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Hijabs et kippas bientôt autorisés au Congrès américain ?

L’élue musulmane Ilhan Omar, qui porte le voile islamique, milite en faveur d’une levée de l’interdiction remontant à 1837 de se couvrir la tête à la Chambre des Représentants

La représentante démocrate du Minnesota    Ilhan Omar pendant une interview au Capitole de Washington, le 14 novembre 2018. (Crédit : AP/Susan Walsh)
La représentante démocrate du Minnesota Ilhan Omar pendant une interview au Capitole de Washington, le 14 novembre 2018. (Crédit : AP/Susan Walsh)

Des démocrates au Congrès envisagent de lever une interdiction vieille de 181 ans sur le port du couvre-chef dans le dome du Capitole, permettant ainsi aux kippas juives et aux foulards musulmans d’être portés par les législateurs.

Ce changement, qui s’inscrit dans une série de réformes plus larges, est soutenu par Ilhan Omar, l’une des deux femmes musulmanes à avoir été élues au Congrès ce mois-ci.

Omar, une élue du Minnesota née en Somalie, porte le hijab, un foulard porté par certaines femmes musulmanes religieuses. Rashida Tlaib, du Michigan, l’autre femme musulmane élue au Congrès plus tôt ce mois, ne porte par le foulard.

« Personne ne met ce foulard sur ma tête. C’est mon choix – protégé par le premier amendement. Et ce n’est pas la dernière interdiction que je vais travailler à lever », a écrit Omar sur Twitter samedi.

La proposition, qui est soutenue par la démocrate Nancy Pelosi et l’élu du Massachussetts Jim McGovern, créerait une exception religieuse à la règle interdisant de se couvrir la tête, selon le magazine Roll Call.

Avec les hijabs, les kippas seraient autorisées, tout comme d’autres couvre-chefs religieux, selon le rapport.

L’interdiction du chapeau, qui ne concerne que la Chambre des Représentants, a été mise en place en 1837, après plusieurs tentatives infructueuses, y compris en 1822, quand la décision a été rejetée parce que des membres du Parlement se sont plaints qu’il n’avait pas de place pour poser leurs chapeaux, selon Politifact.

Le Sénat n’a pas de règles formelles interdisant les chapeaux, mais des règles informelles veulent que l’on se découvre dans la chambre supérieure.

Frederica Wilson, démocrate de Floride, lors d’une commission de l’Education de la Chambre à Washington au mois de novembre 2015 (Crédit : AP Photo/Jacquelyn Martin)

On ne sait pas si le changement aidera l’élue de Floride Frederica Wilson, qui a dû travailler sans sa collection de chapeaux de cowboys stylés depuis qu’elle est venue à Washington en 2010.

Cette année-là, Wilson n’a pas réussi à faire lever l’interdiction afin de pouvoir porter ses propres chapeaux à Capitol Hill.

« C’est sexiste, avait alors déclaré Wilson au Miami Herald. Cela remonte à l’époque où les hommes portaient des chapeaux et nous savons que les hommes ne portent pas de chapeaux à l’intérieur, mais les femmes portent des chapeaux à l’intérieur ».

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