Khamenei : la jeunesse d’Iran « verra la disparition » d’Israël et des États-Unis
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Khamenei : la jeunesse d’Iran « verra la disparition » d’Israël et des États-Unis

Le guide suprême du régime islamique a fustigé le président et son chef de la diplomatie pour leur gestion de l'accord sur le nucléaire, sur fond de tensions avec Washington

Le guide suprême iranien l'Ayatollah Ali Khamenei, (à gauche), et le président Hassan Rouhani à l'investiture de Rouhani, à Téhéran, le 3 août 2017. (Crédit : Office of the Iranian Supreme Leader via AP)
Le guide suprême iranien l'Ayatollah Ali Khamenei, (à gauche), et le président Hassan Rouhani à l'investiture de Rouhani, à Téhéran, le 3 août 2017. (Crédit : Office of the Iranian Supreme Leader via AP)

Le guide suprême iranien a déclaré mercredi à un groupe d’étudiants radicaux qu’ils verront la « disparition » d’Israël et de la civilisation américaine, sur fond d’escalade de tensions avec les Etats-Unis.

« Vous, les jeunes, soyez assurés que vous serez témoins de la disparition des ennemis de l’humanité, à savoir la civilisation américaine immorale, et la disparition d’Israël », a déclaré l’Ayatollah Ali Khamenei selon des propos traduits par Reuters.

Il n’a pas détaillé sa menace.

Khamenei a également déclaré que le président et le ministre des Affaires étrangèrs n’ont pas agi comme il l’avait souhaité en mettant en oeuvre l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 avec les puissances mondiales.

Les propos publiés sur le site officiel du guide suprême étaient la première fois qu’il accusait nommément Hassan Rouhani et le chef de la diplomatie Mohammad Javid Zarif sur ses craintes vis-à-vis de l’accord.

« Dans une certaine mesure, je ne croyais pas à la façon dont l’accord sur le nucléaire a été mis en oeuvre. A de nombreuses reprises, je l’ai rappelé au président et au ministre des Affaires étrangères », a-t-il dit.

Il n’a pas précisé comment il pensait que Rouhani et Zarif auraient dû faire appliquer l’accord sur le nucléaire, mais les bellicistes ont longtemps décrié cet accord parce qu’il donnait trop d’avantages à l’occident sans réel retour économique.

Khamenei a le dernier mot sur toutes les questions d’Etat. Ses propos aux étudiants radicaux réunis pour une conférence pendant le Ramadan, témoigne de la croissance du radicalisme en Iran, un an après que le président américain Donald Trump s’est retiré de l’accord sur le nucléaire.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry (à gauche) avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif après que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a vérifié que l’Iran a respecté toutes les conditions de l’accord nucléaire, à Vienne le 16 janvier 2016 (Crédit : AFP / POOL / KEVIN LAMARQUE)

Les relations entre Washington et Téhéran sont au plus bas depuis ce retrait de Trump de l’accord internationalement négocié par son prédécesseur Barack Obama, en vertu duquel Téhéran a drastiquement réduit ses travaux nucléaires en échange d’une levée des sanctions.

Les tensions se sont intensifiées ce mois-ci, quand Washington a annoncé de nouvelles mesures économiques contre Téhéran, avant de déployer un porte-avions et des bombardiers B-52 dans la région, suite à des menaces inexpliquées que l’Iran aurait proférées.

Trump a attisé ces tensions par un tweet dimanche, dans lequel il suggérait que l’Iran serait détruit s’il s’en prenait aux intérêts américains.

Le lendemain, l’Iran a annoncé qu’il avait quadruplé sa capacité de production d’uranium enrichi. Les autorités iraniennes ont tenu à souligner que l’uranium ne serait pas enrichi au-delà de la limite de 3,67 % fixée par l’accord de 2015, ce qui permet de l’utiliser pour une centrale électrique, mais cela reste en deçà de ce qui est nécessaire pour une arme nucléaire.

Mais en augmentant sa production, l’Iran dépassera rapidement les limites de stockage prévues par l’accord. Téhéran a donné à l’Europe jusqu’au 7 juillet pour proposer de nouvelles règles pour l’accord. Le cas échéant, il passera à un enrichissement de type nucléaire dans un Moyen-Orient déjà très sensible.

Dans cette photo du 16 mai 2019 publiée par l’US Navy, le lieutenant Nicholas Miller, de Spring, au Texas, et le lieutenant Sean Ryan, de Gautier, du Mississipi, lancent un F-18 Super Hornet depuis le pont de l’USS Abraham Lincoln. porte-avions dans la mer d’Oman. (Crédit : Jeff Sherman, spécialiste de la communication de masse, 3e classe, US Navy via AP)

Lundi soir, Trump semblait minimiser la menace que représentait l’Iran, et a déclaré qu’il était prêt à parler si Téhéran faisait le premier pas.

Mais Zarif a accusé les Etats-Unis de « jouer à un jeu très très dangereux » dans une interview accordée mardi à CNN, mettant en garde contre « des conséquences douloureuses pour tout le monde » en cas d’escalade avec la République islamique.

Mercredi, un éminent élu réformateur a déclaré que Téhéran n’entrera « en aucun cas » en guerre, directement ou indirectement contre les Etats-Unis.

Les propos de Heshmatollah Falahatpisheh, rapportés par l’agence semi-officielle ILNA, revêtent une importance particulière dans la mesure où il est président de la commission parlementaire de la sécurité nationale et des affaires étrangères.

« En aucun cas nous n’entrerons en guerre », a déclaré Falahatpisheh, selon ILNA. « Aucun groupe ne peut annoncer qu’il est entré en guerre aux côtés de l’Iran. »

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