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Gallant révoque les permis d’entrée en Israël de 3 responsables de l’AP

Mahmoud al-Aloul, Azzam al-Ahmad et Rawhi Fattouh, membres du Fatah, sont allés saluer Karim Younis, condamné pour terrorisme, qui vient de sortir de prison

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les responsables du Fatah Azzam al-Ahmad,à gauche,  Mahmoud Aloul, 2e à droite, à côté de Karim Younis, au centre, dans le village d'Ara, dans le nord d'Israël, le 7 juillet 2023. (Crédit : Réseaux sociaux, used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)
Les responsables du Fatah Azzam al-Ahmad,à gauche, Mahmoud Aloul, 2e à droite, à côté de Karim Younis, au centre, dans le village d'Ara, dans le nord d'Israël, le 7 juillet 2023. (Crédit : Réseaux sociaux, used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a indiqué, samedi, qu’il avait pris la décision de révoquer les permis d’entrée en Israël de trois responsables de l’Autorité palestinienne. Les trois hommes, a-t-il expliqué, ont rendu visite à un prisonnier qui vient tout juste d’être libéré après des décennies de prison. Il avait été reconnu coupable de l’enlèvement et de l’assassinat d’un soldat.

Karim Younis, le prisonnier resté le plus longtemps derrière les barreaux pour un crime sécuritaire, a retrouvé la liberté jeudi après avoir passé 40 ans derrière les barreaux. Il avait été reconnu coupable de terrorisme après avoir assassiné un soldat en 1980.

Depuis sa libération, des célébrations ont été organisées à Ara, sa ville natale, dans le nord d’Israël. Younis est membre de la minorité arabe du pays , dont une grande partie affirme être palestinienne.

Samedi, les trois membres de l’Autorité palestinienne (AP) au pouvoir en Cisjordanie, qui appartiennent au Fatah – Mahmoud al-Aloul, Azzam al-Ahmad et Rawhi Fattouh — sont allés voir Younis, entrant dans le pays grâce aux permis d’entrée qui sont octroyés aux officiels palestiniens de premier plan. Mohammad Barakeh, ex-député de Hadash qui dirige la Haute-commission nationale de suivi arabe, a aussi été remarqué au domicile du terroriste libéré.

Le ministère de la Défense a fait savoir que Gallant avait ordonné au général Ghassan Alian, chef du Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) – l’instance du ministère de la Défense responsable des affaires civiles palestiniennes – de révoquer leurs autorisations suite à cette visite.

La décision a été prise par Gallant après une évaluation de la situation faite avec l’agence de sécurité du Shin Bet et d’autres responsables, a précisé le ministère.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant, au centre, aux côtés du chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, à droite, et le directeur-général du ministère de la Défense, à gauche, au quartier général de l’armée à Tel Aviv, le 1er janvier 2023. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui tient également un rôle de ministre au sein du ministère de la Défense, a salué la décision prise par Gallant, la qualifiant de « bonne et nécessaire » dans un post publié sur Twitter.

Le rôle occupé par Smotrich au sein du ministère de la Défense lui permet de nommer les généraux à la tête du COGAT, un département à la fois civil et militaire, et de l’Administration civile, le bureau du ministère chargé d’un grand nombre des questions liées aux implantations. Toutefois, ses décisions prises dans ce cadre sont soumises à l’approbation de Netanyahu.

Smotrich n’a pas encore pris de décision relative à ce second poste ministériel et le conseiller juridique de la Knesset a indiqué, le mois dernier, que Gallant conserverait encore le dernier mot.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich arrive à la résidence du président à Jérusalem, le 29 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Maher et Karim Younis, deux cousins originaires de la ville arabe de Ara dans le nord d’Israël, avaient tué le caporal Avraham Bromberg en 1980. Les auteurs du meurtre avaient offert au soldat de le ramener en voiture alors qu’il rentrait chez lui depuis sa base militaire sur le plateau du Golan avant de le maîtriser, de lui tirer une balle dans la tête et de lui voler son arme. Ils l’avaient laissé sur le bord d’une route où il avait été retrouvé. Amené à l’hôpital, il était mort quelques jours plus tard. Les assassins avaient été arrêtés deux ans plus tard et ils avaient été condamnés en 1983.

Maher devrait être libéré dans deux semaines. Les deux frères avaient écopé d’une peine de prison à vie, mais leurs peines avaient été commuées en 2012 par le président de l’époque, Shimon Peres.

La Treizième chaîne a rapporté que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait ordonné que Younis soit libéré avant l’aube, afin d’empêcher toute réjouissance à l’extérieur de l’établissement.

La chaîne Kan avait signalé que Ben Gvir avait également donné l’ordre à la police d’empêcher toute célébration publique à Ara. Ben Gvir, qui dirige le parti d’extrême droite Otzma Yehudit, avait justifié cet ordre par un avis juridique assimilant ces célébrations à une expression de soutien au terrorisme.

Mais des vidéos postées sur les réseaux sociaux ont montré Younis accueilli chaleureusement par ses amis et sa famille à Ara et donnant apparemment des interviews aux médias arabophones.

Ara se trouve à quelques kilomètres de Zichron Yaakov, où se trouvait le domicile de Bromberg. La famille de ce dernier vivrait toujours dans la région.

L’Arabe israélien Karim Younis porté par des amis et par des proches suite à sa libération après 40 années passées en prison pour avoir kidnappé et assassiné un soldat israélien à Ara, une ville du nord d’Israël, le 5 janvier 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Younis est le prisonnier palestinien – originaire d’Israël ou des territoires palestiniens – resté le plus longtemps derrière les barreaux, selon le groupe Club des prisonniers palestiniens.

Jeudi, Younis, qui est âgé dorénavant de 64 ans, a déclaré que « chaque histoire de prisonnier est l’histoire de tout un peuple et je suis fier de faire partie de ceux qui se sont sacrifiés pour la Palestine ».

« Quarante années se sont passées comme si elles ne représentaient rien parce que nous considérons qu’il s’agit de l’un des principaux piliers de notre combat », a commenté Younis, qui a traversé son village avec à la main un drapeau palestinien.

Les législateurs des partis HaTzionout HaDatit et Likud travaillent sur un projet de loi visant à retirer la citoyenneté des terroristes condamnés. Ce projet doit être examiné par la commission des Lois. Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a demandé à la procureure générale Gali Baharav-Miara de permettre au projet de loi de passer à la Knesset.

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à la rédaction de cet article.

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