Herzog dit que son parti ne doit plus être vu comme “amoureux des Arabes”
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Herzog dit que son parti ne doit plus être vu comme “amoureux des Arabes”

Fureur dans l’Union sioniste alors que son chef appelle à une nouvelle approche pour “trouver notre chemin vers le cœur de la population” ; un député arabe demande qu’il s’excuse

Le dirigeant de l'Union sioniste, le député Isaac Herzog, au congrès du groupe à Tel Aviv, le 8 novembre 2015. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le dirigeant de l'Union sioniste, le député Isaac Herzog, au congrès du groupe à Tel Aviv, le 8 novembre 2015. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le dirigeant du parti d’opposition de centre gauche d’Israël, l’Union sioniste, a déclaré mardi que pour gagner la population israélienne il devait cesser de donner l’impression qu’il est un parti « amoureux des arabes », un terme péjoratif souvent utilisé par l’extrême-droite pour insulter ceux perçus comme défendant obsessionnellement les Arabes israéliens ou les Palestiniens, que ce soit dans les sphères politiques ou sociales.

Les remarques d’Isaac Herzog, rendues publiques dans une vidéo publiée par le quotidien israélien Haaretz, ont déclenché une tempête de critiques au sein de son parti.

« Nous devons comprendre les changements que traverse la société israélienne. C’est vrai, [le dirigeant du parti Yesh Atid Yair] Lapid nous prend des votes parce que, parmi d’autres raisons, il se déplace à droite dans la conscience nationale, et nous devons parler de ce que cela signifie », a déclaré Herzog pendant un événement à Ashkelon mardi soir.

« Que signifie ‘plus à droite’ ? », a demandé Herzog, dont le Parti travailliste est le composant principal de l’Union sioniste. « Je veux dire, nous n’allons pas devenir de droite, a-t-il continué. Mais comment pouvons-nous trouver le chemin du cœur du public ? Comment pouvons-nous les convaincre que nous avons non seulement l’expérience, mais également la capacité d’améliorer la situation d’Israël, sans compromettre la sécurité d’Israël, Dieu l’empêche, et sans donner l’impression – et je vois cela encore et encore pendant des rencontres avec des Israéliens – que nous sommes toujours ‘amoureux des arabes’ ? »

Herzog a mené son parti à la défaite contre le parti de droite de Benjamin Netanyahu, le Likud, pendant les dernières élections générales en Israël en mars 2015. Le jour de l’élection, Netanyahu avait galvanisé ses troupes en affirmant que la minorité arabe d’Israël se « rendait en masse aux bureaux de vote ».

Les remarques d’Herzog ont déclenché une série de condamnations de membres du Parti travailliste et de l’Union sioniste, dont l’ancienne présidente du Parti travailliste, Shelly Yachimovich, et de Zouheir Bahloul, qui avait lui-même déclenché une controverse quelques jours auparavant en déclarant que les attaquants palestiniens qui ciblent des soldats et des positions militaires ne sont pas des terroristes.

« Est-ce une réponse appropriée pour le chef de l’opposition à une manifestation de la droite radicale ? », a demande Yachimovich sur Twitter, faisant référence au rassemblement mardi soir à Tel Aviv en soutien au soldat Elor Azaria, qui a été accusé d’homicide involontaire pour avoir abattu un attaquant palestinien désarmé et neutralisé à Hébron le mois dernier.

Le rassemblement de Tel Aviv a attiré un petit nombre de personnes de la droite radicale, dont ceux qui portaient des signes en lien avec le rabbin extrémiste Kahane et ceux associés au groupe violent anti-arabe Lehava.

Le député Bahloul a demandé des excuses à Herzog pour ses remarques au nom de la communauté arabe israélienne.

Zouheir Bahloul (Crédit : AFP Photo/Ahmad Gharabli)
Zouheir Bahloul (Crédit : AFP Photo/Ahmad Gharabli)

« Rejeter 20 % de la communauté [le secteur arabe israélien] d’une manière si insensible, se déguiser en ‘droite’, flirtant avec ceux qui remplissent les places des villes, être sensible à chaque sondage – ce n’est pas comme ça que vous présentez une alternative au gouvernement en place », a déclaré Bahloul, ajoutant que : « je condamne la déclaration d’Herzog et demande des excuses au nom de la communauté arabe israélienne. »

En réponse aux critiques, le bureau d’Herzog a publié un communiqué déclarant que « nous ne sommes pas effrayés de traiter les problèmes qui se posent sur la manière dont le public perçoit le Parti travailliste et l’Union sioniste. L’un des problèmes est une impression dangereuse et erronée que nous considérons les besoins des Palestiniens comme supérieurs aux besoins de l’Etat d’Israël et de ses citoyens. »

Herzog affronte en ce moment une enquête policière car il est accusé d’avoir touché des contributions financières pendant sa campagne réussie en 2013 pour la direction du Parti travailliste. Il est aussi suspecté de ne pas avoir déclaré une donation et d’avoir fait une fausse déclaration.

Il a été interrogé cette semaine par la police, dans le cadre d’une procédure qui précède souvent l’ouverture d’une enquête criminelle.

Le Parti travailliste est le plus grand des deux partis (l’autre étant Hatnua) qui composent la liste de l’Union sioniste à la Knesset.

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