Hamon : « l’antisémitisme violent de certains groupes des quartiers » est incontestable
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Hamon : « l’antisémitisme violent de certains groupes des quartiers » est incontestable

Le candidat du PS, invité de Radio J, a affirmé quelques positions claires sur l'antisémitisme et le boycott d'Israël, tout en confirmant son opposition à la politique de Netanyahu

Benoît Hamon, candidat à la primaire présidentielle de la gauche française, à son arrivée à son QG de campagne après sa victoire au premier tour de la primaire, le 22 janvier 2017. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)
Benoît Hamon, candidat à la primaire présidentielle de la gauche française, à son arrivée à son QG de campagne après sa victoire au premier tour de la primaire, le 22 janvier 2017. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)

Le candidat de la « Belle alliance populaire », Benoît Hamon, était l’invité dimanche 2 avril du journaliste Frédéric Haziza sur RadioJ.

Au lendemain de la manifestation appelant au boycott d’Israël à Paris, Benoît Hamon est revenu, dans des termes assez fermes, sur un des mots d’ordres du rassemblement : « pour la séparation du Crif et de l’Etat ».

Avec ce slogan, a-t-il expliqué, le BDS, le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël, « fait entendre la musique du vieux complot juif », ajoutant qu’il « y a un caractère antisémite derrière ce slogan ».

« Même si je conteste les choix de Netanyahu, a poursuivi Hamon, cela ne m’amène pas à être sur le terrain de ceux qui ne veulent qu’une chose : la fin d’Israël […]. Je ne confonds pas hostilité à l’égard de choix politiques qui sont ceux de Netanyahu et la détestation d’Israël […]. Je suis contre le boycott parce qu’il est illégal. »

En août 2015, Alexis Bachelay, actuel porte-parole de Benoît Hamon déclarait, en marge de Tel Aviv sur Seine, que « vu ce qui se passe en Palestine, le régime de Pretoria était peut-être plus doux que l’extrême-droite qui gouverne Israël ». Il avait réaffirmé ses positions vis à vis d’Israël en juin 2016 en déposant « des amendements remettant en cause la jurisprudence de la Cour de Cassation qui a condamné en octobre 2015 les militants du mouvement BDS qui appellent au boycott des produits d’Israël », rappelait la section PS israélienne pour expliquer son ralliement à Emmanuel Macron.

Mais, au micro de Frédéric Haziza, Benoît Hamon a affirmé qu’Alexis Bachelay aurait regretté sa comparaison d’Israël au régime de Pretoria.

« Il y incontestablement un antisémitisme fort, un antisémitisme violent dans certains groupes dans les quartiers » a-t-il également répondu au journaliste, en évoquant le martyr d’Ilan Halimi, « une des victimes les plus sordides » de cet antisémitisme.

Ce positionnement clair, quoique un peu tardif, aurait peut-être pu lui éviter quelques départs d’électeurs vers le mouvement d’Emmanuel Macron. Des départs motivés également par des soupçons de clientélisme « envers les quartiers » révélés par le Canard Enchaîné.

Dans une formule, révélée par l’hebdomadaire satirique, Benoît Hamon avait résumé cette théorie. Le 19 novembre, soit quelques jours avant le vote en France pour la reconnaissance de la Palestine aux Nations unies, le Canard Enchaîné révélait la stratégie de la frange du PS représentée par Benoit Hamon autour de cette résolution.

Ce dernier la considérait « tout à fait opportune sur le plan électoral [… ; car il s’agissait] du meilleur moyen pour récupérer notre électorat de banlieue et des quartiers, qui n’a pas compris la prise de position pro-israélienne [du président français François] Hollande, et qui nous a quitté au moment de la guerre à Gaza. »

En habit de candidat, Benoît Hamon a-t-il changé de stratégie ?

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