Israël en guerre - Jour 139

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Halevi dénonce les efforts de la droite pour faire pression sur l’armée

Le chef d’état-major de l’armée a déclaré que la prise en compte de "considérations étrangères" dans les nominations des généraux de haut rang est "inacceptable, voire dangereuse"

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d’État-major de Tsahal, Herzi Halevi, à droite, s'exprimant lors d'une cérémonie de remise de prix au siège de Tsahal, à Tel Aviv, le 8 mai 2023. Le général de brigade Ofer Winter, à gauche, assistant à une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 22 octobre 2018. (Crédit : Armée israélienne ; Miriam Alster/Flash90)
Le chef d’État-major de Tsahal, Herzi Halevi, à droite, s'exprimant lors d'une cérémonie de remise de prix au siège de Tsahal, à Tel Aviv, le 8 mai 2023. Le général de brigade Ofer Winter, à gauche, assistant à une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 22 octobre 2018. (Crédit : Armée israélienne ; Miriam Alster/Flash90)

Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Herzi Halevi, a répondu lundi aux critiques des militants de droite après qu’un général controversé n’a pas été promu lors d’un récent remaniement des hauts gradés de l’armée.

« La sélection des commandants de Tsahal – permanents et réservistes – se fait sur la base de considérations purement professionnelles, et il n’y a pas d’autres considérations », a déclaré Halevi lors d’un événement organisé à Tel Aviv en l’honneur de réservistes exceptionnels.

La semaine dernière, l’armée israélienne a annoncé une série de nominations au sein de l’état-major général, un forum de commandants supérieurs responsables des différentes branches et départements de l’armée. Une nouvelle fois, le général de brigade Ofer Winter, n’a pas été promu et il devrait prendre sa retraite de l’armée israélienne.

Winter a fait l’objet de nombreuses critiques lors de la guerre de Gaza de 2014, en raison des commentaires qu’il avait faits à l’époque et qui présentaient l’opération comme un combat religieux, pour la transmission présumée d’informations à des hommes politiques sans l’approbation requise et de ses actions lors de la bataille très controversée du « vendredi noir » à Rafah.

Depuis la guerre, connue en Israël sous le nom d’Opération Bordure protectrice, la carrière de Winter a quelque peu stagné, bien qu’il ait auparavant fait preuve d’un grand potentiel d’avancement dans les échelons supérieurs de l’armée israélienne.

Winter est souvent présenté comme un merveilleux exemple de la communauté nationaliste religieuse. Les militants de droite ont demandé à maintes reprises qu’il soit promu dans l’armée et ont exprimé leur indignation mercredi à la suite de l’annonce des dernières promotions qui n’incluaient pas Winter.

« Il ne s’agit pas de la couleur du béret, ni d’un groupe d’amis, ni de croyances religieuses, mais seulement du meilleur et du plus apte à occuper le poste », a déclaré Halevi.

« Les décisions relatives aux nominations dans l’armée israélienne sont prises par ceux qui en sont responsables. Toute tentative d’intervention extérieure ou d’introduction de considérations étrangères dans ce processus est inacceptable et même dangereuse », a-t-il poursuivi.

« C’est une bonne chose que nous puissions choisir parmi de très bons candidats, mais il est de notre devoir de choisir ceux qui conviennent le mieux », a ajouté Halevi.

Le commandant de brigade Givati Ofer Winter au centre, avec le chef d’état-major Benny Gantz et le général de division Sami Turjeman, pendant l’Opération Bordure protectrice, le 2 août 2014.. (Crédit : Armée israélienne)

Winter a été promu de colonel à général de brigade en 2015 et a été nommé chef d’état-major du Commandement du Centre. En 2017, il a été nommé secrétaire militaire du ministre de la Défense de l’époque, Avigdor Liberman, et ce n’est qu’en 2019 qu’il s’est vu confier le commandement d’une division. Winter a dirigé la 98e division du Commandement du Centre jusqu’en septembre 2022 et n’a plus joué aucun rôle depuis.

