Israël, intense sujet de campagne avant le vote dans 3 grands états
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Israël, intense sujet de campagne avant le vote dans 3 grands états

Le favori républicain Donald Trump est critiqué par ses opposants pour avoir dit qu’il serait un intermédiaire neutre dans le processus de paix au Moyen Orient

Le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump s'adresse à ses partisans pendant un meeting au centre de convention de Tampa, en Floride, le 14 mars 2016. (Crédit : Brian Blanco/Getty Images/AFP)
Le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump s'adresse à ses partisans pendant un meeting au centre de convention de Tampa, en Floride, le 14 mars 2016. (Crédit : Brian Blanco/Getty Images/AFP)

WASHINGTON (JTA) – Israël a évidemment émergé comme un sujet de la campagne présidentielle avant les élections primaires mardi dans cinq états, dont trois – l’Ohio, l’Illinois et la Floride – ont d’importantes communautés juives.

Israël a été le sujet d’un échange houleux pendant le débat républicain la semaine dernière à Miami. Le favori Donald Trump a été critiqué par ses opposants pour avoir déclaré qu’il serait un intermédiaire neutre de la paix israélo-palestinienne.

Trump a défendu sa position en la qualifiant d’essentielle pour conclure un accord de paix entre Israël et les Palestiniens, mais ses trois rivaux restants pour la nomination républicaine ont déclaré qu’ils se tiendraient aux côtés d’Israël et qu’aucun accord de paix n’était possible.

« La politique que Donald a souligné, je ne sais pas s’il le réalise, est une politique anti-israélienne, » a déclaré pendant le débat Marco Rubio, le sénateur de Floride qui a désespérément besoin d’une victoire dans son état. « Peut-être n’est-ce pas votre intention, mais voici pourquoi c’est une politique anti-israélienne : il n’y a pas d’accord de paix possible avec les Palestiniens à présent. »

Le magnat de l’immobilier a paré sa critique en soulignant son amour pour Israël et sa fille Ivanka Trump, qui s’est convertie au judaïsme quand elle a épousé Jared Kushner, l’héritier d’une autre famille de l’immobilier.

Trump a déclaré qu’il n’y avait personne « sur cette scène qui soit plus pro-Israël que je le suis », citant son rôle de grand maréchal dans la parade de salut à Israël en 2004 à New York, ce qui a déclenché des rires dans le public. Et il a défendu sa promesse de neutralité, déclarant qu’il était essentiel de conclure un accord de paix.

« Si j’y vais, je dirais que je suis pro-Israël et j’ai dit ça à tout le monde et tout le monde qui écoutait, a déclaré Trump. Mais j’aimerais au moins que l’autre partie pense que je suis quelque part neutre envers eux, pour que nous puissions peut-être conclure un accord. »

Le candidat présidentiel républicain, le sénateur Marco Rubio (R-FL) lors de son discours au Republican Jewish Coalition au Ronald Reagan Building, le 3 décembre 2015, a Washington (Crédit :  Alex Wong / Getty Images / AFP)
Le candidat présidentiel républicain, le sénateur Marco Rubio (R-FL) lors de son discours au Republican Jewish Coalition au Ronald Reagan Building, le 3 décembre 2015, a Washington (Crédit : Alex Wong / Getty Images / AFP)

La discussion sur Israël était l’une des plus longues de tous les débats républicains de la saison, et elle a continué même après la conclusion du débat.

La campagne de Rubio a envoyé un e-mail juste après avec en sujet « Trump n’est pas un allié d’Israël ». Le lendemain, entouré par des soutiens juifs importants – y compris Adam Hasner, un proche collègue de Rubio quand ils étaient tous les deux à la législature de l’état de Floride, et Dan Senor, un vétéran de l’administration de George W. Bush – Rubio a ciblé Trump pendant qu’il était présent à la synagogue de West Palm Beach.

Marco Rubio s'exprime lors d'une conférence de presse au sujet d'Israël, le 11 mars 2016 à West Palm Beach en Floride (Crédit : AFP / RHONA WISE)
Marco Rubio s’exprime lors d’une conférence de presse au sujet d’Israël, le 11 mars 2016 à West Palm Beach en Floride (Crédit : AFP / RHONA WISE)

« Nous élisons le prochain commandant en chef, et quand celui qui mène dans les sondages ne veut pas prendre parti, imaginez s’il est président ? » a déclaré vendredi Rubio à la synagogue Beth El.

« Pour les personnes de la communauté orthodoxe, et plus largement dans la communauté pro-Israël, qui a une opinion qu’elles sont malheureuses avec l’administration Obama parce que l’approche d’Obama a été plus neutre, Trump parlant dans ces termes n’est pas rassurant, » a déclaré Nathan Diament, le directeur de Washington de l’union orthodoxe.

