Koulanou veut le ministère de l’Agriculture dans le prochain gouvernement
Rechercher

Koulanou veut le ministère de l’Agriculture dans le prochain gouvernement

Dans un contexte de crise sur les prix des produits laitiers, Kahlon jure "d'assumer la responsabilité de l'agriculture israélienne"

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le ministre des Finances Moshe Kahlon s'exprime à l'occasion d'une cérémonie, le 20 août 2018 (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)
Le ministre des Finances Moshe Kahlon s'exprime à l'occasion d'une cérémonie, le 20 août 2018 (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)

Le ministre des Finances Moshe Kahlon a indiqué lundi que dans le prochain gouvernement, son parti Koulanou demanderait également le portefeuille du ministère de l’Agriculture dans un contexte de conflit sur les prix des produits laitiers.

Il y a actuellement un affrontement entre Kahlon et l’actuel ministre de l’Agriculture Uri Ariel (HaBayit HaYehudi) au sujet du prix des produits laitiers.

Au cours d’une visite effectuée dans la région de Ramat HaNegev, dans le sud du pays, Kahlon a accueilli dans sa formation une personnalité éminente de la communauté agricole d’Israël, le secrétaire-général du mouvement Israel Moshav et directeur de la Fédération des agriculteurs israéliens, Meir Tzur.

« Lors du prochain mandat, le parti Koulanou assumera la responsabilité de l’agriculture israélienne, il demandera ce portefeuille et il lui offrira, une nouvelle fois, la place digne et professionnelle qu’elle mérite », a expliqué Kahlon.

Tzur, qui représente 354 communautés agricoles, a annoncé qu’il rejoignait la formation.

Les ministères de l’Agriculture et des Finances sont au cœur d’un différend portant sur un plan de hausse du coût des produits laitiers de base, leurs prix étant fixés par l’Etat.

Uri Ariel, ministre de l’Agriculture. (Crédit : Abir Sultan/Flash90)

Au mois de mai, la commission de contrôle des prix gouvernementale a recommandé une augmentation de 3,4 % des prix des produits contrôlés qui comprennent le lait, le fromage frais, le beurre et certains fromages à pâte dure, dits « fromages jaunes ».

Tandis qu’Ariel a accepté cette hausse, Kahlon a refusé, pour sa part, de donner son approbation. Le ministre des Finances a fait du coût de la vie un cheval de bataille central de sa plateforme politique.

Au début du mois, le plus important fabricant de produits laitiers israéliens, Tnuva, a annoncé qu’il augmentait les prix de certains produits non-contrôlés de 2,2 % en moyenne, blâmant Kahlon pour son refus de tout changement dans les prix contrôlés.

Tnuva a également porté plainte devant la Haute cour de justice en lui demandant d’exiger de Kahlon qu’il justifie son rejet d’une hausse des prix des produits contrôlés. Une date initiale d’audience devant la cour a été fixée au mois de septembre.

Ariel aurait encore accru les tensions en bloquant un accord qui avait été conclu entre le ministère des Finances et Tnuva, qui prévoyait l’abandon de la plainte en échange de l’acceptation de la part du Trésor de l’augmentation des prix contrôlés si Tnuva ne faisait aucun changement dans les coûts des produits qui ne sont pas sujet à régulation.

Photo d’illustration de cartons de lait et de lait chocolaté, le 3 mai 2015 (Crédit :Flash90)

Au début du mois, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué à ses partenaires de la coalition que si les partis ultra-orthodoxes n’acceptaient pas un compromis sur le projet de loi sur le service militaire dans les trois prochaines semaines, il organiserait des élections anticipées qui pourraient avoir lieu au début de l’année 2019.

Les prix du fromage blanc, chez Tnuva, ont été au cœur d’un boycott de l’entreprise organisé par les consommateurs en 2011, lorsqu’un groupe Facebook avait appelé le public à cesser d’acheter le produit, perçu comme une denrée de base en Israël. Ce mouvement de protestation avait entraîné des manifestations massives dénonçant le coût de la vie en Israël et avait débouché sur une baisse des prix à la consommation.

En 2017, Tnuva avait écopé d’une amende de 25 millions de shekels dans une implantation après une enquête de plusieurs années sur des soupçons de pratiques commerciales illégales.

Ce géant alimentaire, un fournisseur majeur de produits laitiers et carnés, avait admis avoir mis en place un plan visant à obliger les chaînes d’épicerie à établir les prix qu’il avait lui-même déterminés sur les produits Tnuva afin d’éliminer la concurrence entre 2008 et 2011.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...