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Israël va lancer de nouveaux appels d’offres pour l’exploration du gaz

Sans mentionner l'invasion russe de l'Ukraine, la ministre de l'Énergie a déclaré que la crise mondiale est une opportunité pour Israël d'exporter du gaz naturel

Photo illustrative des plateformes israéliennes de gaz naturel en Méditerranée, 2 septembre 2015. (Crédit: Flash90)
Photo illustrative des plateformes israéliennes de gaz naturel en Méditerranée, 2 septembre 2015. (Crédit: Flash90)

Le ministère de l’Énergie a annoncé lundi qu’il avait commencé à préparer de nouveaux appels d’offres pour explorer le gaz naturel en mer, dans le but d’aider à maintenir les approvisionnements de l’Europe alors que le continent tente de se sevrer de l’énergie russe.

Alors que les pays occidentaux sanctionnent la Russie pour son invasion de l’Ukraine et cherchent des sources d’énergie alternatives, Israël s’est efforcé de se positionner pour devenir un fournisseur clé en utilisant les gisements de la mer Méditerranée.

« Israël aide l’Europe à diversifier ses sources d’énergie », a déclaré la ministre de l’Énergie Karine Elharrar dans un communiqué.

« La crise énergétique mondiale est une opportunité pour l’État d’Israël d’exporter du gaz naturel, parallèlement à la préoccupation sincère et véritable pour ce qui se passe en Europe », a-t-elle ajouté, sans mentionner la Russie.

Dimanche, Elharrar a chargé le directeur général du ministère de l’Energie, Lior Schillat, de commencer à préparer une nouvelle exploration de la zone économique exclusive d’Israël.

Selon le communiqué, elle a « donné l’ordre au personnel de son bureau d’accélérer les évaluations stratégiques afin de s’engager dans un quatrième processus d’exploration du gaz naturel. »

Elharrar a également déclaré qu’une équipe de travail a été mise en place entre Israël, l’Égypte et l’Europe pour planifier l’exportation, a rapporté Reuters.

« Les événements géopolitiques dans le monde, et la crise énergétique mondiale qui en découle, ont complètement changé l’état du marché de l’énergie », a déclaré Schillat dans le communiqué.

Il a également déclaré que même si Israël et l’Europe étaient d’accord sur « la partie stratégique la plus importante » consistant à développer les sources d’énergie renouvelables, « le besoin mondial de gaz naturel dans l’immédiat et à moyen terme ne peut être ignoré. »

« En outre, on ne parle pas assez de l’importance du gaz naturel dans le renforcement des liens entre Israël et l’Égypte et son impact sur le statut géopolitique d’Israël au Moyen-Orient », a-t-il ajouté.

La ministre de l’Énergie Karin Elharar, au centre, Guy Samet, directeur de l’administration des ressources naturelles et commissaire au pétrole, à gauche, et le directeur général du ministère de l’énergie Lior Schillat lors d’une conférence de presse au ministère à Jérusalem, le 30 mai 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

La semaine dernière, Schillat a révélé qu’Israël et l’Union Européenne négocient depuis un mois pour exporter du gaz vers l’Europe via l’Égypte.

Israël ne dispose pas d’installations permettant de liquéfier le gaz naturel. La plus proche se trouve en Égypte. Israël prévoit d’acheminer le gaz par gazoduc jusqu’en Égypte, où il serait liquéfié avant d’être envoyé en Europe. En plus de livrer du gaz naturel à l’Europe, l’Égypte en gardera une partie pour son propre usage.

Schillat a déclaré que la crise en Europe a amené le ministère à repenser sa stratégie énergétique, notamment en annonçant en décembre 2021 qu’il prévoyait d’arrêter la recherche de gaz naturel en 2022 pour se concentrer sur les énergies renouvelables.

Dans ses remarques, Schillat a noté que les Européens « ont été très clairs » en disant que si aucune source alternative de gaz naturel n’était trouvée, certains États de l’Union européenne devront recourir au charbon pour produire de l’électricité.

En novembre, Israël et l’Égypte ont signé un accord sur un plan visant à fournir du gaz naturel israélien à l’Égypte. Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Elharrar a discuté avec son homologue égyptien Tarek El Molla des moyens de combler une partie du déficit en gaz naturel causé par les sanctions imposées à la Russie.

Le sujet est revenu sur le tapis lors de la conférence de l’Agence internationale de l’énergie qui s’est tenue en mars à Paris, à la suite de laquelle la Commission européenne de l’énergie a officiellement demandé son aide à Israël.

Les pourparlers ont commencé à la fin du mois d’avril.

Une autre proposition de construction du gazoduc EastMed, reliant le gaz naturel israélien à l’Europe via la Grèce et Chypre, fait l’objet d’un débat sur sa faisabilité à long-terme d’un projet de gazoduc entre la Grèce, Chypre et Israël pour acheminer du gaz vers l’Europe.

Israël possède deux champs de gaz naturel en exploitation, Tamar et Leviathan, plus grand et plus récent. Au début du mois, le nouveau gisement de Karish a été raccordé au gazoduc national du pays.

Contrairement à Tamar et Leviathan, qui sont desservis par des plateformes de production offshore fixes, Karish utilisera un navire flottant de production, de stockage et de déchargement.

L’année dernière, l’Union européenne a importé environ 155 milliards de mètres cubes de gaz de Russie, soit 45 % de l’ensemble de ses importations de gaz, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Les États membres de l’UE restent divisés sur le calendrier, mais la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que le bloc espérait éliminer progressivement sa dépendance à l’égard du gaz, du pétrole et du charbon russes d’ici 2027.

Sue Surkes a contribué à cet article. 

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