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« Je veux le regarder dans les yeux », dit la mère d’Avera Mengistu, otage du Hamas

Après la diffusion par le Hamas d'une vidéo montrant l'Israélien détenu dans la bande depuis 2014, Agurnesh Mengistu a estimé que sa voix est différente - mais qu'il n'a pas changé

Agurnesh Mengistu au cours d'un entretien avec la Douzième chaîne diffusé le 17 janvier 2023. (Capture d'écran)
Agurnesh Mengistu au cours d'un entretien avec la Douzième chaîne diffusé le 17 janvier 2023. (Capture d'écran)

La mère d’Avera Mengistu, un civil israélien retenu en captivité depuis plus de huit ans par le Hamas, a dit mardi qu’elle voulait revoir son fils et que si les images qui ont été diffusées lundi semblaient effectivement montrer ce dernier, elle avait le sentiment que sa voix était devenue différente.

Dans une courte séquence qui a été rendue publique par le groupe terroriste de la bande de Gaza, un homme qui dit être Mengistu est assis, portant une chemise à col et boutonnée, visiblement agité et croisant ses bras en récitant des propos parfois confus à voix basse. Après avoir vu la vidéo, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué mardi que Mengistu « est vivant ».

Mengistu est l’un des deux Israéliens détenus par le Hamas – qui garde aussi en otage la dépouille de deux soldats qui avaient trouvé la mort lors du conflit qui avait opposé Israël au groupe terroriste pendant l’été 2014, Oron Shaul et Hadar Goldin. Les autorités israéliennes se sont engagées dans des pourparlers discrets pour obtenir leur libération depuis des années.

« Ce n’est pas la voix de mon fils, je connais la voix de mon fils. C’est moi qui l’ai élevé. Je reconnais cette partie de sa tête », a commenté Agurnesh Mengistu devant les caméras de la Douzième chaîne, s’exprimant en amharique. « On m’a montré la vidéo sur téléphone, plusieurs personnes me l’ont montrée à plusieurs endroits. C’est bien sa tête mais sa voix est différente ».

« Ce n’est pas facile après toutes ces années. Je l’ai élevé. Quand j’étais aux États-Unis avec les Américains – j’y suis allée plusieurs fois – j’ai vu tout, mais je ne sais pas… Mes enfants et moi-même, nous sommes si tristes », a ajouté Mengistu dont la famille a fait campagne en faveur de la libération d’Avera, tentant de sensibiliser les pays internationaux au sort réservé à ce dernier.

Elle a indiqué que Netanyahu lui avait toujours dit de ne pas perdre espoir et qu’elle reverrait son enfant un jour.

« [Netanyahu] m’a dit : ‘Nous avons parlé à la Croix rouge et elle nous a fait savoir qu’il est vivant, il est vivant, il est vivant’. C’est lui qui me dit toujours de ne pas m’inquiéter », a dit Agurnesh Mengistu. « Je veux mon fils, je veux avoir l’autorisation de voir mon fils, de le regarder dans les yeux et de le voir. »

La famille avait eu initialement des doutes sur l’identité de l’homme apparaissant dans la séquence.

Dans le clip, Mengistu commence par se présenter avant de déplorer dans un mauvais hébreu l’inaction du gouvernement, incapable d’obtenir sa libération.

« Je suis le prisonnier Avera Mengistu. Jusqu’à quand serons-nous retenus ici en captivité, mes amis et moi-même ? », interroge-t-il en marmonnant dans la vidéo.

« Après tant d’années de souffrance, où sont le pays et le peuple d’Israël de notre destin ? », ajoute-t-il dans une phrase confuse.

Le ministère des Affaires étrangères a indiqué, mardi, qu’il avait envoyé une lettre aux leaders des grandes instances internationales – notamment au Vatican et aux Nations unies – leur demandant d’agir « en urgence » en faveur de la délivrance des civils israéliens et du rapatriement des dépouilles des soldats pris en otage à Gaza.

Ce courrier a été transmis au Pape François, au secrétaire-général de l’ONU, Antonio Guterres, au président de la Croix Rouge, Mirjana Spoljaric Egger, au directeur-général de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus et à d’autres personnalités de premier plan des Nations unies.

Le ministère a vivement recommandé aux dirigeants du monde entier de condamner le Hamas, notant que Mengistu était maintenu en captivité depuis huit ans « en violation flagrante du droit humanitaire international, sans information donnée sur son état de santé et sans moyen, quel qu’il soit, qui lui permette d’entrer en contact avec sa famille ou de recevoir des visites par le biais de la Croix-Rouge ».

Le ministère des Affaires étrangères a noté, dans sa missive, que le souverain pontife avait rencontré, le mois dernier, les familles des prisonniers et qu’il avait promis de les aider à obtenir la libération de leurs proches.

Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU est resté muet, mardi, après la diffusion des images par le Hamas. Le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies et son rapporteur spécial chargé d’enquêter sur le conflit israélo-palestinien n’avaient pas répondu à une demande de réaction soumise par le Times of Israel au moment de l’écriture de cet article.

