Hollande à Nice pour un hommage trois mois après l’attentat et les polémiques
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Hollande à Nice pour un hommage trois mois après l’attentat et les polémiques

La cérémonie vendredi, réclamée depuis des semaines par de nombreux Niçois, est organisée à l'initiative d'associations et de victimes

Le président français François Hollande lors de son allocution après l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016. (Crédit : capture d'écran)
Le président français François Hollande lors de son allocution après l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016. (Crédit : capture d'écran)

Le président français François Hollande se rendra vendredi à Nice un hommage national aux victimes du 14 juillet, une cérémonie tardive trois mois après le carnage qui a fait voler en éclat l’unité affichée du pays après les précédents attentats.

Ce déplacement du chef l’Etat socialiste en hommage aux 86 morts, dont des enfants, survient au moment où la course à la primaire bat son plein avec la sécurité pour thème majeur. Après l’attentat, la droite avait accusé le gouvernement de laxisme dans la lutte antiterroriste et l’extrême droite avait appelé à la démission du ministre de l’Intérieur.

Une des voix les plus critiques, Christian Estrosi, patron de la droite niçoise et proche du candidat à la primaire Nicolas Sarkozy, a cependant dit cette semaine qu’il comptait aux côtés de François Hollande « amener l’image de la plus grande dignité que ce soit pour les victimes, pour Nice et pour la France ».

Depuis l’attentat de la promenade des Anglais perpétré par un Tunisien au volant d’un camion et revendiqué par le groupe Etat islamique, l’impopulaire François Hollande a tergiversé sur l’organisation d’un hommage national. La cérémonie vendredi, réclamée depuis des semaines par de nombreux Niçois, est organisée à l’initiative d’associations et de victimes.

Drapeau français en berne devant une plage vide de la Promenade des Anglais à Nice, au lendemain d'un attentat qui a fait 84 morts, le 15 juillet 2016. (Crédit : David Ramos/Getty Images via JTA)
Drapeau français en berne devant une plage vide de la Promenade des Anglais à Nice, au lendemain d’un attentat qui a fait 84 morts, le 15 juillet 2016. (Crédit : David Ramos/Getty Images via JTA)

Le Premier ministre, Manuel Valls, venu quatre jours après le drame à Nice avait été accueilli sous les huées et aux cris d' »assassins! », « démission! »

En cause : le nombre de policiers jugé insuffisant pour ces 30 000 personnes rassemblées en ce 14 juillet, jour de fête nationale, en pleine état d’urgence face à la menace jihadiste. Selon une enquête de la police des polices, le dispositif « n’était pas sous-dimensionné ».

Même si la région est un des bastions de la droite, voire de l’extrême droite, la colère à l’égard du pouvoir a été perçue comme le signe des tensions croissantes dans la société, déjà traumatisée par les attentats de janvier (17 morts) et novembre 2015 (130 morts) à Paris.

Les précédents hommages, présidés par François Hollande, s’étaient déroulés sans polémique, donnant le sentiment d’un pays uni dans la même douleur.

Un homme près d'un panneau en forme de cœur sur lequel il est inscrit : "Stop au massacre... Nos enfants massacrés pour une guerre... M. le Président ?" sur la Promenade des Anglais, à Nice, le 17 juillet 2016. (Crédit : AFP/Valéry Hache)
Un homme près d’un panneau en forme de cœur sur lequel il est inscrit : « Stop au massacre… Nos enfants massacrés pour une guerre… M. le Président ? » sur la Promenade des Anglais, à Nice, le 17 juillet 2016. (Crédit : AFP/Valéry Hache)

« Faire bloc »

Mais l’attentat de Nice a rallumé les divisions sur la place de l’islam en France et libéré la parole raciste envers les musulmans. En témoigne la polémique cet été sur le burkini, interdit par certains maires au nom de la laïcité avant d’être déclaré légal par la justice.

Face aux tensions, François Hollande appelle le pays à « faire bloc » et à ne pas renier ses « valeurs » pour affronter les jihadistes de l’EI.

Mal en point dans les sondages à sept mois de la présidentielle, le chef de l’Etat, qui dira en décembre s’il brigue un second mandat, multiplie les commémorations liées aux attentats : cérémonie à Paris pour les victimes d’attaques jihadistes en France et à l’étranger mi-septembre, déplacement fin septembre pour la réouverture de l’imprimerie où s’étaient cachés les tueurs du journal satirique Charlie Hebdo en janvier 2015.

Une carte d'identité au nom du suspect terroriste Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, soupçonné d'avoir tué plus de 80 personnes à Nice le 14 juillet 2016 (Crédit : autorisation)
Une carte d’identité au nom du suspect terroriste Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, soupçonné d’avoir tué plus de 80 personnes à Nice le 14 juillet 2016 (Crédit : autorisation)

L’enquête sur Mohamed Lahouaiej Bouhlel, tué au volant de son camion par la police, n’a pas permis à ce stade d’établir son allégeance à l’EI ni ses liens avec la sphère jihadiste.

Mais aux yeux des policiers son action s’inscrit dans les appels récurrents au meurtre lancés depuis la zone irako-syrienne. L’homme avait mûri son projet plusieurs mois et bénéficié de complicités.

« Je l’ai vu démarrer. J’étais en face de lui, j’ai vu le chauffeur sourire et accélérer », a raconté une témoin.

L’action aura duré « quatre minutes et dix-sept secondes », selon les enquêteurs. Sur plusieurs centaines de mètres: 86 morts, 434 blessés. Près de la moitié des victimes décédées étaient des étrangers, un tiers de confession musulmane.

La mairie de Nice avait annoncé fin septembre qu’aucun grand événement ne se déroulerait sur la Promenade des Anglais pendant un an, en signe de deuil.

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