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Jacob Frenkel met en garde contre le retrait des fonds des investisseurs

L'ex-gouverneur de la Banque centrale, pour qui Netanyahu n'est "plus crédible" auprès de Moody's, prédit une "catastrophe" économique si la refonte se poursuit sans compromis

Illustration : L’ex-gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Jacob Frenkel, s’exprimant devant les caméras de la Douzième chaine, le 22 janvier 2023. (Crédit : Capture d’écran ; utilisée conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)
Illustration : L’ex-gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Jacob Frenkel, s’exprimant devant les caméras de la Douzième chaine, le 22 janvier 2023. (Crédit : Capture d’écran ; utilisée conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)

Jacob Frenkel, ex-gouverneur de la Banque centrale d’Israël et ex-président de JP Morgan Chase International, a indiqué que les investisseurs étrangers avaient commencé à retirer leurs fonds d’Israël en raison de l’agitation politique et des incertitudes nées de la refonte judiciaire avancée par la coalition.

Dans une interview accordée vendredi à la Douzième chaine, Frenkel a parlé d’une « histoire très triste » qui met à mal la réputation économique d’Israël, alors qu’il y a encore peu, les investisseurs « faisaient la queue » pour comprendre la « recette » du succès du pays.

« Aujourd’hui, c’est le contraire. Ils font la queue pour reprendre leurs investissements », a-t-il déclaré, de retour d’un récent déplacement à New York, siège de nombreuses institutions financières internationales.

La Knesset a adopté lundi la loi qui prive le pouvoir judiciaire israélien d’examiner le « caractère raisonnable » des décisions gouvernementales, sur fond de manifestations de masse et d’une forte opposition publique faisant état de gros risques de retombées économiques.

Le lendemain, Moody’s Investors Service émettait une mise en garde contre les « conséquences négatives » et le « risque important » pour l’économie israélienne, précisant que « les pouvoirs exécutif et législatif étaient plus imprévisibles, de nature à occasionner des risques importants pour la stabilité économique et sociale ».

Moody’s a maintenu ses prévisions de croissance à 3 % pour Israël cette année et la suivante, ajoutant toutefois ne pas avoir tenu compte des « effets négatifs d’une longue période de tensions sociales et politiques ». En avril, Moody’s avait abaissé la note d’Israël de « positive » à « stable », évoquant une « détérioration du mode de gouvernance d’Israël » et les bouleversements liés à la tentative du gouvernement de remanier de manière radicale le système judiciaire.

Le logo de Moody’s Corp. sur un bâtiment de New York, au mois d’août 2010. (Crédit : TAP Photo/Mark Lennihan/Dossier)

Frenkel a été interrogé sur les propos du PDG de Moody’s, Ron Fauber, lors d’une conversation à huis clos rapportée par le quotidien économique Calcalist : « Je suis furieux. Jamais le dirigeant d’un pays ne m’a menti aussi ouvertement que le Premier ministre Benjamin Netanyahu. »

Netanyahu aurait demandé à l’agence de ne pas abaisser la note d’Israël dans la mesure où son gouvernement mènerait la réforme sur la base d’un consensus, mais la loi mettant fin à l’usage du « caractère raisonnable » par les tribunaux est passée alors que l’opposition a boycotté le vote à la Knesset.

« Une économie ne peut pas bien fonctionner si elle n’est pas fiable et si elle n’inspire pas confiance. Il suffit d’un mensonge pour être sur la liste des personnes qui ne sont pas fiables », a répondu Frenkel.

La banque d’investissement américaine Morgan Stanley a elle aussi abaissé la note d’Israël à une « position d’aversion », en raison d’« incertitudes accrues sur les perspectives économiques dans les mois à venir », et la banque américaine Citi a déclaré à ses clients institutionnels que l’environnement israélien était « aujourd’hui beaucoup plus délicat et dangereux » en raison de la crise liée à la réforme.

Les agences de crédit disent à Israël de maintenir des institutions solides, a déclaré Frenkel, mettant en garde contre les conséquences négatives de nouvelles dégradations de la note d’Israël.

« Les crédits seront plus chers, les investissements moindres, la croissance économique plus faible et il y aura un déficit », a-t-il détaillé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le ministre des Finances Bezalel Smotrich assistant à un vote sur le projet de loi du « caractère raisonnable » à la Knesset, à Jérusalem, le 24 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il a conseillé à Netanyahu de donner une interview aux médias israéliens, samedi soir, afin de dire au pays : « Je vous promets que, tant que je serai Premier ministre, plus rien ne sera voté sans consensus, point final. »

Frenkel a également suggéré que Netanyahu appelle la Maison Blanche pour souligner ce point.

« Il s’agit d’éviter une catastrophe. Tout prouve qu’il faut arrêter. Il peut le faire », a-t-il déclaré.

« Toute cette histoire de caractère raisonnable, ce n’est que le début : il y a beaucoup d’autres projets de loi à venir », a ajouté Frankel, au risque d’une vraie « catastrophe ».

Jusqu’à présent, les agences de notation internationales s’étaient abstenues de dégrader la note du pays, dans la mesure où le gouvernement de Netanyahu avait assuré qu’il ferait son possible pour parvenir à un consensus avec l’opposition et ne prendrait aucune mesure de manière unilatérale sur la question judiciaire.

Depuis l’adoption de la loi sur le « caractère raisonnable », plusieurs députés du Likud ont fait savoir qu’ils ne permettraient plus à la coalition d’adopter unilatéralement des lois en la matière.

Les incertitudes politiques, nées de la réforme judiciaire, ont eu pour conséquence une dépréciation du shekel de l’ordre de 10 % par rapport au dollar américain depuis l’annonce du projet en janvier dernier.

Conscient du fait que la coalition allait poursuivre son avancée législative, l’actuel gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron, a estimé que la faiblesse du shekel avait entraîné une inflation « excédentaire » d’au moins 1 %, tout en indiquant que si la tendance se poursuivait, la Banque centrale devrait continuer à augmenter les coûts d’emprunt.

La dépréciation de la monnaie locale augmente le prix des biens importés tels que la nourriture, le gaz et les voyages à l’étranger et entraîne une hausse de l’inflation.

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