Israël lève ses sanctions contre la bande de Gaza après 3 jours sans roquettes
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Israël lève ses sanctions contre la bande de Gaza après 3 jours sans roquettes

La zone de pêche a été étendue à 15 milles nautiques, 2 000 laissez-passer ont été délivrés, et ce, malgré la poursuite des lancers de ballons flanqués d'explosifs

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les bateaux des pêcheurs palestiniens dans le port de Gaza à Gaza City, le 13 juin 2019 (Crédit : AP/Hatem Moussa)
Les bateaux des pêcheurs palestiniens dans le port de Gaza à Gaza City, le 13 juin 2019 (Crédit : AP/Hatem Moussa)

Israël a annulé mardi des mesures punitives imposées à la bande de Gaza à la suite de tirs de roquettes et de lancements de ballons incendiaires vers l’État hébreu à partir de l’enclave palestinienne.

« Compte tenu du calme relatif autour de Gaza ces derniers jours et de l’arrêt de lancers de ballons explosifs, il a été décidé (…) de rétablir les mesures civiles qui avaient été interrompues le week-end dernier », a annoncé le Cogat, l’organisme du ministère israélien de la Défense chargé des activités civiles dans les Territoires palestiniens.

Le 5 février, l’armée a réduit la zone de pêche à 10 milles nautiques et annulé la délivrance de quelque 500 permis autorisant des hommes d’affaires à sortir de Gaza, après des semaines de tirs de roquettes fréquents et de lancements de dispositifs explosifs depuis la bande de Gaza.

« Tant que le calme sera maintenu, Israël va étendre la zone de pêche à 15 milles nautiques demain et accordera 2 000 nouveaux permis (d’entrer en Israël) pour les habitants de Gaza », détaille le communiqué.

S’il n’y a eu aucune attaque de roquette depuis samedi soir, les bombes aéroportées ont continué à franchir la frontière quotidiennement, notamment l’ogive d’une grenade censée être propulsée par une roquette, retrouvée dans la communauté d’Alumim, aux abords de Gaza mardi.

Pourtant, dans son communiqué, Kamil Abu Rukun, le porte-parole du Cogat, a affirmé que ce type d’attaque avait cessé.

L’ogive d’une grenade propulsée par une roquette, qui semble avoir été lancée dans le sud d’Israël depuis la bande de Gaza, à l’extérieur de la communauté d’Alumim le 18 février 2020. (Autorisation)

Il a précisé que l’extension de la zone de pêche et la délivrance de laissez-passer – la plus conséquente de ces dernières années – ne se poursuivra que si le calme est maintenu.

« Tant que le calme sera maintenu, Israël agira en conséquence », a-t-il dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé mardi que l’armée préparait une « grosse surprise » pour le Hamas si le groupe terroriste ne parvenait pas à maîtriser la violence visant le sud d’Israël, alors que des informations indiquent qu’Israël envisage l’élimination de deux hauts dirigeants du Hamas.

Dans une interview pré-électorale avec la radio de l’armée, M. Netanyahu a déclaré : « Le Hamas et les autres organisations terroristes telles que le Jihad islamique, dont nous avons éliminé le commandant [Baha Abu al-Ata] il y a quelques semaines, doivent comprendre que soit le calme est total et ils maîtrisent les factions rebelles – leur tirer dans les genoux est le meilleur moyen – soit nous n’aurons d’autre choix que de lancer nos opérations. Je ne peux pas dévoiler de quoi il s’agit, mais je peux dire que ce sera une grosse surprise. ».

Le Premier ministre a assuré qu’il ne soumettrait aucune décision sur Gaza à des « calendriers politiques », à moins de deux semaines des élections du 2 mars, ajoutant qu’il « choisirait le bon moment pour agir ».

