James Wolfensohn, ancien président de la Banque mondiale, décède à 86 ans
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James Wolfensohn, ancien président de la Banque mondiale, décède à 86 ans

Son mandat à la tête de l'institution financière été marqué par le partenariat avec le monde en développement ; il a participé au retrait israélien de Gaza

James Wolfensohn, président de la banque mondiale, en conférence de presse à Moscou, le 27 février 1995. (Crédit : AP PHOTO/Misha Japaridze)
James Wolfensohn, président de la banque mondiale, en conférence de presse à Moscou, le 27 février 1995. (Crédit : AP PHOTO/Misha Japaridze)

JTA — James Wolfensohn, le président de la Banque mondiale et le philanthrope qui a aidé à guider le retrait d’Israël de la bande de Gaza, est mort à 86 ans.

Wolfensohn est décédé mercredi à son domicile de Manhattan, selon les médias, des suites d’une pneumonie. Sa femme de 59 ans, Elaine, est décédée en août.

Wolfensohn, qui est né et a grandi en Australie, était un banquier d’affaires dont les efforts philanthropiques avaient notamment permis de redresser la situation du Carnegie Hall et du Kennedy Center. Puis, dans les années 1990, il a commencé à briguer le poste de président de la Banque mondiale.

Le président américain Bill Clinton l’a alors nommé à ce poste en 1995 – le président américain a des prérogatives de nomination – et son mandat de dix ans a été marqué par l’accent qu’il a mis sur le partenariat, plutôt que sur un patronage, avec le monde en développement. Au lieu d’être un disciplinaire, il a donné à l’institution un rôle de conseiller et d’aide aux économies en développement. Il a mis fin à la tolérance de la banque à l’égard de la corruption.

James Wolfensohn, alors président de la Banque mondiale, à gauche, avec le leader palestinien Yasser Arafat, lors d’une visite des projets financés par la Banque mondiale dans la ville de Gaza, le 9 juillet 1995. (Crédit : AP Photo/Nabil Judah)

« Nous devons rééquilibrer notre monde pour donner à chacun une chance de vivre en sécurité », avait déclaré Wolfensohn dans un discours prononcé en 2003 devant la banque et le Fonds monétaire international (FMI), « avec un droit d’expression, l’égalité des droits pour les femmes, les droits pour les personnes handicapées et défavorisées, le droit à un environnement propre, le droit d’apprendre, le droit au développement ».

Toujours à la recherche du bien, son projet suivant n’a pas eu autant de succès. Le président George W. Bush avait nommé Wolfensohn comme envoyé du Quartet dans la bande de Gaza. Le Quartet est le regroupement des États-Unis, de la Russie, des Nations unies et de l’Union européenne qui guide le processus de paix au Moyen-Orient.

Wolfensohn a guidé le retrait d’Israël de Gaza en 2005, un processus truffé d’erreurs de calcul qui a conduit à la victoire du groupe terroriste palestinien du Hamas aux élections de 2006.

Le sort des serres entretenues par les Israéliens a été emblématique de l’échec de ce processus. Lorsque Wolfensohn a appris que les Israéliens prévoyaient de démolir les serres en sortant, il a réuni 14 millions de dollars, dont 500 000 de sa poche, pour les récupérer afin qu’elles soient utilisées par les Palestiniens.

À la grande consternation des dirigeants palestiniens, dont la police était en sous-effectif, sous-payée et sous-équipée, les Palestiniens locaux ont pillé les serres. Mais Wolfhenson a estimé que les restrictions israéliennes sur l’exportation des produits de Gaza avaient véritablement condamné l’entreprise.

Wolfensohn était également dévoué aux dons aux Juifs. La fondation familiale qu’il a créée, administrée par ses enfants, a fait des dons à un large éventail de causes juives, toutes mouvances confondues. À l’époque de la publication d’un portrait de Wolfensohn dans la JTA en 2005, la fondation comptait parmi ses bénéficiaires un groupe de défense de l’environnement orthodoxe et un centre d’études sur le genre de la Reconstruction. Lui et sa femme étaient actifs dans le mouvement conservateur.

En 2006, il a financé des reproductions parfaites de la célèbre Haggadah de Sarajevo qui seront vendues en partie pour aider à soutenir la petite communauté juive bosniaque.

L’ancien président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, à gauche, rejoint l’ancien premier ministre israélien Shimon Peres, à droite, et le président de la Banque mondiale James Wolfensohn, dans une poignée de main après la signature de l’accord sur le Fonds d’investissement pour la Cisjordanie et Gaza, le 20 janvier 1998. (Crédit : AP PHOTO/Michel Lipchitz)

Son militantisme remonte à sa jeunesse ; ses parents ont aidé à faire venir en Australie des réfugiés juifs d’Europe. Il a été transformé, dit-il, par la pauvreté qu’il a observée en Afrique et en Asie en tant que vendeur de climatiseurs. Il a fini par rejoindre des banques d’investissement à Londres puis à New York. « L’inégalité était si frappante que je pouvais à peine absorber ce qui se trouvait devant moi », cité par le Washington Post dans son autobiographie de 2010, A Global Life.

Wolfensohn, connu pour son auto-dérision, se décrivait comme étant plus motivé que naturellement intelligent. Il a dit qu’il avait appris de ses erreurs. Il a fait partie de l’équipe d’escrime des Jeux olympiques australiens à temps pour les Jeux olympiques de 1956 à Melbourne. Il avait gagné deux matchs et était en passe d’en gagner un troisième, lorsque son adversaire, pendant une pause, l’a distrait en lui faisant une offre : Il installerait Wolfensohn avec un nageur israélien.

« L’escrime, c’est un peu comme les échecs », avait écrit Wolfensohn dans son autobiographie. « Vous devez projeter quelques coups en avant et penser plus que votre adversaire. »

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