GB : le Hamas remercie Jeremy Corbyn pour son soutien à la journée de la Nakba
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GB : le Hamas remercie Jeremy Corbyn pour son soutien à la journée de la Nakba

Les groupes terroristes ont salué une déclaration de solidarité dans laquelle le leader travailliste accuse Israël de violences en ignorant les attaques émanant de Gaza

Le dirigeant du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, durant un discours lors de la conférence du parti travailliste à Liverpool, en Angleterre, le 23 septembre 2018, jour de l’ouverture officielle de la conférence annuelle du parti travailliste. (AFP PHOTO / Paul ELLIS)
Le dirigeant du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, durant un discours lors de la conférence du parti travailliste à Liverpool, en Angleterre, le 23 septembre 2018, jour de l’ouverture officielle de la conférence annuelle du parti travailliste. (AFP PHOTO / Paul ELLIS)

Le groupe terroriste du Hamas a remercié jeudi le chef du parti britannique du Labour, Jeremy Corbyn, pour sa solidarité après son soutien apporté à la journée de deuil palestinien qui a suivi le 71e anniversaire de la formation de l’Etat d’Israël.

Corbyn, dans une déclaration écrite, a ainsi soutenu un défilé organisé à Londres, samedi, à l’occasion de la journée de la Nakba. Cette commémoration annuelle et marche de protestation veut marquer la « catastrophe » des déplacements arabes pendant la guerre israélienne de l’Indépendance.

Le Hamas a expliqué que le leader travailliste avait exprimé « son soutien et sa solidarité avec les Palestiniens et leur droit inaliénable à la liberté, à l’indépendance et à l’auto-détermination ».

Le groupe terroriste l’a également remercié pour avoir condamné « l’occupation en cours et les crimes commis contre notre peuple », affirmant que sa déclaration reflétait « un sens moral avancé et une position politique qui mérite les éloges et nos remerciements ».

« Nous appelons également le gouvernement britannique actuel à cesser de soutenir l’Etat d’occupation israélien et à écouter la voix de la sagesse et de la raison, et à adopter des politiques en soutien aux droits légitimes des Palestiniens qui mèneront à la stabilité de cette région excessivement importante et très agitée », a dit la déclaration en anglais.

Des manifestants pro-palestiniens traversent Regent Street, à Londres, le 11 mai 2019 (Capture d’écran : Twitter)

Le Hamas, une organisation terroriste qui a juré de détruire Israël, contrôle Gaza depuis 2007.

Environ 3 000 à 4 000 activistes se sont rendus à une marche pro-palestinienne samedi dernier, appelant à « libérer la Palestine « et à mettre un terme aux « attaques sans précédent » menées contre les Palestiniens par Israël.

A la tête du défilé se trouvait Ahed Tamimi, une jeune fille de 18 ans devenue une icône de la cause palestinienne après avoir été emprisonnée pour avoir giflé un soldat israélien, un incident filmé qui était devenu viral.

Le chef du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, avait exprimé sa solidarité avec les milliers de manifestants de Londres avant le défilé.

« Nous ne pouvons pas ne rien faire ou garder le silence devant le déni continu des droits des Palestiniens et leur droit à la justice », avait-il écrit sur sa page Facebook. « Le parti du Labour condamne les violations continues faites aux droits de l’Homme par les forces israéliennes et notamment les tirs en direction de manifestants non-armés à Gaza… qui exigent leurs droits ».

Le leader du Labour avait, dans le passé, été critiqué pour avoir qualifié « d’amis » les groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah lorsqu’il avait invité des membres des deux organisations lors d’une réunion parlementaire en 2009. Il avait ultérieurement minimisé la portée de ses propos et indiqué qu’il regrettait d’avoir utilisé ce terme.

Il a été aussi accusé d’avoir laissé l’antisémitisme se propager en toute impunité au sein du parti.

La déclaration de Corbyn a fait référence à une nouvelle escalade de violences récentes au cours de laquelle quatre Israéliens ont été tués par des roquettes tirées par le Hamas et autres groupes terroristes palestiniens. Vingt-neuf 29 Palestiniens sont également morts lors des raids aériens de représailles d’Israël. Mais le chef travailliste n’a nullement mentionné les presque 700 roquettes lancées vers Israël en l’espace de quarante-huit heures.

