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Kisch : Shaked est restée dans la course pour nuire aux partis rivaux et obtenir le pardon

En faisant augmenter le nombre total d'électeurs (en supposant qu'ils n'auraient pas voté autrement), Shaked a relevé le nombre minimum de voix requis pour qu'un parti franchisse le seuil

La cheffe du parti HaBayit HaYehudi Ayelet Shaled, à gauche, s'exprime lors d'une conférence de presse à Ramat Gan, le 25 octobre, et le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, à droite, lors d'une promenade matinale, le 2 novembre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni ; Yonatan Sindel/Flash90)
La cheffe du parti HaBayit HaYehudi Ayelet Shaled, à gauche, s'exprime lors d'une conférence de presse à Ramat Gan, le 25 octobre, et le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, à droite, lors d'une promenade matinale, le 2 novembre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni ; Yonatan Sindel/Flash90)

Yoav Kisch, député du Likud, a déclaré mercredi lors d’une interview télévisée que la décision d’Ayelet Shaked, cheffe du parti HaBayit Hayehudi, de rester dans la course électorale jusqu’au bout, bien que son parti ait constamment obtenu des résultats inférieurs au seuil électoral, avait été entièrement coordonnée avec le Likud de Benjamin Netanyahu.

Kisch a indiqué à la Douzième chaîne lors d’une interview que cette décision visait à laisser les partis du bloc rival en dessous du seuil électoral.

Le Likud a par la suite démenti l’affirmation de Kisch, affirmant « qu’il n’y a eu aucune coordination avec Ayelet Shaked. » Le porte-parole de Kisch n’a pas voulu faire de commentaire sur cette affaire.

Mais Ayelet Shaked a largement semblé confirmer l’affirmation, déclarant en réponse que la décision de rester dans la course était « la mienne et uniquement la mienne », mais qu’elle avait parlé aux responsables du Likud pour s’assurer que sa candidature ne nuirait pas au parti, et qu’on lui avait dit « que cela ne nuisait pas du tout au bloc, au contraire ».

Shaked a obtenu quelque 50 000 voix dans les résultats non définitifs de l’élection nationale de mardi (après dépouillement de 87 % des bulletins de vote). Le seuil électoral israélien est de 3,25 % du total des voix. En faisant augmenter le nombre total d’électeurs (en supposant qu’ils n’auraient pas voté autrement), Shaked a relevé le nombre minimum de voix requis pour qu’un parti franchisse le seuil.

Au cours de l’interview, on a demandé à Kisch si le Likud avait fait des promesses à Shaked pour qu’elle reste dans la course jusqu’à la toute fin dans le but de couler les petits partis rivaux en augmentant la participation des électeurs.

Yoav Kisch, député du Likud, dans une interview accordée à la Douzième chaîne, le 2 novembre 2022. (Crédit : Douzième chaîne)

« Je ne veux pas entrer dans les détails », a-t-il déclaré. « Nous n’avons rien promis à ma connaissance. Personne n’a rien promis, mais nous avons parlé de la perspective du pardon. »

Il voulait apparemment parler du « pardon » pour Shaked qui a rejoint le « gouvernement de changement » qui a évincé Netanyahu du pouvoir en 2021. De nombreux membres de la droite blâment toujours Shaked pour son rôle dans la mise en place de ce gouvernement.

« Je sais qu’elle pensait abandonner [sa course électorale] à un moment donné », a déclaré Kisch, confirmant les informations du mois dernier selon lesquelles Shaked avait consulté des conseillers sur un éventuel retrait de la course.

« Cela a été discuté avec le Likud. Après consultation sur la question, il a été décidé qu’elle continuerait jusqu’à la fin, et je pense qu’elle a fait le bon choix », a déclaré Kisch.

Le député du Likud a adressé un message à Shaked.

« Si vous vous coordonnez sur cette question avec le Likud, nous pardonnerons le passé et ferons table rase du passé, a déclaré Kisch, en insistant sur le fait qu’on ne lui avait rien promis en retour.

La Douzième chaîne a rapporté que l’interview avait apparemment suscité l’inquiétude au sein du Likud, Netanyahu ayant donné l’ordre aux membres du parti de suspendre toute interview prévue avec les médias jusqu’à nouvel ordre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), avec sa ministre de la Justice, Ayelet Shaked, à la Knesset, le 21 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon les résultats non définitifs des élections de mardi, le parti de Shaked n’a remporté que 1,17% des voix et ne franchit donc pas le seuil requis pour entrer à la Knesset.

Dans les semaines précédant les élections, le camp de Netanyahu a attaqué Shaked à plusieurs reprises et a affirmé qu’elle mettait en danger toute l’entreprise en brûlant les votes de droite sur son chemin de la Knesset.

Mercredi soir, le parti de gauche Meretz et le parti nationaliste arabe dur Balad se situaient tous deux juste en dessous du seuil électoral minimal de 3,25 %.

Meretz devrait obtenir 3,19 % et Balad 3,01 %, ce qui signifie qu’en l’état actuel des choses, aucun des deux partis ne siégera à la prochaine Knesset.

Le seul scénario qui pourrait empêcher le bloc Netanyahu de remporter la majorité est que Meretz et Balad se retrouvent au-dessus du seuil et que le parti travailliste de gauche – actuellement à 3,57 % – ne tombe pas en dessous, une fois les 13 % de votes restants comptés. Le franchissement du seuil par Meretz est considéré comme une faible probabilité, tandis que Balad est considéré comme une cause perdue, compte tenu de l’origine des votes en suspens.

Après le dépouillement de quelque 87 % des votes, le bloc des partis fidèles à Netanyahu devrait remporter 65 sièges à la Knesset, qui en compte 120, ce qui lui donnerait une majorité confortable et mettrait potentiellement fin à une crise politique qui a donné lieu à cinq élections générales en moins de quatre ans.

Michael Bachner et Carrie Keller-Lynn ont contribué à cet article.

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