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Israël peut optimiser ses excédents alimentaires – étude internationale

Le Global Food Donation Policy Atlas recommande exonérations fiscales et aide législative pour un meilleur traitement des 2,6 M de tonnes de nourriture perdues ou gaspillées par an

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Une femme vérifie l'addition dans un supermarché. (Crédit: M Stock/iStock photos/Getty Images)
Une femme vérifie l'addition dans un supermarché. (Crédit: M Stock/iStock photos/Getty Images)

Une étude internationale sur les différentes législations en matière de dons de denrées alimentaires dans plusieurs pays a dressé une liste de recommandations à l’intention d’Israël, qui comprend la définition d’un objectif national de réduction des déchets alimentaires de 50 % d’ici à 2030, l’adoption d’une loi prévoyant que les excédents alimentaires soient donnés plutôt que recyclés (compostés) dans la mesure du possible, et l’imposition d’une taxe sur les restes de nourriture envoyés à la décharge.

L’étude préconise également des campagnes d’éducation du public pour expliquer les lois déjà en place relatives aux dons de nourriture et à la sécurité alimentaire, et pour clarifier la différence entre les deux types d’étiquettes de date de péremption apposées sur les produits alimentaires.

Lors de la cérémonie de présentation de l’étude qui s’est tenue mardi au centre logistique de Leket, une organisation qui lutte contre l’insécurité alimentaire, située dans le centre d’Israël, la ministre de l’Environnement, Idit Silman, a annoncé que son ministère allait constituer une équipe interministérielle qui soumettrait au gouvernement un plan national visant à réduire le gaspillage alimentaire.

L’étude, la première du genre, réalisée conjointement par la Harvard Law School Food Law and Policy Clinic et le Global FoodBanking Network, a permis l’élaboration du Global Food Donation Policy Atlas, un Atlas mondial des politiques de don alimentaire, qui dresse la carte des lois et des politiques en vigueur dans les 23 pays, plus l’Union européenne, qui y ont participé jusqu’à présent.

Selon les auteurs de l’étude, quelque 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont perdues ou gaspillées chaque année dans le monde. Parallèlement à cela, entre 720 et 811 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde.

L’étude révèle qu’Israël est bien placé au niveau international en ce qui concerne l’accessibilité financière, la disponibilité et la sécurité des aliments.

Mais il se situe en dessous de la moyenne mondiale, avec 19 % de sa population en situation d’insécurité alimentaire. La moyenne mondiale n’est pas indiquée dans le rapport.

L’insécurité alimentaire a été définie comme l’incapacité à assurer un approvisionnement régulier en nourriture contenant tous les éléments nutritionnels nécessaires au bon développement et à la santé.

Un homme âgé cherche parmi les ordures près du marché alimentaire dans la ville du centre d’Israël de Petah Tikva, le 24 juin 2015. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Si elle peut conduire à la malnutrition, ce n’est pas la même chose. L’insécurité alimentaire est en réalité l’une des principales causes de l’obésité et est étroitement liée à diverses maladies et à une plus grande vulnérabilité à ces dernières.

En Israël, 37 % de la production alimentaire nationale est perdue ou gaspillée, soit un total de près de 2,6 millions de tonnes de nourriture par an, précise l’étude, qui ajoute que près de la moitié pourrait être récupérée pour nourrir les personnes souffrant d’insécurité alimentaire. Le ministère de l’Environnement et Leket ont estimé à 23,1 milliards de shekels, la valeur des aliments gaspillés.

Israël accorde des protections en matière de responsabilité pour les dons alimentaires grâce à la loi de 2018 visant à encourager les dons alimentaires ; cette dernière accorde une protection en matière de responsabilité civile et pénale aux donateurs d’aliments et aux organisations de dons alimentaires (y compris leurs employés et bénévoles), à condition qu’ils respectent toutes les lois pertinentes et qu’il n’y ait pas de négligence.

Mais il faudrait que davantage de personnes connaissent ces protections si l’on veut que davantage de denrées alimentaires soient données, indique le rapport, qui préconise l’organisation de campagnes de sensibilisation.

La loi la plus importante en matière de sécurité alimentaire en Israël est la loi sur la protection de la santé publique (alimentation). Elle autorise le ministère de la Santé à introduire des réglementations qui garantissent la sécurité alimentaire sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Cette loi traite de la distribution des excédents alimentaires, par exemple en exemptant les distributeurs de l’obligation d’obtenir des licences de transport et de stockage.

Mais, selon l’étude, le ministère devrait fournir des lignes directrices plus détaillées.

Des bénévoles trient des produits alimentaires dans un entrepôt de Leket Israel, principale banque alimentaire du pays. (Crédit : Ben Sales/JTA)

Une autre mesure utile consisterait à clarifier les étiquettes des produits alimentaires, poursuit le rapport.

Israël utilise deux types d’étiquettes. La mention « à consommer jusqu’au » concerne la sécurité d’un produit alimentaire qui pourrait être avarié après la date et nuire à la santé humaine.

En revanche, les dates « à consommer de préférence avant » sont utilisées pour les aliments qui, selon le fabricant, ne sont pas sensibles aux dates de péremption et restent propres à la consommation, même s’ils peuvent commencer à perdre de leur goût ou de leur texture. La loi autorise le don de ces aliments, à condition qu’ils soient accompagnés d’une autorisation écrite du fabricant.

Or, selon le rapport, la plupart des gens ignorent la différence entre les deux types d’étiquettes. Si c’était le cas – et une campagne d’information serait également utile à cet égard – moins d’aliments seraient gaspillés et plus seraient donnés, écrivent les auteurs.

En Israël, les dons en espèces et en nature aux institutions publiques certifiées donnent droit à un crédit d’impôt basé sur la valeur de la contribution – 35 % de la valeur du don pour les particuliers, ou 23 % de la valeur du don pour les entreprises.

Au cours d’une même année fiscale, le crédit d’impôt ne peut excéder 10 019 808 shekels ou 30 % du revenu imposable du contribuable, le montant le plus faible étant retenu.

Les auteurs recommandent de relever le plafond du crédit d’impôt et invitent le gouvernement à accorder des subventions pour les infrastructures et les projets liés aux dons alimentaires.

Un tracteur dans une décharge dans le sud d’Israël, le 13 mars 2018. (Crédit : Ariel Schalit/AP)

Les restes alimentaires et les déchets de jardin représentent environ 40 % de tous les déchets municipaux en Israël en termes de poids et émettent des gaz à effet de serre lorsqu’ils sont envoyés en décomposition dans les décharges.

Le rapport sur la sécurité alimentaire recommande au gouvernement israélien d’élaborer des politiques obligeant les entreprises disposant d’excédents alimentaires à en faire don, ou à limiter la possibilité qu’elles ont d’envoyer de la nourriture dans les décharges.

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