Israël, 8e plus grand exportateur d’armes dans le monde
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Israël, 8e plus grand exportateur d’armes dans le monde

D'après l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, le pays représente 3,1 % des ventes d'armes, avec pour premiers clients l'Inde, l'Azerbaïdjan et le Vietnam

Un avion de chasse israélien F-16 lance un missile air-sol "Rampage" sur une photographie non datée. (Israeli Military Industries Systems and Israel Aerospace Industries)
Un avion de chasse israélien F-16 lance un missile air-sol "Rampage" sur une photographie non datée. (Israeli Military Industries Systems and Israel Aerospace Industries)

Israël est le huitième plus grand exportateur d’armes dans le monde. L’Inde, l’Azerbaïdjan et le Vietnam constituent ses trois principaux clients pour la période 2014-2018, d’après un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm publié lundi.

Israël a ainsi été responsable de 3,1 % des exportations d’armes dans le monde pour la période étudiée, soit une hausse de 60 % en volume par rapport aux années précédentes.

D’après le rapport, les exportations américaines vers Israël ont connu une forte augmentation, avec 64 % de ses achats d’armement provenant des États-Unis. Vingt-sept pourcents des importations israéliennes ont pour origine l’Allemagne, et 8,9 % l’Italie.

Les importations d’armes par des pays du Moyen-Orient ont, par ailleurs, augmenté de 87 % par rapport à la période 2009-2013, et représentaient 35 % des importations totales d’armes dans le monde ces cinq dernières années.

Pour cette même période, l’Arabie saoudite était l’importateur numéro un, avec une hausse de 192 % par rapport à 2009-2013. Les importations d’armes par Israël se sont, elles, accrues de 354 %. Quant au Qatar, elles ont augmenté de 225 % et de 139 % pour l’Irak. Celles de la Syrie ont baissé de 87 % par rapport à cette période.

L’artillerie de l’armée saoudienne déployée vers le Yémen, à une position proche de la frontière saoudo-yéménite, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite, le 13 avril 2015. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

Le Congrès a récemment fait pression pour que les États-Unis mettent un terme à ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi par des officiels du royaume, sur les ordres possibles du prince Mohammed ben Salmane. Le mois dernier, un comité de la Chambre des Lords britannique a fait savoir que le pays devait également suspendre ses ventes au royaume en raison de la guerre « impensable » qu’il mène au Yémen.

L’auteur du rapport, Pieter Wezeman, a indiqué au quotidien Globes que les exportations d’Israël étaient à destination de toutes les régions du monde, à l’exception du Moyen-Orient.

« Israël exporte des armes à de nombreux pays du monde, » a-t-il rapporté. « La seule région dans laquelle l’industrie de la défense israélienne, avec l’appui du gouvernement, n’opéra pas est le Moyen-Orient, maintenant que ses relations avec la Turquie se sont détériorées. »

L’État juif a déjà été accusé de vendre des armes et des services militaires à des pourfendeurs des droits humains dans le monde pendant des décennies, notamment à l’Afrique du Sud sous apartheid, au Rwanda lors du génocide de 1994 et, plus récemment, au Sud-Soudan, malgré un embargo quasi-universel sur les ventes d’armes en raison de la sanglante guerre civile qui y sévit.

Le pays a également été mis en cause pour avoir approvisionné le Myanmar en « armes avancées, » lors de la campagne d’épuration ethnique des musulmans Rohingya. L’année dernière, le ministère des Affaires étrangères avait reconnu en avoir vendu au pays par le passé, mais avait assuré avoir gelé tout contrat début 2017.

En 2018, le président controversé des Philippines, Rodrigo Duterte, avait dit à son homologue israélien, Reuven Rivlin, que son pays ne se fournirait qu’auprès d’Israël en raison de l’absence de restrictions par l’État juif. Il avait fait savoir qu’il considérait le pays comme un fournisseur alternatif aux États-Unis et à d’autres pays qui ont refusé de lui vendre des armes du fait de ses violations des droits humains.

Également dénoncé pour ne pas respecter les droits humains, le Tchad aurait récemment accepté un réchauffement de ses relations avec Israël à la condition que Jérusalem lui vende des armes.

Les liens entre l’Inde et Israël se sont resserrés ces dernières années, en particulier dans le domaine de la coopération militaire et de la mise au point d’armes, avec des contrats dans le domaine de la défense qui se chiffrent à plusieurs milliards de dollars. L’Inde a annoncé avoir procédé mardi à une « frappe préventive » contre un groupe islamiste basé au Pakistan, provoquant un nouvel accès de fièvre dans les relations entre ces deux puissances nucléaires autour de la région disputée du Cachemire.

L’Azerbaïdjan est considéré comme un allié important de l’État juif étant donné que le pays est frontalier de l’ennemi juré d’Israël, l’Iran. L’année dernière, son président, Ilham Aliyev, avait révélé que Bakou avait acheté pour 5 milliards de dollars d’armes et de systèmes de défense à Jérusalem.

Cette coopération avait valu de nombreuses critiques à l’État hébreu à nouveau pour des problèmes de violations des droits humains. Il s’agit de l’un des rares pays à majorité musulmane avec lequel Israël entretient des relations ouvertement favorables.

An Indian airforce plane fitted with the Israeli IAI/Elta 'Phalcon' AWACS radar system, part of the multi-billion dollar arms trade between the countries. (photo credit: Tsahi Ben-Ami/Flash 90)
Un avion de l’armée de l’air indienne équipé du système radar israélien IAI/Elta ‘Phalcon’ AWACS, dans le cadre d’un accord commercial d’armement de plusieurs milliards de dollars entre les deux pays. (Crédit : Tsahi Ben-Ami/Flash 90)

Les exportations israéliennes dans le secteur de l’armement sont réglementées par une loi adoptée en 2007 qui exige des exportateurs qu’ils prennent en compte pour quoi et où leurs marchandises seront utilisées. Cette législation a pour but d’empêcher les entreprises de vendre des armes en toute connaissance de cause à des pays qui comptent s’en servir pour commettre des atrocités. Cette obligation peut néanmoins être outrepassée pour des questions diplomatiques ou sécuritaires.

Actuellement, la législation israélienne interdit la vente d’armes aux pays soumis à un embargo officiel du Conseil de sécurité de l’ONU. Cependant, de tels embargos sont rares, souvent du fait des vetos opposés par la Chine et de la Russie.

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