Khan al-Ahmar : Les Palestiniens déposent plainte au CPI pour crimes de guerre
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Khan al-Ahmar : Les Palestiniens déposent plainte au CPI pour crimes de guerre

Alors que le hameau bédouin doit être démoli mercredi, l’annonce palestinienne intervient juste après qu’un conseiller de Trump a prévenu le CPI de ne pas s’en prendre à Israël

Des policiers israéliens affrontent des manifestants palestiniens dans le village bédouin d'al-Khan al-Ahmar le 4 juillet 2018. (Flash90)
Des policiers israéliens affrontent des manifestants palestiniens dans le village bédouin d'al-Khan al-Ahmar le 4 juillet 2018. (Flash90)

Mardi, Saeb Erekat, le négociateur palestinien en chef, a déclaré qu’il avait déposé une plainte auprès de la Cour Pénale Internationale de la Haye pour ce qu’il a qualifié de « crimes de guerre israéliens » dans un village bédouin de Cisjordanie qui doit être rasé mercredi.

L’annonce est intervenue un jour après que le conseiller national à la sécurité du président américain Donald Trump, John Bolton, a prévenu la cour de ne pas poursuivre des officiels américains ou israéliens pour des crimes de guerre au Moyen-Orient.

« Nous en appelons à la Cour Pénale Internationale pour faciliter l’ouverture d’une enquête sur les crimes d’Israël », a déclaré Erekat lors d’une conférence de presse à Ramallah.

Le dossier comprend les « crimes » de transfert forcé de population, de « nettoyage ethnique » et de destruction de propriétés civiles, a précisé Erekat.

La plainte soumise « se focalise sur les crimes de guerre qui menacent Khan al-Ahmar, tout particulièrement les crimes de déplacement forcé, de nettoyage ethnique et de destruction de propriété civile », a expliqué Erekat.

Dans une vidéo postée sur le compte officiel Twitter de l’OLP, Erekat a dit qu’il voulait que le tribunal international enquête sur la situation au hameau bédouin de Cisjordanie de Khan al-Ahmar et que les procureurs rencontrent les responsables du village.

La semaine dernière, une décision de la Cour Suprême a ouvert la voie à la démolition de Khan al-Ahmar, en rejettant l’appel final dans une affaire qui avait attiré la critique internationale.

Il y a eu une forte pression internationale sur Israël pour qu’il change ses projets de raser le village, dont les autorités israéliennes disent qu’il a été construit illégalement. Situé à l’est de Jérusalem, le village se trouve a proximité de plusieurs implantations israéliennes importantes et non loin d’une autoroute qui conduit vers la mer Morte.

L’état affirme que les structures, constituées principalement de cabanes et de tentes, ont été construites sans permis et qu’elles constituent une menace pour les résidents du village à cause de leur proximité avec l’autoroute.

Mais les villageois – qui vivent sur place depuis 1950, alors que la Jordanie contrôlait la zone, après avoir été expulsés de leurs maisons du Negev par l’état – font valoir qu’ils n’avaient pas beaucoup d’autres alternatives que de bâtir sans des permis de construire israéliens, puisque ces permis ne sont presque jamais délivrés aux Palestiniens dans les endroits de Cisjordanie, comme Khan Al-Ahmar, où Israël exerce un contrôle total des affaires civiles.

Erekat a aussi déclaré qu’il ne pensait pas que l’administration Trump pouvait jouer un rôle dans les négociations de paix puisqu’ils font « partie du problème et non pas de la solution ».

Saeb Erekat, n° 2 de l’Organisation de libération de la Palestine. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le négociateur palestinien a conclu en disant que la seule façon pour Jared Kushner, le conseiller de Trump, Jason Greenblatt, l’envoyé au Moyen-Orient, et David Friedman, l’ambassadeur américain en Israël – de participer à un accord futur serait que le Premier ministre Benjamin Netanyahu annonce qu’ils ont rejoint l’équipe israélienne des négociations.

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