Une fillette israélienne regarde une vitre brisée à l’entrée d’un immeuble endommagé par une frappe de roquettes depuis la bande de Gaza, dans la ville d’Ashdod, dans le sud d’Israël, le 6 mai 2019. (Jack Guez/AFP)

« L’escalade de violences survenue durant des raids contre Gaza, qui ont fait 25 morts du côté palestinien et quatre du côté israélien, sont à la fois bouleversantes et dangereuses », a-t-il noté.

Accusant le gouvernement britannique de conserver un silence assourdissant, il a demandé la condamnation « du meurtre de manifestants – des enfants, des personnels médicaux, des journalistes » – et des autres civils et réclamé que les « ventes d’armes à Israël soient gelées » par le Royaume-Uni.

Le Hamas a aussi remercié Corbyn pour son opposition à la prochaine proposition de paix de Trump.

Le député israélien Yair Lapid, l’un des leaders du parti Kakhol lavan, a tancé Corbyn.

« Petite suggestion : si le Hamas vous remercie, c’est que vous êtes du côté du terrorisme », a-t-il dit, selon le Telegraph.

Corbyn n’a pas pris la parole lors de la marche mais le secrétaire-général de JVL (Jewish Voice for Labour) Glyn Secker a fait un discours très applaudi, clamant que les Juifs étaient « dans le caniveau » et qu’ils faisaient « partie du problème ».

Secker a également accusé « les rabbins américains » d’attiser la haine des néo-nazis à l’origine des actes de terrorisme antisémite, évoquant notamment la fusillade qui a eu lieu au sein de la synagogue de Poway. Il a affirmé qu’ils libéraient « l’extrême-droite pour remporter des votes déterminants dans les états marginaux qui déterminent les élections présidentielles », selon l’organisation Campaign Against Anti-Semitism.

Il a déclaré que les 119 députés travaillistes « amis d’Israël » étaient « une cinquième colonne dans la formation du Labour ».

Des militants à l’extérieur d’une réunion du Comité exécutif national du Parti travailliste à Londres, le mardi 4 septembre 2018. (Stefan Rousseau/PA via AP)

Secker devrait prononcer un discours sur l’antisémitisme devant les activistes du Labour le 30 mai et il utilisera cette allocution pour démentir que la haine antijuive soit un problème au sein de la formation, selon le Jewish Chronicle.

Les groupes juifs accusent Corbyn de chapeauter une recrudescence massive de l’antisémitisme au sein du Labour, qui était autrefois le foyer politique de prédilection de la communauté juive.

Au début du mois, un groupe de défense de la communauté juive à Londres a accusé la formation Travailliste de « comportement antijuif endémique » et il a demandé au gouvernement d’ouvrir une enquête.

Corbyn a aussi été critiqué en raison de ses liens avec le Hamas et autres groupes terroristes palestiniens.

Il avait été révélé, l’année dernière, que Corbyn avait pris part à une cérémonie de dépôt de gerbe en l’honneur des terroristes qui avaient été à l’origine du massacre commis lors des Jeux olympiques de Munich, en 1972. Il avait plus tard reconnu qu’il avait « été présent quand la gerbe avait été déposée, mais [je] ne pense pas avoir été, en fait, impliqué là-dedans ».

L’année dernière toujours, le chef travailliste avait été fustigé après la diffusion sur Twitter d’une vidéo de 2013 dans laquelle il semblait comparer le contrôle militaire israélien en Cisjordanie à l’occupation nazie des pays européens pendant la Seconde guerre mondiale.

Une contre-manifestation en soutien à Israël défile dans les rues de Londres, s’opposant à une marche propalestinienne, le 11 mai 2019 (Crédit : Daniel LEAL-OLIVAS / AFP)

Selon le Telegraph, Corbyn avait par ailleurs participé en 2012 à une réunion en compagnie de plusieurs terroristes palestiniens condamnés pour meurtre à Doha – partageant la plateforme avec le chef du Hamas de l’époque, Khaled Mashaal.

Un porte-parole de Corbyn a dit au Telegraph jeudi que le chef du Labour avait « de longs antécédents de solidarité de principe avec la cause palestinienne. Et c’est ce qu’il faut faire ».

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