et figure historique de l’antisémitisme en France.

Morès avait écrit dans le journal de ce dernier, La Libre parole, ouvertement antisémite, dont l’administrateur entre 1895 et 1916 a été Charles Devos, qui a également été maire de Garches de 1925 à 1931, visé lui aussi par ces propositions de changements de noms.

Devos, décédé en 1931, a également été directeur de la « Librairie antisémite », à Paris, et trésorier du « Comité national antijuifs ».

La maire actuelle de Garches, Jeanne Bécart (LR), a estimé que la ville ne pouvait « faire la promotion d’antisémites, de personnes qui ont déshonoré la France, dans une ville qui porte les valeurs de la République ».

Yves Menel, ancien premier adjoint et actuel conseiller municipal d’opposition, a lui expliqué que les changements de noms avaient été évoqués et envisagés depuis longtemps, mais que, par soucis administratif, certains propriétaires n’y étaient jusqu’alors pas favorables.

Ces derniers auraient changé d’avis depuis la diffusion d’un documentaire en début d’année, dans lequel était rappelé le passé du marquis de Morès. La maire affirme ainsi avoir reçu suite à la diffusion une vingtaine de courriers d’administrés regrettant la présence de ces rue et allé dans la ville.

Si la maire ne sait pas encore quelle forme prendra la consultation qu’elle lancera dans quelques mois, le débat actuel à l’échelle nationale autour de figures historiques controversées est venu raviver l’affaire.

Aucun nouveau nom n’a encore été proposé, mais une conseillère PS a proposé l’utilisation de noms de femmes.

Interrogés par Le Parisien, plusieurs habitants se sont déclarés favorables à ces changements de noms.

Dans son allocution de dimanche dernier, le président Emmanuel Macron a indiqué qu’aucune statue de personnages historiques controversés ne seraient enlevée dans le pays, comme le souhaitent certains militants anti-racistes français.

« Nous devons plutôt lucidement regarder ensemble toute notre Histoire, toutes nos mémoires, notre rapport à l’Afrique en particulier, pour bâtir un présent et un avenir possible, d’une rive l’autre de la Méditerranée avec une volonté de vérité et en aucun cas de revisiter ou de nier ce que nous sommes », a-t-il conclu, alors qu’il s’exprimait suite aux grandes manifestations anti-racistes organisées en France – dans celle de Paris, l’on a pu entendre « sales juifs » – en 2020.

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