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Israël et la Jordanie signent un accord pour réhabiliter le fleuve Jourdain

La restauration du Jourdain est un objectif important en raison de sa valeur écologique, de son patrimoine historique et religieux et de son importance en tant que site touristique

Photo aérienne de l'estuaire du fleuve Jourdain lorsqu'il rejoint la mer Morte près de Karkom, dans le nord d'Israël. (Crédit : In AP Photo/Oded Balilty)
Photo aérienne de l'estuaire du fleuve Jourdain lorsqu'il rejoint la mer Morte près de Karkom, dans le nord d'Israël. (Crédit : In AP Photo/Oded Balilty)

Israël et la Jordanie ont annoncé jeudi avoir signé un accord pour nettoyer et restaurer le débit du fleuve frontalier Jourdain, dont le niveau baisse en raison de la pollution et du dérèglement climatique.

Une déclaration d’intention a été signée entre la ministre israélienne de l’Environnement, Tamar Zandberg, et le ministre jordanien de l’Eau et de l’Irrigation, Mohammad al-Najjar, en marge de la COP27 se tenant à Charm el-Cheikh en Egypte.

« Cet accord démontre le désir d’une coopération dans le domaine de l’environnement entre Israël et la Jordanie, (…) qui doivent oeuvrer ensemble (…) surtout face aux changements climatiques mondiaux et régionaux qui nous menacent tous », a affirmé la ministre israélienne.

Le ministère de l’Eau de la Jordanie, l’un des pays les plus pauvres au monde en eau, a dit espérer que l’accord contribuerait à fournir « davantage d’eau pour les habitants sur chaque rive du fleuve, dont les Palestiniens », d’après un communiqué publié par l’agence officielle Petra.

D’après les experts, la Jordanie connaît une des plus graves sécheresses de son histoire et le pire est à venir. Les précipitations pourraient chuter de quasiment un tiers d’ici 2100, tandis que la température moyenne augmenterait de quelque 4,5 degrés.

« La restauration et la protection du Jourdain contre la pollution sont particulièrement importantes compte tenu de la diminution des pluies et de la quantité d’eau naturelle disponible dans le fleuve, ce qui crée une grave crise écologique dans la région », a estimé le ministère israélien de l’Environnement.

D’après l’ONG régionale Ecopeace, le débit du fleuve Jourdain est passé de 1,3 milliard de mètres cubes à 30 millions en l’espace de 50 ans.

Le co-directeur israélien d’EcoPeace Gidon Bromberg à Naharayim, dans le nord d’Israël, le 12 juin 2019. (Autorisation : EcoPeace)

« La restauration du fleuve Jourdain est une mesure essentielle d’adaptation au climat qui peut contribuer à ramener 50 % de la biodiversité perdue du fait de dizaines d’années de pollution et de déviation des eaux », a-t-elle dit jeudi.

« Le défi est maintenant de trouver les financements nécessaires de la communauté internationale, surtout pour que les Jordaniens et les Palestiniens construisent des usines de traitement des eaux usées et des systèmes pour sortir les eaux usées du fleuve », a affirmé à l’AFP le directeur de l’organisation, Gidon Bromberg.

Israël et la Jordanie ont signé un traité de paix en 1994.

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