Le leader du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, au centre, scande des slogans avec des manifestants durant sa visite à la frontière avec la bande de Gaza, le 20 avril 2018 (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Par ailleurs, le site web panarabe Al-Araby Al-Jadeed, basé à Londres, a rapporté mardi qu’une délégation des services de renseignement égyptiens qui s’est rendue dans la bande de Gaza l’a fait après avoir reçu des informations selon lesquelles Israël prévoyait d’éliminer deux personnalités importantes du Hamas.

Le site web indique avoir été informé par des sources que le Caire avait persuadé Israël de suspendre la décision d’assassiner Yahya Sinwar, le chef du Hamas dans la bande de Gaza, et Marwan Issa, le chef de sa branche armée, les Brigades Ezzedine al-Qassam.

Jeudi dernier, Israël avait annoncé  la fin des sanctions de rétorsion mises en place contre les Palestiniens dans la bande de Gaza, le Hamas ayant
« envoyé des messages à Israël pour dire qu’il avait décidé unilatéralement d’arrêter de lancer des ballons et des roquettes sur Israël ».

Deux jours plus tard, deux roquettes ont été tirées vers le kibboutz Kissoufim, à l’est de la frontière avec Gaza, dans la région d’Eshkol. Elles ont atterri dans un champ ouvert.

L’armée a ultérieurement annoncé qu’elle avait annulé la délivrance des 500 laissez-passer et l’augmentation de la zone de pêche.

La zone sud a connu des semaines de tension et de troubles le long de la frontière de Gaza, avec des dizaines d’engins explosifs et incendiaires lancés chaque jour dans certains cas, ainsi que des tirs de roquettes et de mortiers depuis l’enclave palestinienne.

Les avancées potentielles des négociations entre l’État juif et le groupe terroriste ont eu lieu après l’intervention, la semaine dernière, de l’armée israélienne et des Nations unies qui ont envoyé des délégations lundi et mercredi respectivement, selon des informations égyptiennes.

Le journal pro-Hezbollah Al-Akhbar a ainsi clamé, reprenant les propos d’un responsable du Hamas qui n’a pas été identifié, que le nombre de ballons envoyés ne diminuerait qu’une fois qu’Israël aura apporté une réponse aux exigences du groupe.

Des ballons transportent un dispositif incendiaire après avoir été lancés depuis le camp de réfugiés de Bureij, à Gaza, le long de la clôture entre Israël et Gaza, le 10 février 2020. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Les sources ont indiqué au quotidien que le message de Netanyahu, que la délégation égyptienne a reçu dimanche à Tel-Aviv des mains des responsables de la sécurité israélienne, clamait qu’Israël « porterait un coup majeur au Hamas avec une couverture américaine et internationale » si le calme ne revenait pas.

Aucun Israélien n’a été directement blessé par la dernière série de tirs de roquettes et de ballons explosifs. Mais certains ont évoqué leurs craintes faces aux troubles psychologiques engendrés par cet épisode de tensions et violences prolongé.

Des soldats israéliens dans le sud d’Israël, avec leur artillerie, près de la frontière avec la bande de Gaza, le 13 novembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En représailles à ces agressions, l’armée israélienne a lancé des opérations aériennes contre des cibles du Hamas au sein de l’enclave côtière, qui n’ont pas fait de blessés du côté palestinien.

Néanmoins, le mois dernier, un groupe de trois Palestiniens armés d’explosifs avaient traversé la clôture de sécurité séparant l’État juif de Gaza et attaqué un groupe de soldats israéliens qui avaient ouvert le feu – tuant les trois assaillants.

Les responsables israéliens de la Défense estiment que le groupe terroriste du Hamas tente de renforcer les pressions sur Israël pour obtenir davantage de concessions dans les négociations de cessez-le-feu.

Les craintes d’une escalade de la violence à Gaza et en Cisjordanie se sont également accrues ces dernières semaines à la suite de la publication le mois dernier du plan de paix américain qui est considéré comme favorisant fortement Israël et que les dirigeants palestiniens ont rejeté.

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.

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