GB: Les Quakers boycottent ceux qui « profitent de l’occupation » en Cisjordanie
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GB: Les Quakers boycottent ceux qui « profitent de l’occupation » en Cisjordanie

Le Board of Deputies of British Jews qualifie la décision d'"acte partial et révoltant" et fait remarquer que le groupe religieux boycott le seul État juif du monde

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Construction dans l'implantation d'Ariel, le 17 janvier 2014. (Flash 90)
Construction dans l'implantation d'Ariel, le 17 janvier 2014. (Flash 90)

Le groupe confessionnel des Quakers en Grande-Bretagne a déclaré lundi qu’il n’investira plus dans les entreprises qui profitent de « l’occupation de la Palestine », et a exhorté les autres à suivre son exemple.

Le représentant officiel de la Grande-Bretagne auprès de la communauté juive, le Board of Deputies of British Jews, a condamné « la décision consternante… de boycotter un seul pays au monde, le seul État juif » et dénoncé cette décision comme « un acte partial et révoltant ».

La décision des Quakers a été prise en coordination avec les administrateurs de l’église, a déclaré l’organisation dans un communiqué, et « s’inscrit dans une longue tradition des Quakers dans la recherche des investissements éthiques ».

« Elle fait suite à la décision de ne pas investir de fonds, entre autres, dans l’industrie des combustibles fossiles, les entreprises d’armement, l’apartheid en Afrique du Sud et, en remontant dans le passé, la traite négrière transatlantique », peut-on lire dans le communiqué.

« Notre longue histoire de militantisme en faveur d’une paix juste en Palestine et en Israël nous a ouvert les yeux sur les nombreuses injustices et violations du droit international découlant de l’occupation militaire de la Palestine par le gouvernement israélien », a déclaré Paul Parker, un responsable des Quakers en Grande-Bretagne.

« Nous croyons que nous avons le devoir moral d’affirmer publiquement que nous n’investirons pas dans une entreprise tirant profit de l’occupation », a-t-il poursuivi.

« Nous espérons qu’en annonçant notre refus de tirer profit de ces entreprises, cela encouragera les autres à réfléchir à leurs propres investissements et aidera à contester la légalité et les pratiques de l’occupation militaire actuelle ».

La barrière de sécurité séparant le quartier juif de Jérusalem-Est de Pisgat Zeev (au premier plan) du quartier palestinien d’Anata (au fond). (AFP Photo/Ahmad Gharabli)

Ingrid Greenhow, secrétaire des administrateurs quakers en Grande-Bretagne, a déclaré dans ce communiqué que les quakers n’ont pas connaissance d’investissements dans des sociétés qui profitent du contrôle israélien des Territoires palestiniens, mais que les politiques d’investissement seraient actualisées pour refléter cette nouvelle politique.

« Cela inclut les entreprises – quel que soit le pays dans lequel elles sont basées – impliquées par exemple dans l’exploitation illégale des ressources naturelles en Palestine occupée, ainsi que dans la construction et l’entretien de la barrière de séparation et des colonies israéliennes », a-t-elle ajouté.

Mme Greenhow a déclaré que les Quakers attendent la publication d’un rapport des Nations unies qui dresse la liste des entreprises impliquées dans des activités liées aux implantations.

La présidente du Board of Deputies, Marie van der Zyl, a critiqué l’Eglise pour avoir adopté cette mesure contre l’Etat juif, alors que l’antisémitisme croissant est devenu une préoccupation internationale.

La nouvelle présidente du Conseil des représentants des Juifs britanniques, Marie van der Zyl (Autorisation)

« Tandis que d’autres Eglises ont tendu la main à la communauté juive en cette période de montée de l’antisémitisme et de polarisation pour travailler ensemble à combattre les préjugés et promouvoir la paix dans la région, les dirigeants quakers ont choisi d’importer un conflit qui divise notre pays, plutôt que d’exporter la paix que nous voulons tous voir. »

« Les Quakers, qui sont depuis si longtemps à l’avant-garde de l’activisme pour la paix, se sont maintenant marginalisés et ne sont plus une voix crédible sur ce sujet. »

« Nous exhortons les Quakers à revenir sur cette décision, à cesser de promouvoir la division, et à se joindre à ceux d’entre nous qui cherchent à construire des ponts. »

En 2011, les Quakers ont déclaré qu’ils boycotteraient les biens produits dans les implantations israéliennes, a rapporté le journal Jewish Chronicle.

Selon un reportage de la BBC, il y a environ 210 000 Quakers dans le monde, dont 17 000 en Grande-Bretagne.

Lundi également, la plate-forme de location de vacances Airbnb a annoncé qu’elle cesserait de proposer des locations dans les implantations israéliennes en Cisjordanie.

L’entreprise américaine Airbnb a déclaré dans un communiqué publié sur son site Web qu’après un réexamen de sa politique, elle avait « conclu que nous devrions retirer de nos listes les logements dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée qui sont au cœur de la dispute entre Israéliens et Palestiniens ».

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