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Hausse de 360 % de violence et d’anxiété chez les jeunes depuis la pandémie

L'organisation Elem a reçu 1 682 plaintes pour violence sexuelle en 2021, soit une hausse de 230% par rapport à 2019, avec le COVID comme catalyseur de plusieurs de ces tendances

Une jeune femme assise seule. Illustration (Crédit : torwai/iStock/Getty Images)
Une jeune femme assise seule. Illustration (Crédit : torwai/iStock/Getty Images)

Israël a enregistré une hausse significative de la violence, des dépressions et de l’anxiété chez les jeunes à risque tout au long de l’année 2021, selon un rapport annuel publié par le groupe Elem, une organisation d’aide sociale à but non lucratif.

Les conclusions alarmantes, soumises au président Isaac Herzog dimanche, soulignent des tendances à la hausse après des années marquées par la pandémie de COVID et les restrictions qu’elle a entraînées.

Selon les données recueillies par Elem, quelque 2 126 adolescents ont déclaré avoir été victimes d’incidents violents en dehors de leur domicile, soit 170 % de plus que pour les données recueillies en 2020 et une augmentation vertigineuse de 360 % par rapport aux données de 2019.

Quelque 1 893 adolescents ont déclaré avoir subi des violences à la maison en 2021, soit une augmentation de 120 % par rapport à 2020 et de 250 % par rapport à 2019.

Signalant des cas de violence en ligne, 1 177 adolescents ont déclaré en avoir été les victimes directes, soit une augmentation de 230 % par rapport aux chiffres pré-COVID recueillis en 2019.

Elem a reçu 1 682 plaintes pour violences sexuelles en 2021, soit un bond de 230 % par rapport à 2019.

Quelque 4 000 adolescents ont déclaré souffrir de dépression et d’anxiété, marquant une augmentation de 190 % par rapport à 2019. Le groupe a enregistré 1 432 cas d’adolescents ayant déclaré avoir tenté de se faire du mal, soit près de 150 % de plus qu’en 2019.

Des tendances alarmantes relatives à la consommation d’alcool et de drogues ont également été constatées chez les adolescents qui ont déclaré en avoir abusé, avec 5 000 cas d’abus d’alcool (130 % de plus qu’en 2019) et plus de 4 200 cas d’abus de drogues (150 % de plus qu’en 2019).

Selon Elem, la pandémie du coronavirus a entraîné « un sentiment d’impuissance chez les jeunes à risque. La rue, où ils passaient le plus clair de leur temps jusqu’à la pandémie, leur a soudainement été interdite d’accès, alors que le huis clos à la maison n’était pas envisageable pour ceux pour qui un foyer n’est pas acquis. »

L’organisation a également noté l’augmentation de la popularité, pendant la pandémie, des services en ligne et des applications qui permettent aux utilisateurs de partager facilement des contenus sexuels, soulignant le défi croissant que représentent les réseaux sociaux pour les jeunes confrontés à l’anxiété sociale.

« Le confinement, l’isolement et l’absence de structures pendant la pandémie ont conduit à une augmentation des risques auxquels les adolescents sont confrontés », a déclaré Nava Barak, présidente d’Elem.

De gauche à droite : Nava Barak, présidente de l’organisation Elem, le président israélien Isaac Herzog et la première dame Michal Herzog à la résidence officielle du président à Jérusalem, le 22 mai 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

« Après deux ans de COVID, la vie revient lentement à la normale, mais nous sommes toujours témoins de la mise à l’écart de toute une génération d’enfants et d’adolescents, souffrant de graves conséquences mentales, émotionnelles et sociales », a-t-elle ajouté en présentant au président une copie du rapport annuel.

« Elem est une organisation merveilleuse », a déclaré Herzog, en remerciant les employés et les bénévoles de l’organisation pour leur travail acharné.

Les données recueillies par Elem ont porté sur un total de 12 500 adolescents en Israël, âgés de 12 (4%) à 24 (5% ans) ans, la plupart ayant entre 16 et 17 ans (34%) et entre 18 et 23 ans (36%).

L’ONG gère 92 projets de consultation et de soutien dans 42 villes et villages du pays.

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