Les responsables de l’ONU critiquent régulièrement l’État juif pour ses agissements contre les Palestiniens. Israël et les États-Unis accusent l’instance mondiale, dont le siège est à New York, ainsi que le Conseil des droits de l’Homme, à Genève, de partialité affichée à l’égard d’Israël.

Le droit international interdit la mise en captivité des civils et interdit également l’usage des prisonniers à des fins de propagande.

Netanyahu a affirmé mardi qu’il continuerait à œuvrer en faveur de la libération de Mengistu.

« Israël ne relâchera pas ses efforts pour obtenir la libération d’Avera Mengistu et celle de nos autres otages et portés-disparus. Hier, nous avons reçu une nouvelle confirmation de ce que nous savions déjà tous – celle qu’Avera est en vie », a commenté Netanyahu.

« C’est un homme jeune, qui n’est pas en bonne santé et c’est le Hamas qui devra assumer la totale responsabilité de son sort », a-t-il continué.

Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a déclaré mardi que les images avaient été filmées « ces dernières semaines » et que l’État juif « ne reverra pas ses soldats capturés avant la mise en place d’un accord d’échange de prisonniers décent » comprenant la libération de détenus sécuritaires palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, l’aile armée du Hamas, avaient affirmé lundi avoir publié la vidéo en guise de message à l’attention du chef d’état-major sortant, Aviv Kohavi.

Les famille d’Avera Mengistu et de Hisham Al-Sayed devant une affiche demandant la libération de ces civils détenus par le Hamas à Gaza, le 6 septembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

De son côté, la Treizième chaîne, citant des sources palestiniennes, a indiqué lundi que le Hamas devrait rapidement transmettre des messages via l’Égypte pour faire part de son intérêt en faveur de la reprise de négociations sur les prisonniers. Selon la chaîne, la diffusion de cette vidéo indique que le groupe terroriste est désireux de procéder à un échange de détenus dans la mesure où, dans le passé, il avait toujours demandé à l’État juif de payer le prix de toute information donnée sur les captifs.

La famille de Mengistu n’avait vu ni photo, ni vidéo de lui depuis qu’il était entré de son plein gré à Gaza, il y a huit ans. L’enregistrement d’une personne non-identifiée qui s’était présentée comme un « soldat israélien » – qui avait été rendu public par le Hamas au mois de juin 2021 – aurait été celui de la voix de Mengistu.

Le Hamas a fait référence à Mengistu et au second prisonnier Hisham al-Sayed en évoquant des « soldats » à maintes reprises, bien qu’aucun d’entre eux n’ait servi dans l’armée ni dans aucun autre service de sécurité israélien. Les deux jeunes hommes étaient entrés dans la bande de Gaza en 2014 et 2015 respectivement, et leurs familles avaient indiqué qu’ils souffraient tous les deux d’une maladie psychiatrique.

Au mois de juin 2022, le Hamas avait publié une première vidéo d’un second captif israélien, Al-Sayed, un Israélien appartenant à la communauté bédouine.

En plus des deux civils, le Hamas retient aussi en otage les dépouilles de deux soldats de Tsahal, Oron Shaul et Hadar Goldin, qui avaient été tués pendant le conflit de 50 jours qui avait opposé Israël au Hamas dans la bande pendant l’été 2014.

Des Israéliens lors d’un rassemblement en faveur du rapatriement des dépouilles des soldats Oron shaul et Hadar Goldin, détenues par le Hamas, aux abords du siège de Tsahal à Tel Aviv, le 8 juillet 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les deux parties ont mené des négociations indirectes dans l’objectif de procéder à un accord d’échange de prisonniers. Un accord similaire avait permis d’obtenir la libération du soldat israélien Gilad Shalit, qui se trouvait dans les geôles du Hamas. A cette occasion, 1 027 prisonniers sécuritaires palestiniens avaient été libérés des prisons israéliennes. Un grand nombre d’entre eux étaient des terroristes condamnés. Israel and Hamas have held indirect talks in an attempt to reach a prisoner exchange deal. A similar deal that released Israeli soldier Gilad Shalit from Hamas captivity saw 1,027 Palestinian security prisoners released, many of them convicted terrorists.

Les services égyptiens des renseignements, qui entretiennent des liens étroits avec Israël et avec le Hamas, servent souvent d’intermédiaires dans ces pourparlers.

Il est très improbable que le Hamas cède sur la question d’une libération massive de prisonniers palestiniens – une initiative très controversée qu’aucun gouvernement israélien n’approuvera vraisemblablement à nouveau.

L’échange de prisonniers qui avait permis à Shalit d’être libéré avait été profondément controversé, un grand nombre de responsables de la sécurité israéliens dénonçant un échange outrageusement favorable au groupe terroriste. Un grand nombre des 1 027 prisonniers palestiniens avaient ultérieurement repris des activités terroristes – cela avait notamment été le cas de Yahya Sinwar, qui est dorénavant gouverneur du Hamas à Gaza.

Luke Tress et Emanuel Fabian ont contribué à la rédaction de cet article.

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