Jérémy Hababou, le jazzman franco-israélien tout en « Nuances »
Rechercher
Interview

Jérémy Hababou, le jazzman franco-israélien tout en « Nuances »

Le musicien revient avec un nouvel album et interprétera avec grand orchestre la musique du prochain film de Vincent Cassel

Le pianiste Jeremy Hababou (Crédit: Roman Delamare et Guillaume Rondet)
Le pianiste Jeremy Hababou (Crédit: Roman Delamare et Guillaume Rondet)

Nous avions quitté le jazzman en 2016 alors que l’on voyait son nom de plus en plus fréquemment apparaître sur le programme des boîtes de jazz parisiennes et qu’il sortait son premier album. En plein été, après avoir sorti un nouvel album Nuances, entre dates de concerts et préparation de la rentrée, comment se porte l’artiste franco-israélien de 28 ans ?

Times of Israël : Depuis votre arrivée en France votre carrière semble avoir pris un tour nouveau. A quand un retour en Israël pour présenter vos nouveaux morceaux ?

Jérémy Hababou : Je serai ravi de pouvoir venir présenter ma nouvelle musique. Peut être au festival de Jazz d’Eilat l’année prochaine (Red sea jazz festival)… J’envisage également de venir jouer le projet à quatre mains avec Andre Manoukian.

Pourquoi avoir quitté Israël ?

Après avoir enregistré mon premier album Run Away, j’ai décidé de me rendre à Paris. Même si l’on trouve en Israël des musiciens de niveau international, la vie culturelle en France est beaucoup plus riche, plus riche que beaucoup d’autres endroits dans le monde d’ailleurs, et le public pour cette musique est plus présent.

Quelle est la nature de votre collaboration avec André Manoukian ?

Tout a commencé avec la rencontre de Varda Kakon, une personnalité de l’industrie musicale en France qui me propose de rencontrer André

C’est elle qui l’a introduit dans l’émission La Nouvelle Star, à l’époque où elle faisait partie du jury. Pendant presque un an j’ai tenté de le joindre, jusqu’à ce qu’il me donne rendez-vous à la Maison de la radio. Il m’a alors emmené directement vers un piano, et m’a fait passer une audition, mais de manière très bienveillante.

Apparemment, il a été surpris, et il m’a dit ‘tu vas me donner des cours de piano !’ Je n’y croyais pas. Et ce n’est pas tout, il m’a également annoncé qu’il allait me faire passer dans ses deux émissions musicales sur France Inter.

Moi qui espérais juste avoir une petite place dans son festival de jazz à Chamonix, Le Cosmo Jazz [qui s’est achevé le 29 juillet]… Et bien, il m’y a également invité. Je venais d’arriver en France, et de sortir mon premier album, et je ne savais pas encore de quoi demain serait fait.

On peut dire que le rendez-vous s’est bien passé !

Depuis vous avez même mis sur pied un concert à quatre mains…

Oui, depuis nous sommes devenus amis, et nous avons monté un projet ensemble, un duo de piano, avec sa musique d’influence arménienne, et la mienne d’influence orientale et du Maghreb. Cela se marie très bien.

Au départ, ce projet a été proposé par la directrice de festival Jazz N Klezmer Laurence Haziza. On a joué ce spectacle au New Morning. Depuis on le rejoue, et d’ailleurs c’est peut être ça qu’il faudrait faire en Israël…

On a entendu vos interprétations dans plusieurs bandes originales de films, Tamara, Django, avec Reda Kateb et Cécile de France, La promesse de l’aube, avec Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg, vous avez de nouveaux projets de musique de film ?

Oui, je vais bientôt interpréter avec un orchestre philharmonique une composition de Marco Beltramy et Marcus Trumpp pour le film L’empereur de Paris avec Vincent Cassel [de Jean-François Richet].

Comment définissez vous le jazz que vous interprétez ?

Difficile d’apparenter ma musique un style précis. Il y a mes influences dans le domaine du jazz : Art tatum, Bud Powell, Charlie Parker. Thelonious Monk et beaucoup d’autres… mais aussi la musique classique : Bach, Mozart, Beethoven, Brahms, Debussy Ravel, Schoenberg; Bartok etc …
Je pourrais aussi parler de l’influence que la peinture, la littérature, la poésie, et la philosophie ont sur ma musique …

Apres quelques années d’obsession et de travaille technique intense, je me suis rendu compte que faire exclusivement que de la musique du matin au soir pouvait rendre assez bête.
J’ai pris du temps a comprendre qu’un artiste ne peut pas se contenter de passer 12 heures par jour dans une chambre a travailler son piano.
Aujourd’hui je consacre la moitié de mon temps de travail a la lecture et l’étude de différentes disciplines.

Son prochain concert aura lieu à Paris, le 29 août au Sunside.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...