Israël en guerre - Jour 282

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Israël veut détruire l’UNRWA, estime son chef

Philippe Lazzarini affirme que les efforts israéliens contre l'organisation, accusée de liens avec le terrorisme, visent à mettre un terme à la question du "droit au retour"

Le chef de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient (UNRWA), Philippe Lazzarini, s'exprimant lors d'un entretien avec l'Associated Press, au siège de l'UNRWA, à Beyrouth, le 6 décembre 2023. (Crédit : Bilal Hussein/AP)
Le chef de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient (UNRWA), Philippe Lazzarini, s'exprimant lors d'un entretien avec l'Associated Press, au siège de l'UNRWA, à Beyrouth, le 6 décembre 2023. (Crédit : Bilal Hussein/AP)

Israël mène une campagne concertée visant à détruire l’UNRWA, a estimé dans un entretien publié samedi le chef de cette agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens.

« Actuellement, nous faisons face à une campagne étendue et concertée menée par Israël, qui vise à détruire l’UNRWA, » a déclaré Philippe Lazzarini au groupe de journaux suisses Tamedia, en estimant également que la demande d’Israël réclamant sa démission entrait dans ce cadre.

« C’est un but politique à long terme, car ils pensent que si l’agence est supprimée, la question du statut des réfugiés palestiniens sera résolue une bonne fois pour toutes, et avec elle, le droit au retour. Il y a derrière cette histoire une visée politique beaucoup plus large », a-t-il ajouté, en référence au statut des descendants des Palestiniens qui ont quitté leurs maisons durant la guerre d’Indépendance en 1948.

« Voyez tout simplement le nombre d’actions qu’Israël a entrepris contre l’UNRWA », a dit M. Lazzarini, évoquant l’ordre donné à des compagnies opérant dans le port israélien d’Ashdod de « cesser de débarquer certaines livraisons de nourriture destinées à l’UNRWA ».

« Tous ces ordres proviennent du gouvernement », a-t-il dit.

Selon M. Lazzarini, plus de 150 installations de l’UNWRA ont été touchées depuis le début de la guerre à Gaza il y a plus de quatre mois.

Des soldats israéliens à l’intérieur d’un complexe évacué de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA), à Gaza City, sur une photo prise lors d’une visite média organisée par l’armée israélienne, le 8 février 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Après avoir découvert qu’au moins 12 membres du personnel de l’UNRWA ont directement participé au massacre du 7 octobre – qui a fait 1 200 morts, pour la plupart des civils, et 253 otages – et qu’au moins 30 autres ont apporté leur aide, Israël a demandé la démission de M. Lazzarini.

 

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a déclaré vendredi que sur les 13 000 employés de l’UNRWA à Gaza, au moins 12 % sont affiliés aux groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien.

« On sait que 1 468 travailleurs sont actifs au sein du Hamas et [du Jihad islamique palestinien], que 185 travailleurs de l’UNRWA sont actifs dans les branches militaires du Hamas et que 51 sont actifs dans la branche militaire du Jihad islamique palestinien », a-t-il déclaré lors d’un briefing de presse à l’étranger.

Israël a demandé à M. Lazzarini de démissionner après avoir assuré qu’un des tunnels utilisés par le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas avait été découvert sous le siège de l’agence à Gaza.

Des chaises de bureau entreposées dans une pièce d’un tunnel du Hamas, sous une école de l’UNRWA, dans la ville de Gaza, le 8 février 2024. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

M. Lazzarini a expliqué que le tunnel était à 20 mètres sous terre, et que l’UNRWA, en tant qu’organisation humanitaire, n’avait aucun moyen de découvrir l’existence d’une installation à une telle profondeur.

M. Lazzarini a refusé de démissionner, affirmant qu’Israël était le seul à avoir demandé sa démission et qu’il n’y avait « aucune raison » d’accéder à la demande d’un seul autre État membre de l’ONU, « d’autant plus que ma démission n’améliorerait pas la situation à l’UNRWA ».

Les critiques d’Israël « ne me visent pas personnellement mais visent toute l’organisation. Ces appels à ma démission font partie d’une campagne pour détruire l’UNRWA ».

Il s’est avéré que le réseau souterrain s’alimentait en électricité depuis le siège de l’UNRWA.

Plusieurs pays, notamment les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et le Japon, ont suspendu leur financement de l’UNRWA, après les accusations israéliennes, ce qui fait craindre que l’agence, qui se présente comme le principal canal d’acheminement de l’aide pour des millions de personnes dans la bande de Gaza dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas, ne cesse ses activités à Gaza et ailleurs au Moyen-Orient dans les semaines à venir.

Selon lui, quelque 438 millions de dollars – soit plus de la moitié des recettes attendues pour 2024 – ont été gelés.

« Si tous les pays continuent à suspendre leurs paiements, le financement de l’UNRWA sera rapidement très menacé », a-t-il averti.

« A partir de mars, les dépenses sont supérieures aux recettes. Et sans nouveaux donateurs , l’UNRWA devra cesser ses opérations en avril ».

Il a précisé que cela s’appliquait à la bande de Gaza, mais aussi aux activités menées en Cisjordanie, en Syrie, en Jordanie et au Liban.

M. Lazzarini a déclaré qu’il rencontrait les donateurs et que certains d’entre eux étaient « prêts à reconsidérer leur décision ». Il a précisé que la Commission européenne verserait à nouveau sa contribution d’environ 82 millions d’euros à partir du mois de mars.

Cette décision semble avoir pris au dépourvu même les responsables israéliens, certains avertissant que les répercussions de la fermeture de l’UNRWA avant la fin de la guerre actuelle entre Israël et le Hamas pourraient avoir des conséquences désastreuses pour la majeure partie de la population de Gaza.

Israël accuse depuis longtemps l’UNRWA de perpétuer le conflit israélo-palestinien en étendant le statut de réfugié à des millions de descendants de Palestiniens qui ont fui ou ont été chassés de leurs maisons dans l’actuel Israël au moment de la création de l’État juif en 1948, au lieu de limiter ce statut aux seuls réfugiés d’origine, comme c’est le cas pour la plupart des populations réfugiées dans le monde.

Israël et d’autres groupes affirment depuis longtemps que le matériel scolaire de l’UNRWA glorifie le terrorisme et l’incitation à la haine contre Israël.

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