Israël affirme que l’AP empêche l’extension de la zone de pêche de Gaza
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Israël affirme que l’AP empêche l’extension de la zone de pêche de Gaza

Les Palestiniens rejettent la demande “irréaliste” du COGAT d’un navire de surveillance au large du territoire dirigé par le Hamas

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des pêcheurs palestiniens au port de la ville de Gaza, le 13 mai 2015. (Crédit : Aaed Tayeh/Flash90)
Des pêcheurs palestiniens au port de la ville de Gaza, le 13 mai 2015. (Crédit : Aaed Tayeh/Flash90)

Israël a accusé l’Autorité palestinienne (AP) d’empêcher l’extension temporaire prévue de la zone de pêche autorisée au large de la bande de Gaza, alors que le projet a été repoussé dimanche pour la troisième fois.

Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), qui dépend du ministère de la Défense, avait annoncé qu’à compter du 1er novembre, il augmenterait la distance que les pêcheurs palestiniens sont autorisés à parcourir depuis la côte, de 11 kilomètres (six milles) à 17 kilomètres (neuf milles) pour deux mois.

Dimanche, Israël a repoussé l’extension pour la troisième fois. Le premier report, le 30 octobre, a été causé par une météo défavorable, et ceux du 3 novembre et de dimanche ont été causés par le « non respect des engagements » des Palestiniens, a déclaré le COGAT.

Bien qu’initialement réticent à annoncer quels engagements l’AP ne tenait pas, le COGAT a déclaré qu’un accord avait été conclu, dans lequel les Palestiniens « auraient un bateau au large de Gaza pour assurer qu’il n’y ait pas de transgressions de la zone de pêche élargie, et pour maintenir l’ordre entre les pêcheurs. »

Des pêcheurs palestiniens assis dans leur barque à proximité du rivage de Rafah, au sud de Gaza ; un bateau de police israélien apparaît au loin, le 26 mars 2014. (Crédit : AFP/Said Khatib)
Des pêcheurs palestiniens assis dans leur barque à proximité du rivage de Rafah, au sud de Gaza ; un bateau de police israélien apparaît au loin, le 26 mars 2014. (Crédit : AFP/Said Khatib)

Mais les Palestiniens n’ont pas encore fourni ce bateau de surveillance, et par conséquent, « l’élargissement est actuellement repoussé », a déclaré le COGAT.

Une telle demande n’était pas présente dans le précédent accord d’extension de la zone de pêche, entre avril et juin de cette année, l’autre saison de la pêche.

Bien que le navire de surveillance, qui doit agir comme un intermédiaire entre la marine israélienne et les pêcheurs palestiniens, n’ait pas été exigé pendant la dernière extension, Israël affirme que son besoin s’est fait sentir pendant cette période.

« En conclusion d’une étude conjointe, basée sur la saison de pêche précédente, menée par les représentants du COGAT, de la marine israélienne et du Comité civil palestinien, et afin d’éviter les infractions des pêcheurs palestiniens, les parties palestiniennes et israéliennes ont toutes deux accepté qu’il y ait un bateau de supervision palestinien, au sein de la zone de pêche, pour permettre l’extension de la zone de pêche de manière sécurisée et optimale. »

Dans un communiqué, Muhammad al-Maqadma, porte-parole de l’administration des affaires civiles palestiniennes, a déclaré que cette demande était une « condition préliminaire irréaliste », et que l’AP ne pouvait pas fournir un tel bateau.

Il n’a pas été précisé comment le COGAT attend de l’AP qu’elle surveille les eaux du large de la côte de la bande de Gaza, alors que son rival, le groupe terroriste du Hamas, dirige l’enclave depuis 2007.

« Israël est prêt à étendre la zone de pêche quand les clauses nécessaires de l’accord seront respectées par la partie palestinienne », a déclaré le COGAT dans un e-mail.

L’extension ne devait s’appliquer que dans la moitié sud de la bande de Gaza.

Selon le COGAT, les deux extensions temporaires devraient accroître le revenu total des pêcheurs d’ « environ un million de shekels » (238 000 euros). Dans un territoire asphyxié économiquement et ravagé par trois guerres entre 2008 et 2014, la pêche fait vivre, pauvrement, environ 4 000 familles, dont la moitié vit sous le seuil de pauvreté.

Israël et l’Egypte maintiennent un blocus sécuritaire du territoire, afin d’empêcher le Hamas, qui a tiré des milliers de roquettes sur Israël, construit des tunnels d’attaques entrant en Israël et mené trois guerres contre l’Etat juif, d’importer des armes supplémentaires.

Dov Lieber et des agences ont contribué à cet article.

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