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Israël « préoccupé » par l’activité en Amérique latine de compagnies iraniennes

L'ambassade d'Israël exprime sa "gratitude pour l'action rapide, efficace et ferme des forces de sécurité argentines qui ont identifié en temps réel la menace potentielle de l'avion"

Un Boeing 747 appartenant au Venezuela roule sur la piste après avoir atterri à l'aéroport Ambrosio Taravella de Cordoba, en Argentine, lundi 6 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Sebastian Borsero)
Un Boeing 747 appartenant au Venezuela roule sur la piste après avoir atterri à l'aéroport Ambrosio Taravella de Cordoba, en Argentine, lundi 6 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Sebastian Borsero)

L’ambassade d’Israël en Argentine a exprimé jeudi son « inquiétude » au sujet de l’activité en Amérique latine de compagnies aériennes iraniennes, qu’elle soupçonne « de trafic d’armes », tout en saluant la réactivité de Buenos Aires sur un avion vénézuélien suspect, jadis appareil iranien.

Dans un communiqué, l’ambassade a indiqué qu’Israël est « particulièrement préoccupé par l’activité des compagnies aériennes iraniennes Mahan Air et Qeshm Fars Air en Amérique latine, dédiées au trafic d’armes et au transfert de personnes et de matériel opérant pour la Force Al-Qods, visées par des sanctions des États-Unis, pour liens avec des activités terroristes ».

Le Boeing 747 cargo vénézuélien de la compagnie Emtrasur, ayant appartenu par le passé à Mahan Air avant d’être cédé au Venezuela, est immobilisé depuis dix jours en Argentine, d’où il était venu en provenance du Mexique, transportant des pièces automobiles.

Ses membres d’équipage, cinq Iraniens et 14 Vénézuéliens, sont interdits de quitter le territoire tandis que la justice enquête sur leur profil, notamment un éventuel lien avec les Gardiens de la révolution islamique. Un lien écarté mercredi, « après vérifications par la police fédérale », par le ministre argentin de la Sécurité.

Des policiers confisquent une boîte de documents lors d’une descente judiciaire à l’hôtel Plaza Central où se trouve l’équipage d’un Boeing 747 cargo appartenant au Venezuela, à Buenos Aires, en Argentine, mardi 14 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Gustavo Garello)

Les membres d’équipage demeuraient jeudi dans un hôtel proche de l’aéroport Ezeiza de Buenos Aires, en principe libres de leur mouvements, mais leurs passeport sont toujours retenus. Des expertises sont en cours sur une trentaine de téléphones portables, ordinateurs, tablettes, saisis à leur hôtel.

Les événements récents, selon l’ambassade d’Israël, « attestent les tentatives soutenues de la République islamique d’Iran, a travers les Gardiens de la révolution et de la Force Al-Qods, pour continuer à consolider son influence dans le monde, y compris en Amérique du Sud, comme base d’actions terroristes sur le continent ».

La Force al-Qods est l’unité d’élite pour les « opérations extérieures » des Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, qui figure sur la liste noire des organisations « terroristes étrangères » des Etats-Unis.

Washington accuse la compagnie Mahan Airlines, à laquelle appartenait l’avion cédé selon Téhéran il y a plus d’un an, de soutien matériel a Al-Qods.

Dans son communiqué, l’ambassade d’Israël exprime sa « gratitude pour l’action rapide, efficace et ferme des forces de sécurité argentines qui ont identifié en temps réel la menace potentielle de l’avion ».

Une porte-parole de la présidence argentine a réaffirmé jeudi que le gouvernement « a pris toutes les mesures qui devaient être prises » au sujet du Boeing d’Emtrasur, et rappelé qu' »aucun des membres de l’équipage ne faisait l’objet d’alerte ni d’antécédents » susceptibles d’empêcher son entrée dans le pays.

Un juge argentin avait validé lundi l’immobilisation de l’avion au nom d’un « soupçon raisonnable que la raison invoquée pour entrer (en Argentine) pourrait ne pas être la vraie ».

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