Selon le parcours normal de promotion de l’armée, Winter aurait été en bonne voie pour prendre le commandement d’une division en 2018, mais il n’avait pas été promu par Gadi Eisenkot, alors chef d’état-major de Tsahal.

Le général Winter a été critiqué pendant l’Opération Bordure protectrice, alors qu’il était commandant de la brigade Givati, pour une lettre adressée à ses officiers subalternes dans laquelle il décrivait l’opération comme une guerre religieuse contre un ennemi « blasphématoire »

Dans des interviews accordées aux médias, l’officier avait également décrit ses troupes comme étant protégées au combat par des « nuées de gloire », ce qui a fait craindre aux défenseurs de la liberté religieuse que Winter ne « théocratise » l’armée.

L’ancien commandant de la brigade Givati a également été accusé par la suite de transmettre des informations sensibles sur l’effort de guerre au ministre de l’Économie de l’époque, Naftali Bennett, en contournant la chaîne de commandement habituelle.

Il a commandé les forces lors de la sanglante bataille du « vendredi noir » dans la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 1er août 2014. Les combats qui s’y sont déroulés ont été au cœur d’un rapport des Nations unies sur la guerre, avec des accusations de crimes de guerre. Dans sa propre enquête, l’armée israélienne a identifié des défaillances dans la manière dont la bataille a été menée, mais pas d’actes criminels.

Le chef de l’armée israélienne, Herzi Halevi, remettant une récompense à un soldat réserviste lors d’une cérémonie au siège de l’armée israélienne, à Tel Aviv, le 8 mai 2023. (Crédit : Armée israéliennes)

Lors de la cérémonie de lundi, Herzi Halevi a également salué les membres de l’armée de réserve pour avoir été des « citoyens exemplaires », alors que certains réservistes ont été réprimandés ces derniers mois pour avoir protesté contre les projets très controversés de réforme judiciaire du gouvernement.

Depuis sa création, Tsahal s’appuie sur le personnel de réserve, le modèle unique de « l’armée du peuple », qui n’a pas son pareil dans le monde », a déclaré Halevi.

« Le droit et le devoir d’accomplir la tâche des réservistes sont partagés par une poignée de membres de la société israélienne, dont l’expérience et la compétence les rendent nécessaires à la sécurité de l’État », a-t-il ajouté.

Halevi a déclaré que les réservistes « ne sont pas des pigeons » mais plutôt des « citoyens exemplaires ».

Le chef d’état-major de Tsahal a déclaré que « les commandants à tous les niveaux comprennent très bien que l’esprit de volontariat des réservistes et leur volonté de servir sont essentiels pour faire face aux menaces et aux défis nombreux et complexes dans tous les domaines : de l’Iran lointain, à travers ses branches le long des frontières nord et sud, jusqu’au terrorisme palestinien ».

« Face à cette réalité sécuritaire, nous avons besoin de vous, les milouimnikim [réservistes]. Aujourd’hui, plus que jamais », a poursuivi Halevi.

Mais il a ajouté que « dans le même temps, et afin de préserver ce joyau […], il est également nécessaire de dire d’une voix forte et claire : il est interdit d’utiliser le service de réserve à des fins autres que la sécurité ».

« Présentez-vous et servez pour défendre le pays, sans réserves et sans conditions », a-t-il ajouté.

De nombreux réservistes de Tsahal, qui jouent un rôle essentiel dans les activités de routine de l’armée, y compris dans les unités les plus importantes, ont prévenu qu’ils ne seraient pas en mesure de servir dans un Israël non démocratique, ce que certains estiment que le pays deviendra dans le cadre des projets de réforme du système judiciaire du gouvernement.

Les soldats ont exprimé la crainte qu’un manque de confiance internationale dans l’indépendance du système judiciaire israélien ne les expose à des poursuites devant des tribunaux internationaux pour des actions qu’ils ont reçu l’ordre d’exécuter pendant leur service.

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