Israël n’a pas atteint l’immunité de groupe, avertit Nachman Ash
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Israël n’a pas atteint l’immunité de groupe, avertit Nachman Ash

Le professeur a vivement recommandé aux Israéliens de se montrer vigilants et de continuer à porter le masque dans les espaces clos et dans les endroits bondés

Le tsar du coronavirus Nachman Ash à l'aéroport Ben Gurion le 1er mars 2021. (Tomer Neuberg / Flash90)
Le tsar du coronavirus Nachman Ash à l'aéroport Ben Gurion le 1er mars 2021. (Tomer Neuberg / Flash90)

Le responsable de la lutte contre le coronavirus en Israël Nachman Ash a déclaré samedi que malgré les suggestions laissant penser le contraire, l’État juif n’avait pas atteint l’immunité de groupe. Il a exprimé sa préoccupation face au « variant indien » qui a été découvert dans le pays.

S’exprimant samedi pendant un panel télévisé, Ash a estimé que même si plus de cinq millions de personnes, en Israël, avaient d’ores et déjà reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19 et que presque un autre million de citoyens ont guéri de la maladie, « ce n’est pas suffisant ».

« Nous devons atteindre un niveau où 75 % de la population a été vaccinée ou a guéri pour atteindre l’immunité de groupe, mais il faut tout de même dire que nous avons aujourd’hui des données qui indiquent tout de même une faible morbidité », a expliqué Ash.

Les derniers chiffres du ministère de la Santé montrent que de nouveaux cas de coronavirus ont été diagnostiqués vendredi, ce qui représente seulement 0,7 % des 14 182 échantillons testés. Il y a 2 680 cas actifs de virus et le bilan meurtrier, depuis le début de la pandémie, est de
6 315 personnes. Le ministère a aussi dit que 5 341 887 ont reçu au moins une dose de vaccin et que 4 665 696 ont reçu les deux doses nécessaires.

En réponse au projet d’abandonner l’obligation du port du masque à l’extérieur et de rouvrir entièrement les écoles dès dimanche, Ash a vivement recommandé aux Israéliens de continuer à porter le masque à l’intérieur – et même à l’extérieur dans les endroits bondés.

Des Israéliens portent un masque de protection à Tel Aviv, le 7 avril 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

« C’est vrai, le risque d’infection à l’extérieur n’est pas important. Le plus important, c’est d’avoir un masque en permanence dans votre poche et de le mettre à chaque fois que vous pénétrez dans un endroit fermé ou bondé », a-t-il dit sur la Douzième chaîne.

Ash a également noté que l’identification d’un « variant indien », détecté chez certains nouveaux arrivants en Israël depuis l’étranger était une source d’inquiétude, la mutation affichant « de mauvais signes ».

Le ministère de la Santé a déclaré vendredi que cette souche avait été retrouvée chez sept voyageurs non-vaccinés revenus sur le territoire depuis l’étranger, sans préciser leur provenance exacte.

La majorité des cas ont été identifiés par le biais de tests menés à l’aéroport Ben-Gurion, tandis que les autres ont été détectés lorsque les passagers étaient encore placés en quatorzaine, a expliqué Ash. Il a ajouté que ce nouveau variant restait encore mystérieux sous de nombreux aspects mais qu’il semblait se propager vite.

Des assistants médicaux testent des passagers pour le COVID-19 à l’aéroport international Ben Gurion près de Tel Aviv, le 8 mars 2021. (Flash90)

« Cette mutation… montre de mauvais signes. Nous comparons nos conclusions obtenues dans le séquençage génétique à ce que nous savons déjà et il y a certaines indications qui laissent penser qu’il pourrait se montrer résistant au vaccin », a dit Ash, qui a toutefois rapidement ajouté que jusqu’à présent, le vaccin Pfizer avait su résister aux mutations connues.

