Israël annonce avoir arrêté un espion iranien en Cisjordanie
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Israël annonce avoir arrêté un espion iranien en Cisjordanie

Le Shin Bet accuse un citoyen jordanien de travailler pour le compte des renseignements iraniens et d'avoir tenté d'établir un réseau d'espionnage et de faire transiter des fonds

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Thaer Shafut, un ressortissant jordanien accusé par Israël d'être un espion iranien le 20 juin 2019. (Crédit : Shin Bet)
Thaer Shafut, un ressortissant jordanien accusé par Israël d'être un espion iranien le 20 juin 2019. (Crédit : Shin Bet)

L’armée israélienne a arrêté plus tôt cette année un ressortissant jordanien qui agirait pour le compte des renseignements iraniens afin d’établir un réseau d’espionnage en Israël et en Cisjordanie, a révélé jeudi le service de sécurité du Shin Bet.

L’homme d’affaires jordanien Thaer Shafut, âgé de 32 ans, a été envoyé en Cisjordanie l’année dernière « pour le compte des renseignements iraniens afin de mener des missions consistant à établir un réseau en Israël et en Cisjordanie, qui serait utilisé pour conduire des opérations pour les Iraniens », a déclaré le Shin Bet.

Selon le service de sécurité, Shafut est entré en territoire israélien à l’été 2018 après avoir reçu des instructions d’agents iraniens arabophones au Liban et en Syrie, qui se sont identifiés comme étant Abu Sadek et Abu Jaffar. Ces échanges ont perduré en 2018 et en 2019.

Il a été demandé à Shafut de créer des liens commerciaux en Israël et en Cisjordanie afin de former une base d’opérations pour les futures actions des renseignements iraniens, a déclaré le Shin Bet.

Il a reçu l’instruction de « recruter des espions qui aideraient à collecter des informations pour les intérêts iraniens », a déclaré le service de sécurité.

Le guide suprême de l’Iran, l’Ayatollah Ali Khameni rencontre à Téhéran le chef du Hamas dans la bande de Gaza, Ismail Haniyeh.(AP)

Selon le Shin Bet, Shafut a aussi été utilisé par les Iraniens afin de faire transiter de l’argent à des agents terroristes en Cisjordanie et en Israël. L’Iran aide à financer des opérations du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, mais aussi du Hamas.

Shafut a été arrêté dans la ville d’Hebron en avril – l’information était interdite de publication par ordre du censeur militaire jusqu’à ce jeudi.

Il a été inculpé le 10 juin par un tribunal militaire de Cisjordanie, accusé d’avoir contacté un agent étranger, d’avoir comploté avec une organisation ennemie et d’avoir tenté de faire entrer des fonds ennemis dans la région.

Selon le Shin Bet, Shafut a maintenu un contact avec les agents iraniens en utilisant un appareil de communication encodé.

Pour établir la base du réseau d’espionnage en Cisjordanie et en Israël, le ressortissant jordanien « devait se rendre en Iran pour terminer son entraînement en tant qu’agent et suivre une formation poussée en espionnage et en renseignement », a déclaré le service de sécurité.

Dans le cadre de ses efforts visant à créer des liens commerciaux avec des Israéliens et des Palestiniens, Shafut avait prévu d’ouvrir une usine en Jordanie qui emploierait des musulmans chiites afin d’agir comme « une base pour des futures activités iraniennes en Israël et en Cisjordanie », selon le Shin Bet.

Le service de sécurité a affirmé que les agents de liaison iraniens de Shafut, Abu Sadek et Abu Jaffar, lui ont annoncé qu’ils se préparaient à investir au départ plus d’un demi-million de dollars dans ces activités « et beaucoup plus à l’avenir, nécessaires pour établir cette base d’opérations ».

Juste avant son arrestation, Shafut avait commencé à entrer en contact avec des Palestiniens en Cisjordanie avec l’objectif d’établir ce réseau d’espionnage, a déclaré le Shin Bet.

La levée de restriction de l’information est intervenue quelques heures après qu’un drone américain avancé a été abattu par un missile sol-air dans ce que l’armée américaine a qualifié d’attaque injustifiée sur un appareil américain de surveillance dans l’espace aérien international.

Jeudi, l’abattage du drone était le dernier épisode d’une série d’escalades entre les Etats-Unis et l’Iran au cours des dernières semaines, suite au retrait du président américain Donald Trump de l’accord sur le nucléaire iranien l’année dernière et aux plus récentes actions de la République islamique – notamment l’enrichissement de matériaux nucléaires, mais aussi les attaques sur des installations et des tankers de pétrole au Moyen-Orient. Washington a accusé l’Iran d’être derrière ces attaques, ce que Téhéran a nié.

Tous ces éléments ont renforcé les craintes d’un regain supplémentaire des tensions qui pourraient conduire les Etats-Unis et l’Iran vers un conflit ouvert, environ 40 ans après la Révolution islamique iranienne.

Les agences ont contribué à cet article.

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