Dimanche, le gouverneur de l’Ohio John Kasich, qui a également besoin de gagner mardi dans son état, a remarquablement modifié sa position sur un sujet crucial lié à Israël, déclarant sur le réseau de Fox News qu’il était maintenant favorable à la suspension de l’accord iranien.

Jusqu’à présent Kasich, comme Trump, avait déclaré que l’accord était mauvais, mais qu’il consulterait d’abord des experts avant de le suspendre. Kasich a déclaré qu’il avait changé d’avis avec les récents tests de missiles balistiques de l’Iran.

Ted Cruz (Crédit : US government/domaine public)
Ted Cruz (Crédit : US government/domaine public)

Ted Cruz, le dernier des quatre candidats restants pour la nomination républicaine, a porté son message pro-Israël aux électeurs via les réseaux sociaux, a déclaré à JTA un officiel de sa campagne, leur rappelant son activisme pro-Israël au Sénat.

Les soutiens juifs de Cruz ont appelé les électeurs juifs dont les noms ont été récupérés sur les listes de membres des synagogues et ont fait des apparitions à des événements d’électeurs juifs dans le sud de la Floride.

Hillary Clinton, la favorite de l’élection démocrate, a également touché les électeurs juifs avant la primaire de Floride. Mais son message n’a pas tellement souligné ses différences avec Bernie Sanders, le sénateur juif indépendant du Vermont qui a représenté un défi surprenant et compliqué pour la nomination du candidat à l’investiture démocrate. Clinton a évoqué la menace que Trump pose à Israël.

Sarah Bard, la directrice nationale juive de terrain de Clinton, a déclaré que la rhétorique incendiaire de Trump avait aidé ses efforts pour mobiliser des volontaires de campagne.

« Là où nous avions du mal à pousser les volontaires à passer la porte, il a aidé à faciliter notre travail », a déclaré Bard.

Hillary Clinton interviewée par Lena Dunham pour LennyLetter.com, en septembre 2015. (Crédit : capture d'écran Politico)
Hillary Clinton interviewée par Lena Dunham pour LennyLetter.com, en septembre 2015. (Crédit : capture d’écran Politico)

Clinton a mené dans les sondages en Floride, mais après le bouleversement de la semaine dernière dans le Michigan, elle ne laisse rien au hasard ou à la chance.

Le représentant Ted Deutch (démocrate, Floride), un soutien de Clinton et le démocrate le plus haut placé de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine, a eu lundi une conférence téléphonique avec des centaines de rabbins dans le pays.

Le représentant Steve Israel (démocrate, New York), s’est entretenu lundi avec les étudiants juifs de l’université Florida Atlantic au nom de Clinton. Et la sénatrice Barbara Boxer (démocrate, Californie), a eu dimanche un appel avec les dirigeants juifs organisés par la campagne Clinton.

Un autre substitut de Clinton, Robert Wexler, ancien représentant au Congrès de la Floride, a prévenu dans un éditorial publié ce week-end par le journal Sun-Sentinel de l’état que ni Sanders ni Trump n’avaient la compréhension nécessaire pour gérer le Moyen Orient, bien qu’il n’ait nommé aucun des candidats.

Aucun candidat ne comprend « les nuances et les sensibilités du Moyen Orient aussi bien que l’ancienne secrétaire d’Etat », a écrit Wexler.

« Regardez simplement les positions que nous avons entendu dernièrement dans la campagne, avec un candidat disant qu’il serait ‘neutre’ concernant Israël et un autre appelant à ‘normaliser’ les relations avec l’Iran. Les deux positions sont naïves, trahissent un manque de compréhension en général et à propos du Moyen Orient en particulier. »

Le sénateur du Vermont Bernie Sanders, candidat à l'investiture du parti démocrate pour l'élection présidentielle . (Crédit : Facebook)
Le sénateur du Vermont Bernie Sanders, candidat à l’investiture du parti démocrate pour l’élection présidentielle . (Crédit : Facebook)

Sanders a appelé à la normalisation des relations avec l’Iran à la suite de l’accord nucléaire iranien conclu l’année dernière.

Deutch a déclaré dans son discours aux électeurs juifs qu’il contrait la « neutralité » de Trump avec le bilan de Clinton.

« Après avoir entendu les commentaires que Donald Trump a fait, j’ai trouvé que, avec le soutien fort à Israël de la secrétaire Clinton, sa position très claire que les Etats-Unis, à la fois pendant ses discours et pendant les débats, que les Etats-Unis se tiendront aux côtés d’Israël, ils ont trouvé cela très rassurant », a-t-il déclaré.

Trump a des soutiens juifs. Le philanthrope Jacob « Hank » Sopher a acheté une pleine page de publicité dans le Miami Herald de dimanche appelant à un soutien juif pour Trump, le qualifiant d’ « homme d’intégrité, un ami du peuple juif, un ami d’Israël ».

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