Irak : un religieux chiite épinglé après avoir critiqué l’influence de l’Iran
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Irak : un religieux chiite épinglé après avoir critiqué l’influence de l’Iran

Le cheikh Hamid al-Yassiri s'en est pris au Hachd al-Chaabi, une coalition paramilitaire anti-américaine composée en grande partie de groupes proches de Téhéran

Des partisans irakiens du groupe armé Hashed Al-shaabi tiennent une photo de la plus haute autorité religieuse chiite du pays, l'Ayatollah Ali Sistani, alors qu'ils manifestent sur la place Tahrir de la capitale Bagdad, le 4 décembre 2019. 
(Photo par AHMAD AL-RUBAYE / AFP)
Des partisans irakiens du groupe armé Hashed Al-shaabi tiennent une photo de la plus haute autorité religieuse chiite du pays, l'Ayatollah Ali Sistani, alors qu'ils manifestent sur la place Tahrir de la capitale Bagdad, le 4 décembre 2019. (Photo par AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

Un clerc chiite irakien, proche du grand ayatollah Ali Sistani, a critiqué à mots voilés l’influence de l’Iran dans son pays et les « traîtres » qui la véhiculent, des propos qui lui ont valu dimanche les foudres d’une faction pro-Téhéran.

Le grand voisin iranien a fortement gagné en influence en Irak ces dernières années, notamment à travers le Hachd al-Chaabi, une coalition paramilitaire anti-américaine composée en grande partie de groupes proches de Téhéran.

Les nombreux détracteurs de ce groupe l’accusent même d’être le bras armé de l’Iran en Irak. Et les manifestants qui ont participé au soulèvement populaire d’octobre 2019 assurent qu’il est derrière la vague d’assassinats et d’enlèvements de militants qui a suivi.

Lors d’une cérémonie samedi à la mémoire du martyre de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et figure révérée de l’islam chiite, cheikh Hamid al-Yassiri s’en est pris à cette coalition, en se gardant toutefois de la nommer ou de parler directement de l’Iran.

« L’imam Hussein nous a appris que quiconque n’est pas loyal à sa patrie est un traître et un imposteur », a-t-il dit. Et d’ajouter que « tous les conseils, toutes les voix et les orientations qui viennent de par-delà les frontières n’ont rien à voir avec la doctrine de l’imam Hussein ».

Bien que voilées, ces critiques ont déclenché l’ire de Qaïs al-Khazali, le chef d’Assaïb Ahl al-Haq, l’un des principaux groupes pro-Iran du Hachd al-Chaabi désormais intégrés à l’Etat.

« Le pire dans les tentatives de certains religieux qui se cachent derrière le nationalisme, c’est qu’ils essayent de faire passer leurs projets en liant leurs idées à l’imam Hussein », a-t-il écrit dimanche sur Twitter.

L’ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité musulmane chiite d’Irak, ne sort que rarement de son silence pour intervenir en politique.

Or, c’est lors de l’une de ses rares prises de parole qu’il avait exhorté en 2014 les Irakiens à s’opposer au groupe jihadiste Etat islamique (EI), appel qui avait débouché sur la création du Hachd al-Chaabi.

Il a par ailleurs eu l’occasion de prendre ses distances avec le gouvernement, et l’Iran, notamment lors du soulèvement populaire.

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