Jeffrey Rosen, le nouveau procureur de Trump qui cite le Talmud
Rechercher

Jeffrey Rosen, le nouveau procureur de Trump qui cite le Talmud

Le procureur général adjoint, dont la nomination avait fait sourciller, va remplacer pour les quelques semaines restants, le procureur général William Barr, qui a démissionné

Le procureur général adjoint Jeffrey A. Rosen tient une conférence de presse pour annoncer les résultats de la résolution globale des enquêtes criminelles et civiles avec un fabricant d'opioïdes au ministère de la Justice à Washington, le 21 octobre 2020. (Crédit 
: Yuri Gripas/Pool via AP)
Le procureur général adjoint Jeffrey A. Rosen tient une conférence de presse pour annoncer les résultats de la résolution globale des enquêtes criminelles et civiles avec un fabricant d'opioïdes au ministère de la Justice à Washington, le 21 octobre 2020. (Crédit : Yuri Gripas/Pool via AP)

WASHINGTON (JTA) – S’exprimant il y a quelques semaines sur la lutte contre l’antisémitisme, Jeffrey Adam Rosen, le procureur général adjoint, citait le talmudiste Rabbi Tarfon : « Il ne vous incombe pas de terminer le travail, mais vous ne pouvez pas non plus vous en abstenir ».

Aujourd’hui, Rosen est sur le point de devenir une note de bas de page de l’Histoire en terminant le mandat de William Barr en tant que procureur général. Barr a démissionné lundi, et le président américain Donald Trump a déclaré sur Twitter que Rosen serait procureur-général par intérim.

Trump a justifié de façon assez ridicule le départ de William Barr prévue pour le 23 décembre, moins d’un mois avant que Trump ne quitte ses fonctions : « pour passer les fêtes avec sa famille. »

Il se peut qu’il ne soit pas simplement question de dinde aux marrons. Trump serait furieux contre Barr car il ne soutient pas les allégations de Trump selon lesquelles l’élection qui conduira Joe Biden à la présidence le 20 janvier était frauduleuse. Dans une lettre de démission que Trump a jointe à son tweet, et qui est par ailleurs très élogieuse à l’égard de Trump, Barr a fait allusion à leurs divergences sur les fausses affirmations de Trump concernant la fraude électorale.

« En ces temps de profondes divisions dans le pays, il incombe à tous les échelons du gouvernement et à toutes les agences agissant dans leur domaine de compétence de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir l’intégrité des élections et promouvoir la confiance du public dans leurs résultats », a déclaré Barr.

Trump a affirmé que Rosen était une « personne exceptionnelle ». La nomination de Rosen en février 2019 avait fait sourciller : ancien fonctionnaire du ministère des Transports dans les administrations de George W. Bush et de Trump, il n’avait aucune expérience à la Justice ni en tant que procureur. Pourtant, Trump aurait nommé Rosen à la demande de Barr.

Rosen, qui est juif, s’est exprimé en octobre lors d’une conférence du Département d’État sur l’antisémitisme. Il a déclaré que « la lutte contre cette montée inquiétante de l’antisémitisme est une priorité du ministère de la Justice », mais a également averti qu’il incombait aux forces de l’ordre de respecter les libertés d’expression. Il s’est notamment opposé au terme « discours de haine », utilisé par un certain nombre de groupes anti-diffamation, dont les principales organisations juives. Trump a souvent été accusé de colporter des « discours de haine ».

« Nous devrions, au moins dans le domaine du droit, trouver un meilleur terme que celui de ‘discours de haine’, car ce terme peut couvrir certaines choses qui sont protégées par le premier amendement et d’autres qui ne le sont pas, il n’est donc pas très utile », a déclaré Rosen. « Et parfois, le terme ‘discours de haine’ a été utilisé pour désigner ce que la personne qui l’utilise n’aime pas. Il est devenu trop facile d’étiqueter un discours politique comme tel. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...