Haley: le « droit au retour » des Palestiniens devrait être mis « hors de la table »
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Haley: le « droit au retour » des Palestiniens devrait être mis « hors de la table »

L’envoyée américaine à l'ONU s’est interrogée sur le nombre de réfugiés palestiniens alors que l'administration Trump se prépare à proposer son plan pour la paix

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

WASHINGTON – Nikki Haley, ambassadrice américaine aux Nations unies, a ouvertement remis en question mardi les affirmations palestiniennes sur un « droit au retour » vers Israël, estimant que cette éventualité devrait être retirée de la table des négociations.

Commentant l’une des questions les plus sensibles et les plus incendiaires du conflit israélo-palestinien, Haley a suggéré que l’administration Trump envisagerait un rejet officiel de la demande palestinienne selon laquelle tous les réfugiés déplacés entre 1947 et 1948 – ainsi que tous leurs descendants – seraient autorisés à retourner aujourd’hui en Israël dans le cadre d’un accord de paix final.

« Je pense que nous devons absolument examiner ce droit au retour », a-t-elle déclaré lors d’une conférence à la Fondation pour la défense des démocraties, un groupe de réflexion basé à Washington et étroitement lié à Israël.

Quand il lui a été demandé si la question devait être mise « hors de la table », Haley a répondu : « Je suis d’accord avec cela et je pense que nous devons examiner la question en regardant ce qui se passe [avec les réfugiés] en Syrie, ce qui se passe au Venezuela. »

Le « droit au retour » est un enjeu majeur du conflit israélo-palestinien. Les Palestiniens affirment que cinq millions de personnes – les dizaines de milliers de réfugiés originaires des territoires situés dans l’Israël d’aujourd’hui et leurs millions de descendants – ont « droit au retour ». Israël rejette cette demande, affirmant que les Palestiniens tenteraient de cette façon de détruire Israël grâce au poids du nombre démographique. Israël compte près de neuf millions d’individus, dont les trois quarts sont Juifs. Un afflux de plusieurs millions de personnes signifierait qu’Israël ne serait plus un État à majorité juive.

Au cours du week-end, la chaîne d’information Hadashot a rapporté que l’administration Trump se préparait à adopter une position ferme sur le « droit au retour » dans les prochains jours.

Les fonctionnaires de la Maison Blanche ont toutefois refusé de commenter l’information, qui a été révélée alors que les fonctionnaires américains se préparent à dévoiler une proposition de paix très attendue. Selon les autorités, celle-ci sera présentée dans un avenir proche, bien qu’aucune date n’ait été avancée.

Des employés palestiniens de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens participent à une manifestation contre les suppressions d’emplois annoncée par l’agence, à son siège à Gaza, le 25 juillet 2018. (SAID KHATIB / AFP)

Haley a également commenté la suppression des aides de Washington à l’UNRWA, l’agence des Nations unies en charge de l’assistance humanitaire palestinienne, qui affirme que les réfugiés palestiniens sont plus de cinq millions aujourd’hui, alors qu’ils étaient seulement 750 000 suite à la guerre d’indépendance de 1948.

« Il faut prendre en compte le fait qu’un nombre toujours grandissant de réfugiés continuent à recevoir de l’aide », a déclaré Haley, tout en insistant sur le fait que la Maison-Blanche ne rétablirait pas ses niveaux de financement précédents à moins de changements radicaux.

« Nous serons à nouveau un donateur si [l’UNRWA] réforme ce qu’il fait… s’il modifie le nombre de réfugiés [qui perçoivent l’aide], nous nous repencherons sur ce partenariat », a-t-elle ajouté, expliquant que « les Palestiniens continuent à en vouloir à l’Amérique » alors qu’ils « tendent la main pour l’argent de l’UNRWA ».

Plus tôt ce mois-ci, le média Foreign Policy a annoncé que Jared Kushner, conseiller principal et gendre du président américain Donald Trump, s’efforçait de supprimer le statut de réfugié de millions de Palestiniens dans le cadre d’un effort apparent visant à stopper les activités de l’UNRWA.

Israël fait souvent valoir qu’un État palestinien indépendant, s’il est accepté dans le cadre de négociations, absorberait les réfugiés palestiniens et leurs descendants, tout comme Israël a absorbé des réfugiés juifs des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord au cours des dernières décennies.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à gauche, et le président américain Donald Trump au Palace Hotel de New York, le 20 septembre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Les relations entre les États-Unis et l’Autorité palestinienne se sont détériorées depuis que Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre dernier et y a transféré l’ambassade américaine.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a vivement critiqué cette décision et a depuis refusé de rencontrer des responsables de l’administration Trump, affirmant que la Maison-Blanche était incapable d’agir en tant que médiateur honnête dans les pourparlers de paix.

En janvier, suite à l’indignation des Palestiniens concernant la décision de Trump, Washington a annoncé qu’il bloquerait le versement de 65 millions de dollars d’aide à l’UNRWA.

Haley a déclaré mardi que d’autres pays arabes du Moyen-Orient devaient faire pression sur les Palestiniens afin qu’ils changent de cap s’il devait y avoir un accord de paix définitif.

« Nous devons les conduire à la table des négociations pour un accord de paix », a déclaré Haley. « Cela ne se produira uniquement si la région les pousse pour que cela se produise. »

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