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Ilhan Omar conserve de justesse sa place pour le 5e District du Minnesota

Après avoir dépensé des millions de dollars pour battre la membre du Squad lors de la dernière élection et avoir perdu de manière écrasante, l'AIPAC n'a pas soutenu Don Samuels

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

La représentante américaine Ilhan Omar salue les passants pour obtenir leur soutien lors d'un événement d'engagement des électeurs à l'angle des avenues Broadway et Central à Minneapolis, le mardi 9 août 2022. (Crédit : Elizabeth Flores/Star Tribune via AP)
La représentante américaine Ilhan Omar salue les passants pour obtenir leur soutien lors d'un événement d'engagement des électeurs à l'angle des avenues Broadway et Central à Minneapolis, le mardi 9 août 2022. (Crédit : Elizabeth Flores/Star Tribune via AP)

La représentante progressiste Ilhan Omar a conservé de justesse son siège au Congrès après qu’un concurrent modéré a failli créer la surprise lors de la course à la Primaire démocrate du 5e District du Minnesota, mardi.

Après le dépouillement de la quasi-totalité des votes, Ilhan Omar devançait Don Samuels de peu : 50,3 % contre 48,2 %. Un peu moins de 2 500 voix séparaient les deux candidats, une marge suffisante pour que l’Associated Press et les principales chaînes de télévision annoncent que la course était en faveur d’Omar.

Ces résultats n’ont cependant pas manqué d’humilier Omar, qui était censée remporter sa troisième victoire consécutive. Samuels, qui a insisté pendant la campagne sur le fait qu’Omar s’était aliénée une grande partie de la population de Minneapolis et des banlieues environnantes avec ses positions d’extrême gauche, a réussi à maintenir un position étonnamment serrée.

Omar a écrit sur Twitter que sa victoire « témoigne de la confiance du district dans les valeurs collectives » pour lesquelles ils se battent.

Samuels a déclaré que la mince victoire d’Omar prouve sa vulnérabilité aux urnes. « Il ne fait aucun doute que nous aurions gagné cette course s’il avait été question des élections générales », a-t-il dit.

Peu de sondages ont été effectués en amont, mais une enquête de juin conduite par Change Research a montré qu’Omar était en tête avec 60 % des voix, contre 21 % pour Samuels.

Ceci explique certainement pourquoi les groupes pro-israéliens tels que l’AIPAC ont choisi de rester en dehors de la course. Ils ont versé des millions dans la campagne du dernier concurrent d’Omar pour finalement voir la membre progressiste du « Squad » (la Brigade) l’emporter de 20 points. Mais leur succès global en soutenant des démocrates plus modérés qui ont battu des candidats progressistes dans tout le pays indique qu’ils auraient pu également faire une différence dans l’élection de mardi.

Ancien conseiller municipal de Minneapolis, Samuels a reçu le soutien du plus grand journal de l’État, le Star Tribune, et du maire de Minneapolis, Jacob Frey.

Dans une interview récente accordée au Times of Israel, ce Jamaïcain de 72 ans a évoqué une proposition rejetée par 56 % des électeurs de Minneapolis en novembre dernier, qui aurait permis de remplacer le service de police de la ville par un département de la sécurité intérieure « orienté vers la santé publique ». L’initiative – rejetée par 78 % des électeurs noirs – était soutenue par Omar, qui est devenue la première Somalienne-Américaine élue au Congrès en 2018.

Photo non datée du candidat au Congrès du Minnesota, Don Samuels. (Crédit : Voisins pour Samuels)

« Elle était déconnectée de la communauté qu’elle prétendait protéger, et des électeurs en général », a déclaré Samuels. « C’est ce qui m’a poussé à me présenter ; elle s’était aliénée plusieurs communautés. »

Il a déclaré qu’Omar s’est aliénée la communauté afro-américaine en soutenant les efforts visant à réduire le financement de la police, qu’elle a rebuté les travailleurs du bâtiment en s’opposant au projet de loi sur les infrastructures du président américain Joe Biden et qu’elle s’est aliénée la communauté juive en raison de ses commentaires et de son bilan sur Israël.

Depuis son entrée au Congrès, Omar s’est défendue contre des accusations d’antisémitisme portées par les organisations pro-israéliennes, notamment après avoir suggéré que l’argent des Juifs était à l’origine du soutien des responsables américains à Israël. La législatrice a ensuite présentée ses excuses et a déclaré qu’elle étudiait « l’histoire douloureuse des tropes antisémites ».

Elle est néanmoins devenue l’une des premiers membres du Congrès à soutenir publiquement le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) visant Israël.

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