Israël publie des photos d’une usine de missiles du Hezbollah au Liban
Rechercher

Israël publie des photos d’une usine de missiles du Hezbollah au Liban

L'armée affirme que le complexe bâti par le groupe terroriste libanais, avec l'aide de l'Iran, permet de produire des ogives de missiles d'une précision de moins de 10 mètres

Photo aérienne d'une infrastructure du Hezbollah servant à fabriquer des missiles au Liban, dévoilée par l'armée israélienne, (Crédit : armée israélienne)
Photo aérienne d'une infrastructure du Hezbollah servant à fabriquer des missiles au Liban, dévoilée par l'armée israélienne, (Crédit : armée israélienne)

L’armée israélienne a rapporté mardi avoir repéré un site de fabrication de missiles du groupe terroriste chiite libanais, deux jours après des échanges de tirs à la frontière avec le Liban qui ont fait craindre une flambée de violences entre les deux ennemis.

« L’armée israélienne révèle une installation appartenant au Hezbollah, située près de Nabi Chit dans la vallée de la Bekaa au Liban, conçue pour fabriquer et transformer des missiles à guidage de précision », a déclaré l’armée dans un communiqué.

Peu avant que l’armée ne lève un embargo sur ses découvertes, le porte-parole de l’armée israélienne Jonathan Conricus a tweeté que l’armée dévoilerait un autre « mensonge » du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah.

Dans un discours télévisé diffusé samedi, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a déclaré que si le groupe soutenu par l’Iran avait des missiles de précision, il n’y avait pas de production au Liban.

« Nous n’avons pas d’usines de missiles de précision. C’est un mensonge et un prétexte que [le Premier ministre Benjamin] Netanyahu adopte pour nous agresser », a déclaré Nasrallah.

Photo aérienne d’une infrastructure du Hezbollah servant à fabriquer des missiles au Liban, dévoilée par l’armée israélienne, (Crédit : armée israélienne)

Le Hezbollah aurait plus de 150 000 missiles, mais seulement un petit nombre d’entre eux peuvent être dirigés vers des sites spécifiques. Israël craint que dans une future guerre, le groupe terroriste pourrait utiliser un tir de barrage de missiles de précision pour attaquer des infrastructures stratégiques et déstabiliser ses systèmes de défense aérienne.

L’aviation israélienne a mené des frappes contre la Syrie pour déjouer les efforts de l’Iran consistant à acheminer des armes sophistiquées vers le Liban. Les autorités israéliennes pensent que Téhéran tente de développer une production locale au Liban à cause du danger que représente le transfert d’arme depuis l’Iran vers le pays du cèdre.

L’armée a déclaré que le site dévoilé a récemment établi « une ligne d’assemblage dédiée aux missiles de précision » et contient plusieurs machines fournies par l’Iran « visant à fabriquer les moteurs et les ogives des missiles avec une précision de moins de 10 mètres ».

« Cette infrastructure est extrêmement importante pour le programme de missiles de précision du Hezbollah, et c’est pourquoi, craignant des frappes, le Hezbollah a évacué du précieux matériel (…) du complexe vers des sites civils à Beyrouth », précise-t-elle, pour expliquer le raisonnement derrière la frappe du 25 août attribuée à Israël.

« Cette installation a été créée il y a quelques années par l’Iran et le Hezbollah dans le but de fabriquer des armes », a-t-elle affirmé, publiant un lien vers une photo satellite supposée représenter le site.

L’armée a indiqué que l’usine est divisée en quatre sections : la production de moteur, le contrôle qualité, la fabrication d’explosifs et d’ogives et la logistique.

Israël a menacé d’agir militairement contre le programme balistique si Beyrouth ou la communauté internationale ne freinent pas le Hezbollah.

Durant un point-presse lundi, un haut-responsable israélien a déclaré qu’il avait ordonné à l’armée il y a cinq mois de déjouer un projet de l’Iran et du Hezbollah consistant à construire des missiles de précision au Liban.

Selon le responsable, ce projet est devenu une priorité pour l’establishment de sécurité israélien, plus que la question de l’enracinement militaire en Syrie, et juste après celle du programme nucléaire iranien.

Des combattants du Hezbollah sur une voiture transportant une fausse roquette pendant un défilé fêtant le septième jour d’Ashoura dans le village de Seksakiyeh, au sud du Liban, le 9 octobre 2016 (Crédit L: AP Photo/Mohammed Zaatari/File)

« Nous avons changé l’ordre de nos menaces parce que nous ne pouvons pas [laisser] des missiles de précision au Liban », a expliqué le responsable, ajoutant que la République islamique avait du mal à maintenir sa présence en Syrie, et s’est donc tournée vers l’Irak, le Yémen et d’autres pays voisins.

Selon un reportage de la Douzième chaîne lundi, Israël était prêt à lancer d’importantes représailles contre le programme de missiles de précision du Hezbollah au Liban, et a finalement décidé de ne pas le faire, parce qu’aucun soldat n’a été blessé dans l’attaque de dimanche par le groupe terroriste.

Dimanche, le groupe terroriste libanais allié de Téhéran, notamment dans la Syrie en guerre où ils soutiennent le régime, a tiré des missiles antichars sur le nord d’Israël, qui a répliqué avec des frappes dans le sud du Liban ayant provoqué uniquement des incendies dans des secteurs boisés.

« Le fait que Nasrallah se soit loupé et n’ait tué aucun Israélien a épargné au Hezbollah une destruction de son programme de missiles de précision », a déclaré une source au sein de l’armée. « Les avions étaient déjà en vol. »

Les médias israéliens ont rapporté qu’un véhicule médical de l’armée transportant cinq soldats avait été directement touché par les missiles antichars du Hezbollah, alors qu’il empruntaient une route non protégée, enfreignant apparemment les directives de l’armée – évitant, par chance plutôt que grâce à une planification militaire efficace, la mort ou les blessures des soldats présents dans le véhicule.

Les médias semblent contredire les affirmations de sources militaires israéliennes dimanche selon lesquelles un véhicule de Tsahal pris pour cible par le Hezbollah était garé ou vide à ce moment-là. Ils se sont fiés aux images diffusées par la télévision affiliée au Hezbollah plus tôt lundi et à celles des caméras de sécurité israéliennes publiées peu de temps après. Cette séquence montrait deux missiles antichars manquant de peu apparemment un véhicule militaire sur la route reliant le moshav Avivim au kibboutz Yir’on, près de la frontière nord.

L’armée a déclaré qu’aucun Israélien n’avait été blessé lors de l’attaque de dimanche, mais le Hezbollah a affirmé que sa frappe avait tué et blessé des soldats israéliens.

Des images et des vidéos montrant des soldats blessés évacués de la scène par hélicoptère étaient un stratagème destiné à tromper le Hezbollah en lui faisant croire qu’il avait fait des victimes, ont déclaré des sources israéliennes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...