Haïm Korsia participera à une conférence de la Ligue islamique mondiale
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Haïm Korsia participera à une conférence de la Ligue islamique mondiale

La LIM est souvent considérée comme le bras diplomatique du royaume saoudien, financé par ses pétrodollars, instrument de diffusion du wahhabisme

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, lors de la commémoration du 11 février dans le jardin Ilan-Halimi. (Crédit : Times of Israël Staff/Glenn Cloarec)
Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, lors de la commémoration du 11 février dans le jardin Ilan-Halimi. (Crédit : Times of Israël Staff/Glenn Cloarec)

Le déroulement d’une « conférence internationale pour la paix et la solidarité », co-organisée par l’organisation saoudienne de la Ligue islamique mondiale (LIM) mardi prochain à Paris, suscite des critiques, notamment au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Sont notamment annoncés en tant que participants le grand rabbin de France Haïm Korsia, le président de la Fédération protestante de France François Clavairoly, l’archevêque émérite de Lille (nord) Mgr Gérard Defois, l’imam de la mosquée de Bordeaux Tareq Oubrou et le président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France Mgr Emmanuel.

En fin de journée doit être signé un « mémorandum de compréhension et d’amitié entre les trois religions monothéistes », avec engagements précis et clause de revoyure.

L’ex-ministre saoudien de la Justice Mohammed Al-Issa, secrétaire général de la LIM depuis 2016, et Ghaleb Bencheikh, le président de la Fondation de l’Islam de France (FIF), les co-organisateurs, ont prévu de réunir à cette occasion au Palais Brongniart plusieurs responsables religieux français.

Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohammad Al-Issa, parle au Washington Institute, avec Robert Satloff de TWI, le 3 mai 2018 (TWI / Lloyd Wolf)

La LIM est souvent considérée comme le bras diplomatique du royaume saoudien, financé par ses pétrodollars, instrument de diffusion du wahhabisme, une version saoudienne et très puritaine de l’islam.

« Pour la première fois dans la Ville Lumière, va être proclamée haut et fort une condamnation sans équivoque du terrorisme islamiste, de l’obscurantisme, du salafisme », a affirmé à l’AFP Ghaleb Bencheikh.

L’Observatoire de lutte contre l’islamophobie, une instance liée au Conseil français du culte musulman (CFCM), a fait part jeudi de son « étonnement » dans un communiqué. Son président Abdallah Zekri, le délégué général du CFCM, y regrette une « marginalisation des instances officielles, représentatives du culte musulman » français.

Il dénonce aussi une organisation (la LIM, ndlr) qui incarne un islam « pas représentatif des musulmans de France et qui n’est (pas) compatible (…) avec les valeurs de la République ». Et d’appeler « les responsables des autres cultes à ne pas cautionner, par leur présence, cette initiative ».

Vendredi, le président par intérim du CFCM, Dalil Boubakeur, le recteur de la Mosquée de Paris, est venu le soutenir, affirmant, dans un texte : « l’instrumentalisation du dialogue inter-religieux dans notre pays par des organisations étrangères est un fait assez grave pour le dénoncer ».

Auprès de l’AFP, il a fustigé « l’organisation, les principes et les objectifs » de la LIM, se disant « surpris » que l’événement ait eu « l’autorisation » de se dérouler « en plein Paris ».

A la Fondation de l’Islam de France, M. Bencheikh répond, dans des déclarations à l’AFP : « Il y a deux positions : soit on dit que le passif de la LIM est lourd et on ne fait rien, soit on dit ‘avec le nouveau secrétaire, il y a un changement de cap’ et on l’accompagne ».

De passage à Paris en novembre 2017 M. Al-Issa avait affiché son hostilité à « l’extrémisme idéologique », prônant un « message de modération ».

La FIF, fondée en 2016, est une instance laïque, destinée, via des projets en matière profane, à mieux faire connaître religion et civilisation musulmanes.

Principal interlocuteur de l’Etat depuis 2003 pour l’organisation du culte musulman, le CFCM représente un peu moins de la moitié des mosquées de France.

Le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe, annoncés dans une première version du programme de la rencontre, ont démenti toute participation.

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