Israël « gèle » son aide humanitaire durant l’offensive d’Assad – une première
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Israël « gèle » son aide humanitaire durant l’offensive d’Assad – une première

L'Opération Bon Voisin serait suspendue alors que les forces du régime achèvent la prise de la zone aux mains des groupes rebelles

Une photo prise le 4 juillet 2018 depuis le plateau du Golan montre des Syriens déplacés de la province de Daraa qui organisent une manifestation (en haut à gauche) pour demander une protection internationale, dans le village syrien d'al-Rafid, près de la barrière frontalière avec Israël. (AFP/Jalaa Marey)
Une photo prise le 4 juillet 2018 depuis le plateau du Golan montre des Syriens déplacés de la province de Daraa qui organisent une manifestation (en haut à gauche) pour demander une protection internationale, dans le village syrien d'al-Rafid, près de la barrière frontalière avec Israël. (AFP/Jalaa Marey)

Israël aurait interrompu son opération massive de secours humanitaire à multiples facettes, qui offre aux Syriens des secours de première nécessité, en fermant sa frontière aux civils en fuite à la recherche de soins médicaux, alors que les forces gouvernementales syriennes achèvent de prendre le contrôle de la zone limitrophe du plateau du Golan d’Israël aux mains des groupes rebelles.

C’est la première fois que la frontière sera complètement fermée aux civils syriens depuis le lancement de l’Opération Bon Voisin il y a cinq ans, a rapporté la Dixième chaîne d’information lundi soir.

Les responsables ont toutefois souligné que le programme n’a pas été définitivement interrompu mais seulement « gelé » jusqu’à ce que l’issue de l’offensive du gouvernement syrien soit clairement établie.

L’État juif a traité des milliers de personnes dans des hôpitaux de campagne à la frontière et dans des hôpitaux publics, principalement dans le nord d’Israël, depuis 2013.

Depuis 2016, dans le cadre de l’Opération Bon Voisin, plus de 600 enfants syriens, accompagnés de leur mère, sont venus en Israël pour se faire soigner. Des centaines de tonnes de nourriture, d’équipement médical et de vêtements ont également été acheminées de l’autre côté de la frontière syrienne.

Des soldats de Tsahal donnent de l’eau aux secouristes de l’organisation « Casques Blancs » et à leurs familles, qu’Israël a acheminés de Syrie en Jordanie, alors qu’ils fuyaient le régime d’Assad, le 22 juillet 2018. (Armée israélienne)

Plus tôt ce mois-ci, l’armée israélienne a évacué des centaines de sauveteurs syriens des « Casques blancs » et leurs familles vers la Jordanie en passant par Israël, à la demande des pays occidentaux.

L’armée israélienne a déclaré qu’elle avait entrepris un geste « hors du commun » en raison du « risque immédiat » pour la vie des civils, alors que les forces du régime soutenues par la Russie s’approchaient de la zone. Elle a souligné qu’elle n’intervenait pas dans les combats en cours en Syrie.

Lundi, le gouvernement syrien a repris le contrôle de la frontière avec le plateau du Golan israélien pour la première fois en sept ans, après que les combattants liés à l’État islamique ont cédé leur dernière poche de territoire dans la région.

Cette avancée, relayée par les médias d’Etat et une ONG de surveillance de la guerre liée à l’opposition, vient conclure une campagne sanglante de six semaines de reconquête du sud-ouest du pays.

De son côté, Israël aurait demandé à la Russie de veiller à ce que les forces gouvernementales syriennes ne fassent pas de blessés ou de victimes parmi les civils pendant les combats.

Les rebelles se sont emparés de la région le long du plateau du Golan après qu’un soulèvement populaire a éclaté contre le président syrien Bashar el-Assad en 2011.

Une organisation liée à l’Etat islamique, connue sous le nom de Khaled bin Al-Waleed Army, s’est ensuite emparée de la zone aux mains des combattants de l’opposition.

Une photo prise le 26 juillet 2018, près du kibboutz Ein Zivan sur les hauteurs du Golan israélien, montre de la fumée s’élevant au-dessus des bâtiments de l’autre côté de la frontière syrienne lors de frappes aériennes soutenant une offensive menée par le gouvernement dans la province de Quneitra, au sud du pays. (AFP Photo/Jack Guez)

Israël a pris le contrôle de 1 200 kilomètres carrés du Golan à la Syrie pendant la guerre des Six Jours de 1967 et l’a annexé par la suite, ce qui n’a jamais été reconnu par la communauté internationale.

La région est stratégiquement importante pour la Syrie parce qu’elle contrôle également une voie de communication essentielle entre la frontière jordanienne et la capitale, Damas.

Les forces de maintien de la paix des Nations unies se sont déployées pour la première fois le long de la frontière en 1974 pour séparer les forces syriennes et israéliennes.

Un char Merkava israélien, prend position à la frontière entre Israël et la Syrie, sur le plateau du Golan, le 20 juillet 2018. (AFP Photo/Jalaa Marey)

Tout en se tenant en marge de la guerre civile syrienne, Israël a déclaré qu’il ne permettrait pas à l’Iran ou à l’organisation terroriste libanaise Hezbollah de mettre en place une présence militaire permanente près de la frontière. Tous deux sont alliés à Assad et ont fourni un soutien militaire crucial à ses forces.

Lundi, l’ambassadeur de Russie en Israël a déclaré dans une interview que son pays ne peut pas obliger les forces iraniennes à se retirer de Syrie, malgré les appels d’Israël en ce sens.

S’adressant à la Dixième chaîne, Anatoly Viktorov a déclaré que les Iraniens « jouent un rôle très, très important dans nos efforts communs et conjoints pour éliminer les terroristes en Syrie ».

« La présence iranienne en Syrie… est tout à fait légitime selon les principes de l’ONU et la Charte des Nations Unies », a-t-il ajouté.

Viktorov a ajouté que la Russie peut demander à ses « amis iraniens » un retrait total de la Syrie, comme Israël l’exige, mais « nous ne pouvons pas les y forcer ».

Il n’a pas non plus confirmé la déclaration des autorités israéliennes selon laquelle Moscou a proposé de maintenir l’Iran à une distance de 100 kilomètres de la frontière, bien qu’il ait laissé entendre que la Russie ne s’opposera pas à la poursuite des frappes aériennes israéliennes sur les bases iraniennes dans le pays, a déclaré la Dixième chaîne de télévision.

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