Justice : le Likud et Kakhol lavan rejetteraient deux propositions d’enquête
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Justice : le Likud et Kakhol lavan rejetteraient deux propositions d’enquête

Les deux partenaires de ce gouvernement dysfonctionnel auraient prévu de refuser l'enquête sur le système judiciaire et celle d'une commission sur "l'affaire des sous-marins"

Le ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'assemblée plénière de la Knesset le 24 août 2020. (Bureau du porte-parole de la Knesset)
Le ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'assemblée plénière de la Knesset le 24 août 2020. (Bureau du porte-parole de la Knesset)

Dans une rare démonstration d’unité entre les deux principaux partenaires de coalition, le Likud et Kakhol lavan ont convenu, mardi, de voter contre deux propositions d’enquête, a fait savoir la presse israélienne.

Les partis voteront à l’unisson contre des mesures en séance plénière de la Knesset mercredi.

Le Likud se prononcera en défaveur d’une proposition visant à enquêter sur le système judiciaire, et Kakhol lavan contre l’établissement d’une commission qui consacrerait ses activités à l’affaire dite « des sous-marins » qui implique le Premier ministre Benjamin Netanyahu, indique le site Walla qui ne cite pas de sources.

La proposition de commission sur l’affaire des sous-marins a été soumise par Tamar Zandberg, députée du parti Meretz, avec le soutien de l’alliance Yesh Atid-Telem.

Ce dossier a éclaboussé plusieurs proches de Netanyahu qui sont soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin dans le cadre de manœuvres de corruption massive lors de l’acquisition, par l’État, de navires et autres sous-marins auprès du constructeur allemand Thyssenkrup. Le Premier ministre a été épargné par la justice dans cette affaire.

Le procureur de l’État a déclaré à la Haute Cour, dimanche, qu’il ne voyait pas de justification à l’ouverture d’une enquête criminelle sur Netanyahu dans ce dossier.

La proposition de Zandberg visait à embarrasser Kakhol lavan, dont les responsables avaient soutenu, la semaine dernière, la mise en place de cette commission dans un contexte de bras de fer avec le Likud concernant l’adoption d’un budget de l’État, un point qui est au cœur de la crise de coalition en cours.

La députée du Meretz Tamar Zandberg lors d’une conférence du parti à Tel Aviv, le 14 janvier 2020 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La seconde proposition a été avancée par le député Bezalel Smotrich, du parti Yamina. Visant le Likud, elle réclame la mise en place d’une commission parlementaire pour examiner d’éventuels conflits d’intérêts dans le système judiciaire. Smotrich avait déjà fait deux propositions similaires cette année. Aucune n’avait finalement été soumise au vote du Parlement.

L’alliance de droite Yamina siège dans l’opposition et ne cesse de grimper dans les sondages.

Smotrich a expliqué qu’il allait présenter une nouvelle fois la proposition suite à la diffusion par la Douzième chaîne d’un enregistrement dans lequel le procureur général Avichai Mandelblit critiquait vivement le procureur de l’État Shai Nitzan.

Ces enregistrements, qui ont été rendus publics la semaine dernière, datent de 2015 et 2016, avant que Mandelblit ne soit nommé au poste de procureur général et des années avant sa décision de mettre en examen Netanyahu pour corruption.

Leur diffusion a néanmoins suscité l’indignation des députés du Likud, qui ont estimé que ces contenus audios révélaient une forfaiture au sein du ministère de la Justice. Netanyahu et ses alliés du Likud ont attaqué de manière continue le ministère de façon à discréditer les accusations lancées à l’encontre du Premier ministre.

Smotrich a expliqué que les députés du Likud s’insurgeaient contre le système judiciaire depuis des années, mais qu’aucune action concrète de réforme n’avait été prise.

« Cette semaine, on va offrir une nouvelle opportunité de changer les choses. On verra les résultats du vote », a-t-il dit.

Sa première proposition avait entraîné des querelles au sein de la coalition Likud-Kakhol lavan.

Le député Bezalel Smotrich du parti Yamina s’exprime lors d’une séance plénière de la Knesset, le 24 août 2020. (Oren Ben Hakoon/POOL)

Sous les termes de l’accord de coalition signé par Netanyahu et Gantz, les deux parties ne doivent pas promouvoir des législations controversées en l’absence d’un consentement mutuel.

Les deux partis ont formé un gouvernement d’unité à l’issue de trois élections non concluantes dans un contexte d’urgence face à la pandémie de coronavirus, mais ce mandat est entaché par des disputes et des dysfonctionnements constants.

Les tensions entre les deux partenaires ont connu un nouveau pic lundi lorsque les dirigeants de Kakhol lavan ont fait savoir que de nouvelles élections devraient être organisées si un budget d’État pour l’année 2020-2021 n’était pas adopté d’ici la fin du mois de novembre.

Après plusieurs jours de menaces de représailles si le gouvernement devait échouer à approuver un budget, conformément aux dispositions de l’accord de coalition, Benny Gantz a durci son positionnement, disant sans ambiguïté que « s’il n’y a pas de budget, des élections se tiendront ».

Israël a traversé l’année 2020 sans budget d’État, même si l’accord de coalition signé au mois d’avril, prévoyait qu’un budget pour les années 2020-2021 devait être approuvé au cours de l’été.

Kakhol lavan a déjà averti que si les dysfonctionnements au sein de la coalition devaient perdurer et qu’un budget n’était pas présenté devant la Knesset d’ici la fin novembre, il prendrait la place d’une « opposition » au sein même du gouvernement.

Le Premier ministre comparaît actuellement devant les juges pour fraude et abus de confiance dans trois dossiers et pour pots-de-vin dans l’un d’entre eux. Il n’a cessé de clamer son innocence, affirmant être victime d’un coup d’État politique ourdi par la police, les procureurs de l’État placés sous l’autorité de Mandelblit, l’opposition de gauche et les médias.

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