Helen Clark, qui a coupé les relations avec Israël en 2004, veut succéder à Ban
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Helen Clark, qui a coupé les relations avec Israël en 2004, veut succéder à Ban

Les relations avaient repris en 2005 après les excuses de Jérusalem ; En février 2014, elle s’était rendue en Israël dans le cadre du PNUD et avait salué l’ingéniosité israélienne pendant une visite

L'ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande, Helen Clark, avant une conférence de presse à la mission permanente de Nouvelle-Zélande aux Nations unies, à New York, le 4 avril 2016. (Crédit : AFP / KENA BETANCUR)
L'ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande, Helen Clark, avant une conférence de presse à la mission permanente de Nouvelle-Zélande aux Nations unies, à New York, le 4 avril 2016. (Crédit : AFP / KENA BETANCUR)

Helen Clark, l’ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande qui s’est lancée dans la course à la succession de Ban Ki-moon, s’est forgée à domicile la réputation d’avoir une détermination sans failles.

Clark, 66 ans, qui a annoncé lundi sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU après des mois de spéculations, a dirigé le gouvernement néo-zélandais de centre gauche pendant trois mandats successifs, de 1999 à 2008.

Elle fut ensuite nommée directrice du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’une des principales organisations spécialisées de l’ONU, devenant la femme la plus « gradée » de l’organisation internationale.

« Je me mets en avant sur la base de mon expérience prouvée de direction pendant près de trois décennies, à la fois dans mon propre pays et ici aux Nations unies », a déclaré Clark pendant un entretien avec l’AFP.

« Je pense que j’ai l’expérience et les qualités pour faire ce travail. »

« C’est la personne la mieux placée pour ce travail », a commenté le Premier ministre John Key, qui a succédé à Clark à la tête du gouvernement.

Elle a prouvé ses capacités à diriger, dit-il. « Ce n’est pas simplement le temps passé comme Première ministre, toute sa vie est dédiée à la politique étrangère. »

« Ayant été Première ministre de Nouvelle-Zélande pendant neuf ans et occupé l’un des postes les plus importants des Nations unies depuis sept ans, Helen Clark a le bon mélange de compétences et d’expériences pour le poste », a déclaré Key.

« Il y a des défis internationaux majeurs que le monde affronte aujourd’hui, et les Nations unies ont besoin d’un dirigeant qui a fait ses preuves, et qui peut être pragmatique et efficace », a-t-il ajouté.

Née dans une famille conservatrice d’agriculteurs de l’Ile du Nord, elle est entrée en politique en protestant contre la guerre du Vietnam et en s’opposant aux tournois de rugby dans l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Elle fait son entrée au Parlement en 1981 avant de gravir rapidement les marches du pouvoir, devenant Première ministre adjointe en 1989 au moment de l’implosion du gouvernement travailliste due à des réformes économiques controversées.

Les travaillistes furent renversés en 1990 et, en 1993, Clark prit la direction d’un parti alors dans l’opposition, démoralisé et déchiré par les querelles idéologiques.

Sa popularité n’était que de 2 % mais Clark avait refusé de démissionner malgré les appels en ce sens des poids lourds du parti. Ténacité récompensée en 1999 lorsqu’elle devint chef de l’exécutif.

Initialement, son règne fut qualifié par ses contempteurs de « Helengrad » en raison du contrôle serré qu’elle exerçait sur le gouvernement.

Mais au fil du temps, elle devint plus modérée et pragmatique, ce qui ne l’a pas empêchée de faire preuve d’indépendance face aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne et à l’Australie en refusant d’envoyer des troupes en Irak.

Forte du soutien de l’opinion publique, elle a également maintenu le statut d’état non nucléaire de son pays, politique mise en place en 1984 et qui avait terni les relations avec Washington.

En 2004, Clark avait imposé des sanctions diplomatiques sur Israël après que la Nouvelle Zélande ait jugé coupable deux Israéliens d’avoir tenté d’obtenir des passeports néo-zélandais via des liens avec des organisations criminelles.

Clark avait déclaré avoir des preuves liant les deux Israéliens au Mossad, et avait critiqué cette tentative comme une violation de la souveraineté de la Nouvelle-Zélande par le gouvernement israélien.

Les Israéliens, Uriel Zosha Kelman et Eli Cara, avaient admis les accusations mais nié travailler pour le Mossad. Ils ont été condamnés à six mois de prison. Clark avait demandé une excuse et des explications à Israël.

Les relations avaient repris en 2005 après les excuses de Jérusalem.

En février 2014, elle s’était rendue en Israël dans le cadre du PNUD et avait salué l’ingéniosité israélienne pendant une visite à la conférence sur le développement international conçu par des Israéliens.

Helen Clark (au centre), entourée de Danielle Abraham et Daniel Ben Yehuda (Crédit : autorisation)
Helen Clark (au centre), entourée de Danielle Abraham et Daniel Ben Yehuda (Crédit : autorisation)

Pendant sa visite, elle avait déclaré être « simplement époustouflée » par ce qu’elle avait vu, disant qu’elle était « vraiment inspirée par ce que les jeunes innovateurs ont à dire ».

Nelson Mandela est sa plus grande source d’inspiration. Déménager de Wellington à New York n’a pas changé son style de gouvernance, souligne-t-elle : « rester à la pointe des sujets, être proactive et rassembleuse ».

Andrew Little, qui lui a succédé à la tête des travaillistes, la juge plus que capable de diriger l’ONU. « Elle est réputée pour sa volonté de fer et des capacités formidables. C’est une pionnière, elle l’a toujours été. »

La recherche pour un successeur de Ban Ki-Moon, dont le mandat se termine fin 2016, intervient à un moment de grande inquiétude dans les affaires mondiales alors que les Nations unies sont aux prises avec la plus grande crise des réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale et des conflits qui font rage au Moyen Orient et en Afrique.

A part Clark, sept candidats, dont trois femmes, vont rivaliser pour le poste de secrétaire général. Parmi eux, on retrouve la chef de l’UNESCO, la Bulgare Irina Bokova, et l’ancien haut commissaire aux réfugiés, le Portugais Antonio Guterres.

Capture d’écran Irina Bokova (Crédit : wIKIMEDIA COMMONS)
Capture d’écran Irina Bokova (Crédit : wIKIMEDIA COMMONS)
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