L’Inde a confirmé la présence de ce nouveau variant, potentiellement important, du coronavirus, qui présente deux mutations de la protéine Spike que le virus utilise pour entrer dans les cellules. Le docteur Rakesh Mishra, à la tête du Centre de biologie cellulaire et moléculaire, a déclaré le mois dernier que cette modification génétique pouvait être préoccupante dans la mesure où elle pourrait aider le virus à se propager plus facilement, échappant ainsi au système immunitaire.

L’Inde se bat actuellement contre une recrudescence importante du nombre d’infections et les experts soupçonnent que la présence sur le territoire de variants plus infectieux – dont celui qui a été détecté dans le pays – pourrait être à l’origine du phénomène.

Le virus n’a cessé de muter au cours de la pandémie. Certaines mutations sont anodines mais les scientifiques enquêtent pour déterminer celles qui permettent au virus de se répandre plus rapidement, ou qui entraînent des versions plus graves de la maladie.

Les trois variants qui ont été détectés en Afrique du sud, en Grande-Bretagne et au Brésil sont considérés comme les plus inquiétants. Celui qui s’est le plus répandu est aussi le plus contagieux – il s’agit du variant anglais, qui est apparu l’année dernière. C’est lui qui aurait été responsable de la gravité de la troisième vague de l’épidémie qui s’est abattue au sein de l’État juif, au début de l’année.

Des passagers font la queue pour se faire vacciner contre la COVID-19 à Mumbai, en Inde, le 8 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Rafiq Maqbool)

Dans un rapport publié la semaine dernière, le ministère de la Santé avait désigné plusieurs pays où, selon lui, pourraient apparaître des souches de coronavirus susceptibles de montrer une plus grande résistance à la vaccination. Le rapport n’avait pas mentionné l’Inde.

Samedi, en début de matinée, le directeur-général du ministère de la Santé, Chezy Levy, a reconnu le nombre de cas en chute dans un entretien accordé à la chaîne publique Kan. Il a toutefois vivement recommandé aux Israéliens de se montrer toujours vigilants face à la maladie.

« Il y a une baisse immense de la morbidité mais, à mon avis, il faut porter un masque quand les gens se trouvent agglutinés à un endroit », a-t-il déclaré. « Nous devons nous comporter correctement si nous ne voulons pas saborder les progrès qui ont été réalisés sur le territoire ».

Levy a déploré la non-vaccination, dans le pays, de 20 % des enseignants, ajoutant qu’alors que les enfants en-dessous de l’âge de 16 ans sont dans l’incapacité de se faire immuniser, « nous prenons aussi des risques ici ». Levy a prédit que la vaccination des adolescents de 12 à 15 ans commencerait le mois prochain.

Dimanche, tous les élèves – de la crèche jusqu’à la Terminale – reprennent les cours en présentiel, sans exigence d’apprentissage en petits groupes. L’obligation de la mise en place de « capsules » respectueuses de la distanciation sociale concernait encore jusqu’à présent les classes de CM2 à la Seconde. Les élèves devront porter le masque dans les espaces clos mais ils pourront l’enlever pendant les cours de gym et aux interclasses.

Vaccination contre la COVID-19, dans un centre médical Clalit pour la vaccination à Rehovot, le 4 janvier 2021. (Yossi Aloni/Flash90)

Après avoir subi une troisième vague de la pandémie, la situation en Israël s’est rapidement améliorée ces derniers mois grâce à une campagne de vaccination unique au monde. Plus de la moitié de la population est pleinement immunisée contre la COVID-19 au sein de l’État juif, et les résultats indiquent depuis une baisse du nombre de cas quotidiens et des cas graves sans précédent depuis de longs mois.

Dans le cadre de cette campagne réussie et rapide, Israël a allégé ses restrictions induites par la lutte contre la COVID-19 en rouvrant les commerces, les salles de réception et autres activités.

Ash a déclaré que l’économie pourrait rouvrir en totalité le mois prochain en l’absence d’une nouvelle hausse des contaminations.

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